Mais je suis d'accord pour dire que le retour de Max sonne faux ! On dirait une fausse note dans une symphonie très douce. Pareil pour les maquillages très simples, De Niro vieux n'est que l'acteur vieilli par du maquillage, pareil pour James Woods. Et le fils de Max est joué par l'acteur qui l'incarnait jeune, comme si c'était le même personnage.
Ces dissonances, on en a déjà parlé sur ce forum d'ailleurs, certains s'en sont plaints. Je comprends que ça puisse agacer et faire sortir du film, moi je trouve que c'est un pas de plus vers la vision parfaite de la fresque par Leone. Le film commence lorsque De Niro adulte, va se perdre dans l'opium et les rêveries. Il se termine de la même manière, on le voit même sourire pour conclure le film. A partir de là, j'ai l'impression que Leone a joué à fond la carte du fantasme, de la projection. La projection que le personnage de De Niro se ferait de sa propre vieillesse, une copie conforme maquillée de lui-même. La projection qu'il se fait de Max, toujours vivant alors qu'il croit être responsable de sa mort, la projection qu'il se fait de son fils, là encore copie conforme de Max lui-même. Je pense que Leone ne fait pas ses choix par hasard, ils peuvent apparaître comme des défauts qui rendent le déroulement du film peu naturel alors que jusque là c'était parfait, mais perso je vois ça comme un moyen d'aller plus loin dans l'évocation et les choses que Leone veut montrer. La dernière partie est étrange, parce qu'elle semble tout droit sortie de l'esprit torturé et drogué d'un De Niro coincé dans sa fumerie d'opium.
C'est pour ça que quand le film termine sur ce plan, le sourire de De Niro peut dire plein de choses, mais conclure le film à cette époque, à cet endroit, à ce moment, ça évoque des trucs. Forcément je vois mal Leone s'enfermer dans une théorie comme ça, il laisse les portes ouvertes, mais il donne certaines clés j'ai l'impression. C'est pour ça que je ne vois pas le maquillage et le retournement de situation final comme des défauts, bien au contraire.