Trilogie de la vengeance enfin bouclée avec Sympathy For Mister Vengeance(oui je fais tout à l'envers)
Le rouge et le noir(attention aux spoilers!)
SFMV est une oeuvre d'une implacable noirceur, d'une violence psychologique et visuelle éprouvante. Park Chan-wook signe un film très maîtrisé au niveau mise en scène, et interroge le spectateur sur une question morale comme la vengeance.
Le film a semble-t-il une forme circulaire(même si le cercle est signe de linéarité, ce qui n'est pas le cas ici)et le licenciement des employés équivaut finalement-nous dit Park- au meurtre du patron. Derrière la structure narrative du film se cache un message politique engagé. Le capitalisme n'affecte pas seulement les plus petits, sinon la Corée toute entière.
Le film est noir parce que derrière chaque individu se cache un assassin en puissance. Il est très noir parce que l'assassin en puissance tue effectivement. SFMV est un film éminemment pessimiste, qui jette un regard sombre sur l'existence. Tous ses personnages sont victimes puis bourreaux, enfermés dans un cercle vicieux, la mécanique imparable du Destin(pourtant les personnages semblent jouir d'une grande liberté, d'un libre-arbitre conséquent).
Le film est un peu l'opposé d'Old Boy d'un point de vue formel, car à la frénésie, au bouillonnement d'Old Boy s'oppose ici une sorte de calme froid et souterrain. Rarement la violence aura été aussi dérangeante, et Park n'en rajoute pas, il regarde tout ça d'un oeil suffisamment distant. Mais la violence a beau ne pas être gratuite, elle choque, surtout à la fin(la tension y est de plus extrêmement palpable).
Sinon j'ai bien aimé les quelques fausses-pistes que balancent les scénaristes et Park(la fille aux nattes, la fausse relation sexuelle...)qui montrent que tout n'est qu'apparence. Ca rejoint cette idée de monstre à l'intérieur de chacun, qui sommes-nous réellement?
Grand film.