Vu hier soir, c'est en effet un film très prenant malgré son rythme lent, je le classerai presque dans la catégorie des films atmosphériques
Parce que là c'est bien ça, la caméra se balade doucement au gré des couloirs froids serti de casiers métalliques et au rythme des pas des élèves, j'avais quasiment l'impression d'être replongé en apnée dans mes années lycée
Ce qui est génial aussi c'est qu'on a une vraie démarche cinématographique, GVS se contente de montrer une journée qui avait tout l'air ordinaire, il n'évoque pas même une seule fois Columbine (même si les prénoms des deux tueurs sont les mêmes il me semble). Il n'empêche qu'à partir du moment où on les voit pour la première fois se diriger vers le lycée, on sent progressivement un étau se refermant sur les autres protagonistes, la tension monte toujours doucement jusqu'au climax final, qui lui aussi n'est pas du tout à ranger du côté du spectaculaire, ce sont les mêmes couloirs et la même journée de cours ordinaire, sauf que la réalité semble avoir viré au cauchemar (la transition "onirique" s'étant réalisé lors du gros plan sur la nuit s'installant et le ciel virant à l'orage pour moi).
Elephant reste enfin, avant toute autre chose, une œuvre extrêmement poétique, qui réussit à capter le vécu et les impressions de chaque élève pris à part (joie d'être entre amis, tranquillité, mise à l'écart, la haine des autres qui finit par se déchaîner en folie meurtrière chez Alex, etc...), et qui permettra d'autant plus à chacun de se remémorer les stéréotypes ô combien vrais des années lycée (là on pourrait citer la seule scène qui m'a vraiment fait sourire du film, celle de la bande de filles dans les chiottes pour pas spoiler, on y trouve un absurde finalement pas si éloigné de la réalité, tout comme la tuerie qui suivra ? ).
Bref, comme tout le monde l'a déjà dit c'est un chef d’œuvre qui touche directement au cœur, qui en 1h20 se veut contemplatif et onirique tout en étant ultra-réaliste, qui capte l'adolescence dans son quotidien le plus basique tout en montrant un peu après ses pires dérives précipitées par la violence de la perte de repères, j'en suis encore sur les fesses tellement c'est un exploit. A voir d'urgence, pour peu que vous n'êtes pas dépressif chronique 
Message édité le 28 juin 2017 à 09:17:44 par MattMartians