blazco.
Et tu as préféré l'évangile ou bien theoreme ?
Ben sachant que le premier a 7.5 et l'autre 8.5 tendant vers 9
Je comprends pas la note de pasmal d'ailleurs ![]()
Je croyais que tu avais mis 8,5 à l'évangile ?
C'est quoi les points dont tu voulais parler ?
Pour l'évangile je l'avais surestimé, j'ai baissé la note. Les points je t'en parlerais plus tard sur msn, mais ça tient du détail t'inquiètes.
Ok comme tu veux.
Les Contes de Canterbury ce soir sur Arte à 23H40. Je suis revenu exprès pour dire ça, alors vous avez intérêt à mater hein ! ![]()
déjà vu ![]()
Si tu regardes leprodiss tu pourras me dire s'ils le passent italien ou en anglais ?
car sur mon dvd ils parlaient de VO italien et de version officielle en anglais.
J'ai regardé en italien ça me semblait plus logique.
Déjà vu aussi. C'est un bon film. ![]()
C'est son engagement je pense qui est intéressant, plus que la qualité intrinsèque de ses films. Alors dans ceux que j'ai vu (Mamma Roma, Salo, comizi d'amore, Theoreme, Oedipe roi, et quelques courts), globalement ils sont très souvent peu subtils et très démonstratifs je trouve à part Mamma Roma (et Accatone paraît-il). Je ne comprend pas pourquoi son oeuvre (cinématographique j'entend) est tant admirée. Je pense qu'on gagne bien plus à le lire. Enfin voila, c'est mon avis un peu tranchant.
"globalement ils sont très souvent peu subtils et très démonstratifs"
Tu pourrais t'expliquer un peu plus s'il-te-plaît? Dans Théorème par exemple qu'est-ce qui manque de subtilité? Au contraire pourquoi dans Mamma Roma ces défauts sont absents selon toi?
Sinon je trouve qu'on gagne autant à le lire et à voir ses films. C'était vraiment un intellectuel complet. ![]()
Peut-être que c'est pas démonstratif et subtil ? ![]()
Il faut m'expliquer où Pasolini manque de subtilité dans Théorème là ![]()
Dans théorème: il démontre bourgeois = névrosés, inhibés. Du coup, il amène une sorte d'ange de nulle part qui les baise un à un et ça les révèlent tous tels qu'ils sont réellement (ou les rend plus ou moins fou). En gros, il prouve par A+B que les bourgeois sont inhibés par leur milieu social. D'une part, je trouve ça évident et la démonstration très lourde: une thèse à l'écrit aurait été plus percutante. Le cinéma, je pense, persuade plus que convint. D'autre part, la forme est vraiment ennuyeuse et longuette je trouve.
Enfin, beaucoup trouvent le film complètement mystique. Pour ma part, pourtant grand fan de Tarkovski, de Kubrick ou de Tarr plus récemment, je l'ai absolument pas ressentie. Après, c'est peut-être lié à la lecture trop terre à terre que j'ai fait de la venu de cet "ange" par rapport à la famille bourgeoise.
Je pense que tu es passé totalement à côté du film.
Et bien argumentez monsieur Godard.
Il ne s'agit pas de démontrer, ça n'est pas que ça. Il y a quelque chose de beaucoup plus malsain et pervers dans le film.
C'est pas n'importe quels bourgeois non plus, c'est quand même un patron le mec.
C'est très métaphorique. D'ailleurs Pasolini l'a dit le visiteur il s'agit de
blablabla dieu blablabla
Il filme ses corps en manque d'amour, quelque chose qu'ils ne connaissaient pas/plus. Il filme cette souffrance. Alors oui le film s'appelle théorème c'est pas pour rien, mais il y a quelque chose derrière. C'est pas juste moi je vais libérer cette famille car ils sont coincés du cul.
Comme resolution, je ne pense pas que le but de Pasolini est de montrer que les bourgeois sont inhibés par leur milieu social... La famille montrée par le film est en effet dans un état catastrophique, mais ce n'est pas le seul propos du film. La venue (
) de dieu ne les révèle pas tels qu'ils sont; au contraire il me semble que les personnages soient touchés par une révélation à mettre en parallèle avec les écrits religieux (le père donne son usine aux pauvres, etc). Ce n'est pas pour rien que le film a reçu un prix de la part d'un office catholique à l'époque. C'est encore plus clair dans le livre. Donc je ne suis pas vraiment d'accord avec le manque de subtilité...
Dans Mamma Roma par contre qu'est-ce que tu avais trouvé plus subtil? Parce que justement je l'avais trouvé moins bon, un peu plus lourd (sans être mauvais) que d'autres de ses oeuvres.
