Sans surprise, c'était grandiose. Une expérience incroyable qui m'a scotché à mon siège du début à la fin, et ce, avec la version Redux. Je n'ai absolument pas vu le temps passer une seule seconde tellement j'étais captivé.
Parce que le film commence très fort. C'est sur une ouverture avec la géniale musique de The Doors qu'Apocalypse Now introduit d'emblée l'horreur de la guerre. Une horreur pourtant complètement addictive pour le personnage principal qui ne peut vivre sans cette guerre. Il n'attend que d'y retourner et rêve donc de cette guerre qu'il n'aurait voulu jamais quitter.
L'ambiance du long-métrage de Coppola est assez fascinante parce qu'elle est vraie. C'est un film qui ne rechigne pas à montrer les horreurs de la guerre, tout en exposant des soldats américains qui gardent une certaine légèreté pour faire faire face à ces horreurs. Du coup, il y a ce passage complètement surréaliste en pleine bataille où des soldats vont surfer à la mer pour faire de l'art. Alors qu'à côté les vietnamiens se font massacrer à coup de napalm. Non, eux, les américains, semblent garder leur sang froid et même leur sens de l'humour. L'auteur ne fait pas non plus de propagande américaine et montre aussi combien ils peuvent être aussi mauvais que leurs opposants. La scène sur la barque avec le chien en est très symbolique. Mais vietnamiens comme américains, tous sont humanisés : avec les bébés, le chien, la mort de soldats éprouvante malgré l'aspect froid des soldats.
Et quelle photographie d'ailleurs, une sévère claque esthétique qu'il m'a mis le Storaro. C'est un assemblement de dizaines, que dis-je, de centaines de tableaux de maître. Et c'est dingue de voir à quel point le film a eu une sacrée influence sur de nombreux films de guerre qui ont suivi, dans la mise en scène jusqu'aux mouvements de caméra. Enfin, j'avais un sourire large aux lèvres tout du long. Coppola va toujours dans le grandiloquent, comme avec cette superbe valse des hélicoptères avant une attaque.
Visiblement, c'est la partie avec les français qui est de plus dans la Redux. Et si elle n'apparaît pas forcément des plus naturellement, elle a en tout cas une place toute trouvée pour comprendre l'intérêt qu'ont les français dans cette guerre, et leurs motivations. Et on les comprend même. Toute la dernière partie du film prend un aspect psychédélique, quand le héros, après avoir mûri une grande curiosité et presque une admiration pour sa cible se retrouve en face à face avec elle. Il faut dire que Marlon Brando est vraiment troublant. Il a une telle prestance et un tel charisme qu'il efface presque le reste des acteurs par sa seule présence.
Apocalypse Now, c'est un grand film qui entre instantanément dans mon panthéon. Un pur instant de cinéma.