Bon, je viens de le voir, et, comment dire...
Je suis à deux pas de dire "bon sang mais c'est un chef d'oeuvre"
Seulement, ce serait trop simple, et ça ferait un peu phénomène de mode. J'ai d'ailleurs l'impression que ce cher Donnie souffre un peu de sa trop bonne critique et en ferait donc un film "surestimé". Pour quelqu'un qui est fan de la version de Gary Jules d'une certaine chanson "Mad World" comme moi, ce film ne pouvait pas être surestimé.
Donnie Darko est donc une découverte excellente. Dans l'ensemble je n'ai pas été surpris, seulement convaincu. L'histoire je la connaissais plus ou moins et elle me semblait totalement géniale, la voir avec une mise en scène assez proche de ce que pourrait faire un certain Lynch (utilisation du son comme d'un outil, ainsi qu'évanouissement de certaines scènes sans explication, etc.), c'est une séduction totale.
Le film évoque des thèmes qui me sont très chers, notamment celui de la schizophrénie paranoïaque, qui fait très Lost Highway / Silent Hill 2 sauf qu'en plus le rôle est rondement mené. Frank est par ailleurs un personnage extrêmement classe, d'un très haut niveau, et le twist final rend le tout acceptable, jusque dans ses défauts grinçants ("assieds-toi à côté du garçon que tu trouves le plus beau
").
Bon, j'ai moins aimé le délire science-fiction mais en même temps, je préfère voir le film comme un énorme délire mortuaire, et c'est en cela qu'il gagne en puissance. Les personnages de Frank et de Gretchen son des guides initiatiques, paradoxalement basés sur la ligne de vie Fear / Love qu'explique le motiveur pédophile. Finalement, ce que Donnie explique comme étant une aberration (cette ligne de vie qui pue le conservationnisme protestant viscéralement américain) va être tout au long du film sa véritable ligne de conduite. La Peur et l'Amour ne vont pas le hanter cependant, ils ne seront pas des choix cornéliens mais au contraire des choix un peu plus légers, et cette scène dans le cinéma cristallise bien cela : Donnie n'est pas entre Frank et Gretchen, c'est même Gretchen qui est entre les deux (perdue dans les élucubrations de Donnie ?). Par ailleurs, l'univers de Frank et de Gretchen peuvent totalement cohabiter : ce ne sont que des écrans. Enfin, les deux sont terrassés dans la même scène au moment où Donnie est terrassé lui-même.
C'est vraiment un film prenant. J'attendais d'ailleurs avec impatience ce "Mad World", qui s'est évidemment imposé à la fin du film, au meilleur moment. Choix presque un peu trop facile mais ô combien efficace. Bref, un excellent moment passé avec Donnie, ses sourires bizarres, Gretchen et Frank. J'ai suivi le lapin, comme Donnie, ou une certaine Alice
Ptêtre dans mon top 50.