Règle numéro une: ne pas parler du fight club.
Règle numéro deux: ne PAS parler du fight club.
Règle numéro trois: je vais quand même en parler, on est là pour ça.
Bon film. Pas la claque "dans ta gueule" annoncée, mais il est assez intéressant dans l'ensemble. Déjà c'est très maîtrisé. On peut remercier le talentueux monsieur Fincher, un des plus brillants metteurs en scène à l'heure actuelle. Je n'avais entendu que de vagues et lointains échos sur ce film, et l'un d'entre eux était "Seven:film tape-à-l'oeil". Non. Le film tape partout ailleurs mais surtout pas à l'oeil. Contrairement à des réals qui s'inspirent-apparemment-de ce film(Coucou Jan Kounen) David Fincher ne se regarde jamais filmer et fait preuve d'une virtuosité technique d'un haut niveau, et assez réjouissante. Sa manière de jouer avec la grammaire cinématographique est remarquable.
Le propos de Fight Club pourrait être mal interprété. Des types qui se rencontrent tous les jours pour se foutre sur la gueule, qui b*isent à tout-va, ça passe mal. Sauf que ce retour à une espèce d'existence primaire dit tout de personnages lassés, harassés par la société dans laquelle ils vivent. Si le cruel manque de femmes dans le film est à déplorer(quel machisme quand même)c'est bien là un des seuls défauts du film. A côté de ça il propose une réflexion intéressante sur le matérialisme, sur la société de (sur)consommation, sur l'être humain qui court à sa propre perte à force de vouloir tout posséder.
Deux séquences qui m'ont définitivement convaincu de la force de ce film: dans le métro, avec la pub et le mannequin, homme parfait qui ne ressemble donc à aucun autre. Et la menace de Pitt envers le jeune asiatique. Bordel qu'est-ce que tu fous dans cette épicerie pourrie...c'est ça ta vie? Tu as un rêve et tu passes totalement à côté...
Fight Club est la version cinématographique de la caverne de Platon, et Fincher nous montre la lumière. On passe son temps à le perdre. Carpe Diem. Respire. Savoure ton petit-déjeuner. Vis. Nous sommes tous morts, réveillons-nous. Et profitons de notre existence, avant de sombrer à nouveau dans le cercueil qui nous attend tous.