"Le seul interet du film est de réussir à comprendre le boulversement qu´a subi Bill après les déclarations de sa femme.Si tu n´arrive pas ne serait-ce qu´un minimum à t´dentifier au personnage de Bill, il est extrement difficile de percevoir dans Eyes wide shut une qualité scénaristique.
Pour ce qui est du meassage du film, cela reste assez conventionnel finalement. Il dénigre un peu ce qu´on pourrait appeler une sexualité débridée et prône l´accomplissement du désir dans le couple, s´il y a une sexualité épanouie dans une relation amoureuse, le désir de chercher ailleurs n´existe pas ou en tout cas serait freiné. A mon avis c´est cela qu´a voulu transmettre la femme de Bill à la fin du film à travers son " Fuck!". La frustration et la perte du désir est la première cause de la destrucution de l´amour et donc du couple."
Alors, j´ai un peu de retard, mais j´aimerais (re)bondir là-dessus, ayant revu EWS ce soir même, cherchant justement à mieux comprendre le fond du film.
Ce qui fait tilt tout d´abord, c´est le titre du film, "Les yeux grand-fermés" s´adresse d´après moi au public en général. Maître Kubrick a choisi de surexposer ses pellicules, pourquoi, sinon pour montrer qu´il cherche à illuminer le spectateur ?
Maintenant, est-ce qu´un tel génie se serait contenté de parler d´une relation de couple assez normale finalement ? Je ne pense pas.
Ce que Stanley dénonce, c´est l´hypocrisie des apparences. L´idée que tout est joué commence dès le début : le vieux hongrois commence à parler d´amour à Nicole alors que tout ce qui l´intéresse c´est de lui sauter dessus, de leur côté, les mannequins veulent sauter sur Tom et le sentiment est probablement réciproque, mais bien entendu, rien n´est dit explicitement et tout le monde se comporte en public dans le respect des conventions que la société leur impose.
Ceci dit quand on y pense, quelle est la différence entre cette soirée du début et la soirée orgiaque qui suit ? C´est simplement une différence de conventions, une sous-société est créée dans le but de briser les conventions actuelles et les remplacer par d´autre.
Ceci dit, là encore tout est mis en scène, et les gens portent littéralement des masques. Ce qu´on remarque d´ailleurs, c´est que tout le monde ne baise pas, il y a des observateurs et des agents, et là encore cela diffère peu de nos soirées bien rangées où tout le monde paraît bien sage.
Kubrick insiste sur cette mise en scène jusqu´à la rendre parfaitement ridicule d´ailleurs : toute cette histoire de danger visant à effrayer Cruise, ça fait sourire, et c´est bien là le but recherché : à quoi bon tout mettre en scène, est-ce juste pour combler un vide ?
L´idée que tout est mis en scène est aussi illustrée lors du passage chez le vendeur de costume : il est évident que ce dernier joue la comédie pour optimiser ses rentrées, et qu´il se contrefout d´une quelconque morale, et à côté de ça, les Japs font comme si de rien était, et lui de même, et tout continue "joyeusement".
La réponse que ce film apporte à la question qu´il pose, autour de quoi cette mise en scène, cette hypocrisie tournent-elles, c´est que c´est le sexe. Le point central et pivotal de l´histoire se situe au moment de l´orgie : c´est là que le thème de la mise en scène est le plus mis en évidence, et c´est évidemment là que l´on voit en même temps ce que j´appellerais une certaine liberté sexuelle. La conclusion du film, "fuck", semble aller dans ce sens : le couple doit cesser de jouer la comédie, et admettre le rôle central que joue la vie sexuelle dans sa survie.