J'ai commencé la filmographie des frères Coen avec O'Brother et Fargo, qui m'avaient tous les deux beaucoup plu. Les longs-métrages qui suivirent, par contre, furent à chaque fois des déceptions pour différentes raisons. C'est donc sans réel entrain que j'ai lancé The Big Lebowski, pourtant réputé comme l'une des plus grandes réussite des deux réalisateurs.
Il devient évident très rapidement qu'ils ont voulu faire quelque chose dans la lignée de Fargo. L'histoire s’articule une fois encore autour d'un enlèvent qui est traité avec beaucoup de légèreté : bien que ce crime pose problème à tous les personnages, il ne devient jamais un réel enjeu dramatique. Les scénaristes même le culot de faire en sorte que rien n'aie d'importance puisque l'affaire est suivie du point de vue de Jeffrey Lebowski, un raté qui se fait appeler "The Dude" et qui ne fait que subir tout ce qui lui arrive.
Le film possède donc une ambiance à la cool, appuyée par une sélection musicale solide ainsi qu'une galerie de personnages hauts en couleur. Le héros brille par son attitude décontractée face aux problèmes, mais les autres n'ont rien à lui envier. Chacun possède un trait de caractère bien défini (l'agressivité pour le personnage de John Goodman, l’excentricité pour celui de Julianne Moore...) qui va être poussé à fond et exploité régulièrement à travers un comique de répétition qui fonctionne à chaque fois (Le "Shut the fuck up, Donny" étant particulièrement efficace à ce niveau là). Comme souvent chez les frères Coen, la prestation des acteurs est impeccable, mais en plus de cela on sent qu'on aurait perdu quelque chose avec d'autres acteurs. Tout le monde est parfaitement à sa place.
D'une certaine manière, les réalisateurs ont refait le joyeux bordel qu'était Fargo en remplaçant les ploucs du Minnesota par les beaufs de Los Angeles. L'ensemble part dans tous les sens et se permet plusieurs folies (la scène de rêve, l'apparition de Maude Lebowski) tout en conservant un sens de mesure et d'organisation. De quoi me réconcilier avec Joel et Ethan, en somme.
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