Le Silence Des Agneaux... Un titre bien énigmatique à l'image de ce thriller sorti en 1991 et qui deviendra très rapidement une véritable référence auprès des cinéphiles. Maintes fois copiés, le film eut rarement la chance de voir un concurrent lui arriver à la cheville. Citons tout de même Seven et Zodiac du grand David Fincher qui ont fait plus que leurs preuves. Et là je suis en droit de me poser une question: S'agirait-il du meilleur film de Serial-killer jamais crée?
D'accord, d'accord les gars je m'emporte un peu mais franchement... Le film à fait de nombreux émules à la suite de son succès et force est de constater qu'on comprend pourquoi.
M Le Maudit, de Fritz Lang que je place number one de la mort qui tue aux panthéon de ce genre, qui fut jadis un tour de force et encore aujourd'hui m'ébloui de sa superbe, peut même être fier de cette oeuvre. Je m'égare désolé.
Le film suit le parcours de l'agent Clarice Starling, jeune femme courageuse qui se fraie un chemin au sein du FBI, monde masculin où cette jeune brebis égarée devra faire ses preuves face à la hiérarchie et affronter la folie des hommes, notamment celle du docteur Lecter. La mise en scène, qui adopte le point de vue du personnage jouée par Jodie Foster n'aura de cesse que de jouer avec la tension, les craintes et les traumas de cette dernière. Véritable introspection sur soi, le film dévoile petit à petit un regard pessimiste sur l'humain et nous garantit, au delà de ses personnages savamment approfondis, une véritable piste de réflexion sur ce que nous sommes. Qu'est ce qui nous pousse à devenir tel ou tel personne? Est-ce qu'un moment clé de notre vie suffit-il à tout faire basculer? Pour quoi et surtout pour qui doit-on se battre?
Je n'ai pas lu le roman de Thomas Harris. J'ai compris que l'adaptation était encore au dessous selon certaines personnes. Je pense que quelle que soit la qualité du livre, le film lui rend hommage et me donne envie de plonger dans sa lecture. Cela reste avant tout du cinéma et ça Jonathan Demme, le réalisateur, l'a bien comprit.
Au lieu de présenter ses personnages d'une manière bien lourdingue en utilisant les poncifs du genre, le film choisit d'en dévoiler un peu plus sur eux au fil de l'enquête. Malgré sa détention, Hannibal aura toujours Clarice sous son emprise, un jeu du chat et de la souris psychologique orchestré avec intelligence. Que ce soit par les dialogues, qui ne sont jamais trop explicatifs, la réalisation qui sait se montrer malsaine quand il le faut et toujours brillante dans ses choix en font un film culte à plusieurs échelles. Une pensée pour toute la séquence où Jodie Foster avance dans les couloirs de l'asile, suivant les instructions des gardes, suit les procédures et où à chaque instant, la mort peut être là, à portée de main. Tout est clinique, froid et pourtant on aura jamais eu autant chaud dans cet enfer où le pire peut vous assommer.
Anthony Hopkins avec ce rôle restera à jamais une icône du septième art. Il endosse son costume avec tellement de charisme, c'est un "monstre", une bête raffinée. Qu'il cabotine ou pas je m'en bat la race c'est un régal. Quand on l'observe analyser cette jeune femme, la poussant dans ses plus faibles retranchements pour se languir de sa détresse
tout en ayant ce côté paternel, presque protecteur, c'est juste beau à voir. Parce que c'est bien connu, Le Silence des Agneaux, c'est que de l'amour!!! On l'aura bien comprit, pour mener à bien cette enquête, il sera indispensable de mener avant tout une quête sur soi. Un film d'une maturité exemplaire.
9/10