Vu.
Le parallèle que l'on peut aisément tracer avec l'histoire de Frankenstein n'est de loin pas aussi intéressant que celui lié à la vie du réalisateur lui-même; Tim Burton ayant vécu une enfance solitaire, enfermé dans son cocon d'introversion, s'est toujours considéré comme une sorte d'extra-terrestre, incapable de vivre en harmonie avec la société, car trop différent des gens qui la peuple.
Ce qui le captive, c'est le cinéma macabre, les films de monstres et autre créatures fantasques qui le font rêver, mais ne cache pas non plus son goût pour la poésie.
A l'image de son réalisateur, Edward Scissorhands vit seul dans son inquiétante et merveilleuse tanière de conte de fée, dans laquelle il donne libre court à sa créativité artistique, fibre qu'il exprime à travers des sculptures fantaisistes. Avec son teint cadavérique, sa coupe de cheveux en brosse, ses lames en guise de mains, ses multiples cicatrices et sa démarche d'épouvantail, Edward est l'antonyme de l'idéal conformiste mis en valeur par une société du "paraître". Il est différent et, par conséquent se retrouve rejeté de cette collectivité, voyeuriste, en mal de reconnaissance, dans laquelle la valeur d'un homme se mesure par sa fortune et son statut social.
Alors, si la critique est un peu facile et caricaturale, la pilule passe facilement grâce à cette touche d'humour récurrente chez Tim Burton. Car, si cette fable dramatique parvient à émouvoir, elle brille surtout parce qu'elle sait s'enjoliver à l'aide de blagues efficaces et d'une poésie un brin rose-bonbon, mais néanmoins plaisante, dont la puissance n'est pas sans rapport avec le thème de Danny Elfman.
Le seul reproche reste peut-être l'histoire d'amour un tantinet convenue, notamment au niveau de l'évolution du personnage interprété par Winona Ryder.
7,5/10