Je l'ai vu hier.
Il me semble que tout a plus ou moins été dit sur ce film, donc je ne vais pas faire de critique. J'aimerai simplement rebondir sur les interprétations du film que j'ai pu lire sur ce topic, car selon moi la plupart sont dans le vrai, mais ont un regard un peu trop étroit sur le véritable discours du film.
Je pense, par exemple, à ce message de Dark_boboss : "vaut-il mieux vivre dans une société ultra-violente, ou une société où les gens sont prisonniers de leurs esprits formatés, même plus libres de leurs actes ? Cruel dilemme, qui me poursuit encore, quelques mois après la vision de ce film ..."
Evidemment, dans l'exemple d'Orange Mécanique, c'est en effet face à ce dilemme que se trouve la société, mais si on porte un regard un peu plus large sur le film, je crois que son discours ne se limite pas à cela.
En effet, ce que veut dire le film, c'est que depuis sa naissance, tout être humain vivant en société, subit littéralement un conditionnement pour que toutes ses réactions, ses sentiments, son comportement soit conforme à une certaine éthique, à des normes sociales. Tout est programmé, à l'instar du traitement infligé à Alex, afin que la personne se plie, non pas par volonté mais par obligation, aux règles de cette société.
Comme le dit le prêtre de la prison, "Lorsque l'être humain n'a plus la possibilité de choisir, alors il cesse d'être un humain".
Kubrick oppose donc deux principes : déshumanisé une société afin que cette dernière puisse vivre dans une harmonie factice et quasi totalitaire, ou laisser libre cours à nos instincts primaires et laisser ainsi régner le chaos. Ces deux principes, Kubrick les mets sur un pied d'égalité, une méthode ne vaut pas l'autre, mais cela n'empêche pas les hommes de passer d'un pôle à l'autre dans un but moral et dans un accès de méconnaissance totale des vertus morales et de la frontière entre le bien et le mal. Les frasques d'Alex, jeune homme cultivé, issu d'un milieu aisé, ne sont finalement rien d'autre qu'un cri de révolte, une libération de ses pulsions, un moyen d'être humain pour quelques heures.
Finalement, j'ai l'impression que s'il y a bien un thème récurrent dans la filmographie de Kubrick (du moins dans 4 de ses films), c'est bel et bien cette figure d'autorité, soit illustrée par la société (Eyes Wide Shut, Orange mécanique), soit par les organes militaires (Full Metal Jacket, Les Sentiers de la Gloire), qui a travers les règles qu'elle impose à l'être humain, finit par le déshumanisé complétement, en contenant ses pulsions dans une prisons élaborée par des normes culturelles.
Dès lors, dans Eyes Wide Shut, le personnage interpréter
par Cruise découvre un monde nocturne dans lequel l'homme se libère de sa cage de refoulement des pulsions, pour laisser libre cours à ses instincts les plus primaires.
Voilà pour mon interprétation.
Je sais, je suis dans mon trip, mais je m'y complait.