J'ai eu l'occasion de voir seulement Salo et les 120 jours de Sodome, Uccelacci e uccellini et mamma roma (dans l'ordre).
J'ai bien aimé politiquement Salo et les 120 jours de sodome. Ce qui en ressort les conséquences, donc sa mort, me font l'aimer plus que le film. C'est un vrai bonhomme, un subvertif.
Mon préféré c'est uccelacci e uccellini parce que je n'ai rien compris, je n'ai que des pistes, j'ai compris l'histoire et je sais que ça à avoir avec saint françois d'assisses mais il doit me manquer des connaissances historique pour comprendre toutes les subtilités du Pasolini. Il faut le revoir.
Mamma roma, j'ai trouvé ça très rafraichissant, au sens un bol d'air frais.
Up de batard pour vous faire profiter d'un texte bien sympa de Pasolini sur le foot.
C'est long, mais c'est le moment ou jamais pour fair un peu de lecture.
Le sport en général, et le football en particulier, a toujours divisé le camp socialiste. Pratique du populaire ou nouvel opium du peuple ? Parmi les partisans de la première théorie, on compte quelques membres de prestige, comme Antonio Gramsci, Albert Camus ou encore… Pier Paolo Pasolini. En effet ce dernier estimait que le « le sport est un phénomène de civilisation tellement important qu’il ne devrait être ni ignoré ni négligé par la classe dirigeante et les intellectuels. » Dans le texte reproduit ci-dessous, publié le 3 janvier 1971, le communiste italien analyse le football et notamment la distinction entre le « football au langage fondamentalement prosaïque » et « le football au langage fondamentalement poétique ». Le premier est celui qui est joué en Europe et l’autre, le « football qui appartient à la poésie est le latino-américain », selon le poète.
Le football est un système de signes, ce qui veut dire aussi qu’il est un langage. Il a toutes les caractéristiques fondamentales du langage par excellence, celui que nous nous posons immédiatement dans le sens d’une confrontation, c’est-à-dire le langage écrit-parlé. D’ailleurs, les “mots” du langage du football se forment exactement comme ceux du langage écrit-parlé.
Maintenant, voyons comment se forment ces derniers. Ils se forment par le biais de ce qu’on appelle la “double articulation”, autrement dit, d’après les infinies combinaisons de phonèmes qui, en italien, sont les vingt-et-une lettres de l’alphabet. Les phonèmes représentent de ce fait ce qu’en linguistique on appelle les “unités minimales” de la langue écrite-parlée. Voulons-nous nous amuser en définissant l’unité minimale de la langue du football ? Eh bien, allons-y : Cette unité minimale est représentée par un « homme qui se sert de ses pieds pour taper dans un ballon » : il est ce “podème” (si l’on veut s’amuser encore un peu). Les possibilités infinies de combinaison, les “podèmes” forment les “mots footballistiques” et l’ensemble des “mots footballistiques” forme un discours, régulé par d’authentiques normes syntaxiques. Il y a vingt-deux “podèmes” (presque autant que de phonèmes) et les « mots footballistiques » sont potentiellement infinis parce que les possibilités de combinaison des “podèmes” sont infinies (dans la pratique ; les passes que se font les joueurs entre eux avec le ballon) ; la syntaxe s’exprime dans le “match” qui est un authentique discours dramatique.
Les joueurs sont les chiffreurs de ce langage, nous, dans les tribunes, nous sommes les déchiffreurs : nous possédons donc tous en commun un code. Qui ne connaît pas le code du football ne comprend pas le sens de ses mots (les passes) ni le sens de son discours (une suite de passes). Je ne suis ni Roland Barthes ni Greimas, mais comme passionné, si je le voulais je pourrais écrire un essai beaucoup plus convaincant que cette mention sur la “langue du football”. Je pense aussi qu’on pourrait écrire un autre superbe essai intitulé Vladimir Propp appliqué au football, parce que, naturellement comme tout langage, le football a son moment purement “instrumental” qui est rigoureusement et abstraitement régulé par le code et il a aussi son moment “expressif”.
