Vu dans le cadre de l'échange cinématographique avec super-mind.
Tesis est l'histoire de Angela, étudiante en audiovisuel qui écrit une thèse sur la violence. Pour cela elle demande l'aide d'un de ses profs, qui visionnera un mystérieux film pour voir si ça pourrait lui convenir, mais ce film se révèle être un snuff movie, un film où une jeune femme se fait torturer et tuer pour de vrai.
Point de départ de l'histoire, Angela, aidé de son ami Chema, va tout faire pour découvrir qui est la jeune fille et qui l'a tué.
Amenabar, le réalisateur, offre un thriller horrifique sur fond de critique de la violence audiovisuel. De ce fait, plutôt que montrer la violence, il préfère la suggérer, la violence du snuff movie étant principalement retranscrite par le son ou par la description de ceux la regardant. En soit l'idée est bonne, et ça aurait pu marché avec de la violence plus poussé. Mais au final je n'éprouve rien envers ce snuff, je n'ai ressenti aucune peur, aucune curiosité, non, j'avais l'impression que le snuff était assez banal même, et du peu qu'on en voit, c'est ce qu'il semble être. Peut-être que pour d'autre ça fonctionnerait, mais perso j'ai déjà vu des films violents, des torture-porn ou même du guro. Donc pour me choquer, ou provoquer un choc simplement par le son et la description, il faut pas faire un truc qui semble gentillet.
Mais Tesis n'en reste pas moins un film qui se laisse regarder, qui joue de son mystère pour intéressé le spectateur, arrive à créer de la tension pendant certaines séquences. Le film est doté de certains bons plans malheureusement assez rare, comme le début où le professeur est dans la salle d'archive vidéo, l'utilisation de l'ombre lors d'un plan le fait paraitre être un monstre. Ce passage était pas mal du tout.
Amenabar fait quand même l'erreur de ne pas plus caché son mystère, il le révèle assez vite, ou plutôt il donne trop facilement les clés pour le découvrir. Ce qui fait que lorsqu'il essaye de cacher les pistes de son histoire, on ne rentre plus dedans malheureusement, et on sent une longueur dans le film.
Pour autant on a quand même le droit à un film assez sympathique, avec des acteurs convainquant bien que le personnage principal cabotine un peu. Son personnage aurait mérité un développement plus travaillé, notamment sur sa partie déviante. On le voit qu'au fond la violence l'excite, qu'elle aime ça bien qu'elle dit en être révulsé. Mais j'ai l'impression qu'Amenabar a peur d'aller trop loin dans ce thème et de choquer le spectateur.
Et c'est un peu le problème du film, c'est censé parler d'image choquante, sauf que le film ne l'est pas, et qu'on a pas l'impression non plus que ce qui est suggéré l'est.
Tesis est un film assez sympathique, qui aurait pu être mieux si son réalisateur ne s'amuser pas à faire une critique pleine de lourdeur sur la violence audiovisuelle.
On a le droit à une mise en scène correcte, et une bonne utilisation de la musique. Mais ce n'est pas assez pour en faire un très bon film.
6/10