Je cerne mal le rapport entre Van Sant et Cimino ? Les armes peut être ??
J´ai vu ce film pour la première fois, hier.
Je cherchais encore le truc qui clochait, qui fait que je suis un peu resté insensible à la fin, et je crois que je l´ai trouvé en lisant ce topic.
En fait je suis d´accord avec hanormal quand il dit: "Le problème, c´est ces acteurs qui me donnaient l´impression de répéter un truc bien orchestré mais en le faisant mal.
Là on reste extérieur sans éprouver de tension, de tristesse, de colère ou de compréhension."
C´est exactement ça. Et encore, les acteurs ne sont pas si mauvais, je trouve (même en vf, on trouve une spontanéité intéressante). Mais le vie au lycée me paraît un peu trop peinarde, libre, personne branle rien dans ce bahut... Bon, ça peut paraître inutile comme remarque mais ça a gêné "mon" immersion dans le film, sans parler des longs plans, impeccables, mais trop esthétiques pour finalement décrire une réalité banale. Enfin, les personnages sont creux, comme des adolescents me direz vous, oui mais non, les dialogues clichés correspondent en partie aux préoccupations de cet âge, mais collent trop à des personnages stéréotypés. En gros, on en a un peu rien à foutre qu´ils se fassent tous butés, sauf peut-être la complexée, et le photgraphe (dommage qu´on ne le voit pas vraiment se faire fusiller, à moins qu´il reste en vie), mais encore une fois, on n´a pas eu le temps de s´attacher.
Il y a également des scènes qui le font moins, comme le passage dans le FPS moisi, qui n´a, à mon avis, pas sa place dans le film (en plus c´est trop long, une seconde suffit à comprendre où veut en venir le réalisateur, pas besoin d´en foutre cinq minutes) ou bien le coup du prof qui voit tomber son élève et qui bronche à peine. Globalement la fusillade est pas très bien retranscrite, je trouve. Les tronches des deux tueurs n´est pas terrible, une nouvelle fois pas d´identification possible. C´est neutre. Tout est neutre dans ce film, rien qui touche vraiment, en tout rien qui me touche.
Pourtant, le fait tragique dont Elephant s´est inspiré, le massacre de Columbine donc, est un évènement très perturbant. J´avais vu un documentaire à ce sujet, et j´avais cogité pendant quelques jours, ça me fascinait réellement d´essayer de comprendre ce genre de choses inexplicables, de voir des images de la bibliothèque après le massacre, de voir des vidéos des tueurs... C´est dérangeant, étrange, et aucun film ne peut retranscrire à ce point ces sentiments concernant une telle histoire, car la réalité a dépassé la fiction. Finalement je crois que c´est surtout ça qui me dérange avec Elephant, je n´ai pas eu besoin d´un film pour me rendre compte de l´horreur de Columbine. Tout l´enjeu dramatique du film étant désamorcé, j´ai eu du mal à rentrer dedans, à me sentir concerné, et donc à éprouver quoi que ce soit à la fin.
Reste une belle esthétique, mais j´attendais surtout qu´Elephant me remue les trippes, encore une fois, mais ce ne fut pas le cas, malheureusement. Enfin, peut-être qu´une seconde vision changera la donne, mais j´en doute.
Tu as exposé en long et en large ce que je pense du film^^
Tu as prouvé en longueur ton peu de largeur (d´esprit).
Je dis ça parce que je suis pas d´accord avec ton texte. Je pense que si certains ne se sentent pas "concernés" par la vie dans ce lycée/fac, c´est simplement parce qu´aucun ado en France n´est rentré dans un établissement scolaire pour massacrer les élèves. Ca semble trop irréel, et pourtant...
Le film est pluôt simple, soit, mais beau parce que simple. La mise en scène joue avec cette simplicité pour mieux faire ressortir la véritable complexité de la situation (comment on en arrive là ?? ).
Ce film est plus un appel au secours qu´un témoignage. Et le parti pris "documentaire" n´enlève rien à cela. Peut être parce qu´il n´est pas vraiment documentaire d´ailleurs.
Pourtant, à la fin du générique, on a la vague impression que ce n´est pas que de la fiction.
"Là on reste extérieur sans éprouver de tension, de tristesse, de colère ou de compréhension."
C´est toi qui dit çà mais avec la manière dont c´est filmé , l´immersion est quand meme profonde .
"Il y a également des scènes qui le font moins, comme le passage dans le FPS moisi,"
Le massacre s´est déroulé en 1999 .