En effet, j’ai dit plus haut que toute langue s’articulait en plusieurs sous-langues dont chacune possède un sous-code. Dans le langage du football, on peut donc faire maintenant de telles distinctions : le football possède aussi des sous-codes à partir du moment où, en étant purement instrumental, il devient expressif. Il peut y avoir un football comme langage fondamentalement prosaïque et un football comme langage fondamentalement poétique. Je prendrai quelques exemples – en anticipant les conclusions – pour bien me faire comprendre : Bulgarelli joue un football qui appartient à la prose : c’est un “prosateur réaliste”. Riva joue un football qui appartient à la poésie : c’est un “poète réaliste”. Corso joue un football qui appartient à la poésie, mais il n’est pas un “poète réaliste” : il est un peu du genre poète maudit, extravagant. Rivera joue un football qui appartient à la prose mais sa prose est poétique, comme celle d’Elzevir. Quant à Mazzola, voilà un autre “elzevirien”, qui pourrait écrire dans le Corriere della Sera mais il est plus poète que Rivera : de temps en temps il interrompt sa prose et invente tout à coup deux vers fulgurants [i].
Je tiens à préciser qu’entre la prose et la poésie nous ne faisons aucune distinction de valeur ; cette distinction que moi je fais est une purement technique. Mais entendons-nous bien : la littérature italienne, et surtout la plus récente, c’est la littérature des Elzevir : ils sont élégants et essentiellement portés sur l’esthétique, leur fond est presque toujours conservateur et légèrement provincial… disons qu’ils ont tout de démocrates-chrétiens. Parmi tous les langages que l’on parle dans un pays, y compris les plus argotiques et difficiles, il y a un domaine commun qui est la culture de ce pays : son actualité historique. C’est donc bien pour des raisons de culture et d’histoire que le football de certains peuples appartient fondamentalement à la prose ; une prose réaliste ou une prose fortement axée sur l’esthétisme (comme c’est le cas de l’Italie), alors que d’autres peuples ont un football qui appartient fondamentalement à la poésie.
Dans le football il y a des moments exclusivement poétiques : il s’agit des moments où survient l’action qui mène au but. Chaque but est toujours une invention, il est toujours une perturbation du code : il a toujours quelque chose d’inéluctable, de fulgurant, de stupéfiant, d’irréversible. C’est précisément ce qui se passe aussi avec la parole poétique. Le meilleur buteur d’un championnat est toujours le meilleur poète de l’année. En ce moment, c’est Savoldi. Le football qui est le plus expressif au moment du but est le plus poétique. Le dribble est par lui-même tout aussi poétique (comme l’est aussi l’action de but même si ce n’est pas toujours le cas). D’ailleurs, tous les joueurs rêvent de rentrer sur le terrain, de dribbler tout le monde et de marquer (et ils partagent ce rêve avec tous les spectateurs). Si, dans les limites permises, on peut imaginer quelque chose de sublime dans le football, c’est bien cette action-là. Mais cela n’arrive jamais [ii]. C’est un rêve que je n’ai vu se réaliser que dans I due maghi del pallone (Les deux magiciens du ballon), le film de Franco Franchi qui même s’il n’a qu’un niveau plutôt rustique n’en possède pas moins un côté parfaitement onirique.
'''Quels sont les meilleurs dribbleurs du monde et les meilleurs buteurs ? Ce sont les Brésiliens. Et leur football est donc un football de poésie : d’ailleurs, tout est basé chez lui sur le drible et le but. Le “catenaccio” (cadenas) et le jeu en triangle est un football de prose : en effet, il est basé sur la syntaxe, c’est-à-dire sur le jeu collectif et organisé : autrement dit, sur l’exécution raisonnée du code. Son seul moment de poésie c’est la contre-attaque ; avec le but en prime (qui comme nous l’avons vu, ne peut être que poétique). En définitive, le moment poétique du football paraît être (comme toujours) le moment individualiste (dribble et but ou même passe inspirée). Le football en prose est celui qui dépend d’un système (le football européen).
(…) Le but ne dépend que de la définition qui dans la mesure du possible peut être celle d’un poète réaliste comme Riva mais il doit venir de l’organisation d’un jeu collectif basé sur une série de passes géométriques exécutées d’après les règles établies par le code (il s’agit d’une perfection plutôt axée sur l’esthétique et nullement réaliste comme chez les milieux de terrain anglais ou allemands). Le football qui appartient à la poésie est celui qui se joue en Amérique latine. (…) Pour être réalisé, il requiert une capacité monstrueuse pour dribbler (ce qu’en Europe on condamne énergiquement au nom de la “prose collective”) et le but peut être inventé par n’importe qui et dans n’importe quelle position. Le drible et le but sont les moments individualistes-poétiques du football et c’est bien pour cela que le football brésilien est un football de poésie. Sans faire une distinction de valeur mais dans un sens purement technique, la prose à tendance esthétique des Italiens a été battue au Mexique [iii] par la poésie brésilienne.