Bonsoir Messieurs.
Voilà, je ressors de mon premier visionnage de Citizen Kane. J'ai fais être sincère, je connais rien au cinéma en général, donc, j'ai appris, en lisant sur le web, que C.Kane était révolutionnaire au niveau des plongées, la narration, de la profondeur des champs, ¨des flashbacks, etc...
Je ne m'exprimerais pas là-dessus, étant donné que je n'ai aucun bagage pour juger le taux de " révolutionnarité " du film par rapport à son époque.
Mais au fond Citizen Kane, ce n'est pas que ça. L'intrigue est creusée, on est dans le jeu. Car cet homme, ce Kane, ce citoyen, c'est nous, ou en tout cas , c'est un modèle réussite pour la plupart d'entre nous. Il a réussit, il est riche, connu, influent. Cette histoire nous parle à tous.
C'est un peu le American Dream, avec son envers du décor, sa face cachée, terrible et redoutable. Il a tout ce qu'il veut, tout objet matériel est à sa portée, mais il y a bien une chose qu'il ne peut acheter, une loi qui est, au fond, immuable pour tous les hommes. Cette loi s'appelle l'amour. Le voilà, lui, si grand, si puissant, si riche, soumit aux règles, aux déceptions du sentiment comme tout autre être.
Et ce fameux bouton de rose, superbe intrigue. Il aura tout vu, tout eu. Il peut se targuer d'avoir tout fait, d'avoir tout posséder, d'avoir tout connu, et le jour de sa mort, il décide de quitter son monde, son chateau avec le souvenir de la luge, de sa luge, symbole de son enfance, de sa naïveté.
Au final, il réalise, on comprend, que cette fameuse scène, là ou on l'arrache à son jeu, est terrible, cruelle. Il était si bien entrain de jouer, tel un ingénu. Comme tous les enfants, il tire des boules de neige, comme tous les enfants, il est émerveillé par cette dernière. Les adultes sont là, au chaud et au sec, à parler d'avenir, à se préoccuper de son sort, à éclaircir les éventuels problèmes financiers, bref, à discuter des choses de grands, et, lui, en arrière plan, derrière cette vitre qui est la frontière des mondes, est là entrain de s'amuser avec candeur, comme tous les enfants. Putain, cette scène est sublime, après avoir vu le film, et en y repensant, on réalise à quelle point est elle subtile.
Je sais pas comment dire, mais j'ai l'impression que Wells nous parle à nous, sérieusement, j'ai eu le sentiment que ce mec était là entrain de me dire:
" Non ! Je ne suis pas là pour te faire apprécier ou déprécier un film, non, je suis là pour te montrer ce que veut dire le mot cinéma, et comment cet art s'exprime dans absolutisme le plus absolu (
) ! "
Personnellement, j'ai pensé à 2001 l'odyssé. Ce ne sont pas des films qui sont là pour plaire ou autre. Non, ce sont des démonstrations de cinéma dans son terme le plus théorie et le plus pur. Vous voyez, j'ai l'impression qu'avec ces films ( surtout 2001 ), on place le cinéma en dessus de l'homme, on s'en fiche de ce qu'il pense, de ce qu'il aime ou pas, car là on rentre de l'abstraction qui est, je le rappelle, inhérente à l'art.
Quand on voit les panneaux no trepassing, et la caméra qui survole ça, je trouve ça réellement fort, je sais pas y a tout un coté mystique derrière un plan, derrière une scène de ce genre. C'est tellement simple; un panneau, un grillage, et une caméra fixée sur une barre qui survole la barrière, mais c'est tellement fort, c'est tellement puissant, c'est ce que j'appelle du cinéma, c'est avec ce genre de choses, qu'on peut, non pas définir ce que ce dernier est, mais en avoir une idée.
Bon, je suis partis HS, c'est bourré de fautes, etc...
Je conclurais par, ce n'est ni un bon film, ni un mauvais film, c'est du cinéma, du vrai cinéma.
