Je n'ai malheureusement pas vu la version longue, mais j'ai aimé quand même.
Esthétique et ambiance dans la lignée des films de SF/suspense américains des années 70-80, Abyss nous plonge au fin fond de l'océan à l'intérieur d'une claustrophobique plateforme pétrolière. Tuyauterie qui goutte, vapeur des machines, couloirs étroits, assemblage labyrinthique d'acier, tel est le décor chargé d'amener au spectateur une certaine atmosphère pesante débouchant tout droit sur les névroses de chaque personnage.
En plus de cet environnement magistralement construit, Cameron fait preuve d'un vrai talent dans l'écriture des personnages. Accordant à chacun des petits détails personnels (le bourrin et ses anecdotes, le type qui a un rat de compagnie) , il crée un mouvement d'empathie du spectateur pour ces personnages fort attachants. Le travail est nettement moins réussi du côté du méchant, dont la dérive vers la folie est malheureusement beaucoup trop vite expédiée (je crois que ce problème est dû au fait que j'aie vu la version courte). On aurait préféré voir une construction scénaristique à la The Thing, qui prenait le temps de faire monter petit à petit le doute au sein du personnage et de le pousser à bout avec une gradation fort intelligente.
La grande force du film et son principal attrait reste les scènes à suspense qui atteignent parfois une intensité telle qu'on en redemande toujours plus.
Par exemple, lorsque la plateforme se fait tirer par la grue et que les dégâts causés ouvrent des voies d'eau dans la plateforme, la scène montrant Ed Harris poursuivit par les eaux torrentiels dans les méandres des couloirs enchevêtrés est simplement sublime. Dans le même registre, ma scène préférée est celle dans laquelle Harris tente de surprendre Coffey par derrière. Le bruit de la chaîne que tire le lieutenant est extrêmement stressant. 
Toutefois, les scènes restent très inégales. Si parfois on a le droit aux types de scène que j'ai cité plus haut, on atteint d'autre fois des sommets de bouffonnerie comme la scène de poursuite en mini sous-marin, qui non contente d'être grotesque, est également illisible.
Pour continuer sur les défauts, il faut bien arriver sur ce qui fait que Cameron n'est pas le génie tant approuvé par le grand public. Son sentimentalisme pataud, ses scènes mielleuses à souhait aussi subtiles que Transformers 2. Je fais bien entendu mention à la scène
de réanimation de Lindsey, que J.J Abrahams a d'ailleurs eu le culot d'imiter de manière tout aussi pathétique dans Mission Impossible 3.
Je ne pensais pas qu'on pouvait atteindre une telle bassesse sans s'en rendre compte.
Pour le côté SF, je ne vais pas m'y attarder, car j'ai vraiment l'impression que la version courte l'a charcuté, d'après ce que j'ai pu lire sur ce topic.
Abyss est donc un film à grand spectacle qui offre du grand spectacle, un film à suspense qui offre du suspense, mais qui malheureusement souffre de lourdes faiblesses scénaristiques (qui a dit Avatar?).
8/10