Ce n´est pas un chef d´oeuvre mais assez bien quand meme . Vous n´avez rien ressenti ?
Franchement ? Non.
Je n´ai rien à redire quand à la mise en scène ni au déroulement chronologique, mais émotionnellement parlant, c´est l´encéphalogramme plat.
Gus ne cherche pas à nous faire ressentir la moindre emotion je pense, il se contente de filmer le jour qui précède le carnage et la fusillade avec un maximum de recul, de maniere quasi clinique. Il n´apporte pas non plus de réponse et n´essaye pas non plus de nous mettre sur la voie, ce film est un exemple parfait de libre interpretation, chacun y voit ce qu´il veut.
Il n´y a aucun recul justement.
Et au contraire, je trouve qu´il nous conduit sur un rail en nous faisant suivre le trajet des différents protagonistes.
bien sur qu´il nous fait suivre le trajet des differents protagonistes, tu veux pas qu´il se contente de filmer un arbre qui se trouve en face du lycée, en gros plan pendant 1H30.
On les suit dans leur quotidien, on les observent, mais à aucun moment on nous dit quoi penser, à aucun moment le réalisateur ne tombe dans le pathos en voulant nous faire avoir de la peine pour ce qui arriver à tous ces gens. Je suis désolé mais je vois pas comment on peut dire que le real ne prend pas de recul par rapport à son sujet.
Oui bon c´est le genre de film ou il faut être réceptif pour ressentir la tension de la situation. Tu te fais chier devant? Ba c´est sur que tu ressentiras pas l´impact du film.
Je dis pas que c´est une faute de gout de ne pas aimer le film, mais par contre je dit que vous savez pas ce que vous manquez. Car niveau sensations ce film est assez terrifiant quand on s´immerge un tant soit peu dedans.
Ca se contente de montrer extérieurement, aucune tentative d´empathie, juste poser ça caméra et tourner.
je ne me suis pas fait chier bordel, j´aimais la réalisation.
Pas le résultat pour autant.
Bon tu t´es pas fait chier ok, mais t´as pas été réceptif à la forme du film (c´est toi qui le dit hein j´invente pas là), donc je maintiens: tu es passé à côté de sensations assez fortes.
Et pour éviter tout malentendu (j´entend criser dans les chaumières), quand je parle de réception, je parle d´immersion dans l´ambiance du film, assez (très) malsaine quand même.
Les scènes assez fortes, on les retrouve chez bully, kids.
La, à part la scène de la douche...
On parle pas mais alors pas du tout de la même chose Hanormal.
La scène de la douche pour dire est l´une des scènes que je trouve les moins choquantes.
Ce qui est fort et malsain c´est de suivre les personnages à la troisième personne, dans des plans séquence qui nous font croire qu´on est dans l´école même, voire le petit monde évolué, pour voir la boucherie froide et sanglante de la fin surgir de nulle part.
Ca c´est de l´impact qui met mal à l´aise.
Enfin chacun perçoit le film à sa façon.
J´ai pas parlé de choquant, j´ai parlé qui t´implique, y´a mauvaise compréhension en effet^^
Mais le reste ne m´a absolument pas mis mal à l´aise pour la simple et bonne raison que cette "vue à la troisième personne" apparaissait comme bcp trop neutre.
Tu parlais de la scène de la douche, tu parlais donc de scène choquante avant de parler de "qui t´implique".
Ce qui implique le spectateur dans ce film, c´est son ambiance, pas les personnages c´est évident, ils sont voulus assez neutres et banals.
c´est marrant, je lis par-ci par-là que ce film ne propose aucune solution, qu´il n´y a pas de morale, qu´on est détaché, que c´est plat, alors que moi quand je le regarde je vois un nombre de pistes explicatives effarant.
si le DVD était moins cher ça ferait longtemps que je l´aurais acheté...
Franchement je te conseille de l´acheter, malgré le prix (et encore ça doit pouvoir se trouver pour pas trop cher non?)
Car en bonus t´as Elephant d´Alan Clarke, qui inspira GVS pour la mise en scène. C´est en fait un moyen métrage commandé par la BBC à la fin des années 80 pour dénoncer l´IRA, sauf que Clarke fait de son film un ovni totalement neurtre et impartial. Alors qu´on devait voir les pratiques de l´IRA, Clarke filment des meurtres les uns à la suite des autres, par de longs plans-séquence suivant invariablement les pas des meurtriers vers leurs victimes. C´est super surprenant et à voir!
Bon, l´édition dvd est aussi très soignée, faut pas hésiter une seconde.