J'ai bien aimé Innocence, plus que Ghost in the shell en fait. C'est dû avant-tout et surtout à l'effacement du sujet sur ce qui fait de la différence homme/machine que j'avais trouvé bien lourd et un peu trop simple (voire simpliste), puis à la quasi-disparition du major qui donne un peu d'air au film.
Ce second film sur l'univers de Ghost in the shell s'attaque non plus à la question de la différence homme/machine mais à celle de l'intérêt et des véritables avantages à être un homme (ou une machine); en passant par les sujets de l'apparence, de l'illusion, du bonheur social puis en survolant ceux de l'innocence et l'ignorance (ou inconscience, dans le cadre du film).
Sans surprise l'esthétique est irréprochable, dégageant une très forte ambiance dans de longs plans contemplatifs servis par une musique parfois un peu trop intense.
Le point noir pour moi reste certains passages qui donnent tellement dans la surenchère intellectualiste qu'ils en deviennent presque ridicules ou plutôt consternants, comme ce moment dans l'hélicoptère où deux flics (avant une mission) s'échangent des bons mots philosophiques -voire parfois en plein milieu de fusillade- et discutent ouvertement métaphysique avec les malfrats qu'ils rencontrent.
Cela décrédibilise un peu le film, quittant trop souvent le suggestif (dans le premier sens du terme) pour de la diction pure et simple de leçon. Mais c'est un défaut (connu car typique des productions japonaises, par ailleurs) que l'on pardonne sans hésitation au vu des nombreuses qualité du titre. Et il reste matière à cogiter, même quand on a déjà un peu exploré ces sujets (ce que j'aurais tendance à reprocher au premier).