Revu Purgatoire Eroica.
Film qui m'embête beaucoup décidément. Qui me frustre surtout. Je suis frustré parce que ce film offre une expérience de cinéma peu commune, absolument exceptionnelle. D'un point de vue technique, c'est d'une perfection désarmante. La mise en scène se permet les audaces les plus folles, Yoshida jouant constamment sur les cadrages et la position de ses personnages. Il offre une expérience visuelle totalement abstraite et inédite qui se joue des angles et de la perspective avec une grâce impressionnante. Chaque plan se retrouve passionnant à regarder. La photographie vient d'autant plus renforcer ce côté expérimental en jouant sur des contrastes de lumière très appuyés (un blanc extrême notamment), qui viennent sublimer les visages de ses actrices, en premier lieu celui de Mariko Okada, magnifique.
Mais là où le film m'a partiellement laissé sur le bord de la route, c'est en ce qui concerne son intrigue qui, je dois bien l'avouer, ne m'a pas passionné à nouveau (et malgré les sous titres français que je n'avais pas la première fois - je comprends d'ailleurs bien mieux à présent pourquoi je n'avais strictement rien compris à la première vision, la multitude de dialogues et de propos techniques et politiques venant poser un frein à la compréhension, pas toujours évidente même en français). Disons que j'ai suivi ça avec intérêt, mais qu'à de très rares moment j'ai décollé seulement. Ces moments, ce sont bien souvent les moments pendant lesquels la superbe composition se fait entendre (j'insiste, elle est bouleversante). Alors, pendant quelques minutes, le film se permet des envolées lyriques à l'abstraction formelle aussi belle que ses actrices. Je pense notamment à cette scène fabuleuse dans le hangar durant laquelle Mariko Okada va faire face à plusieurs membre du groupe. Si le film avait tenu pendant 2h à cette hauteur, il aurait probablement touché du doigt mon top 5. Malheureusement, je suis obligé de reconnaître que j'ai senti le temps passer, que l'intrigue politique ne m'a pas chamboulé.
Ceci-dit, je reverrai le film un jour. Parce qu'il dispose d'innombrables qualités inépuisées. Alors, peut être, je saurai apprécier complètement son intrigue et ses dialogues (un peu trop courants à mon goût). En attendant, ce Purgatoire reste une expérience fascinante de cinéma. Abstraite, audacieuse et exigeante, elle permet à Mariko Okada de faire état d'une grâce permanence.