The Aviator ressemble effectivement plus à un Kubrick qu´à un Scorsese je trouve. Je suis sûr que le 1er aurait aimé traiter un tel sujet : le parcours d´un perfectionniste acharné, un monstre pour son entourage mais un génie pour son époque, se riant des obstacles, luttant contre son seul vrai adversaire : lui-même.
Quel film quand même. Impersonnel ou pas, c´est un futur grand classique. En vrac ce que j´ai adoré : la mise en scêne classieuse, la photo, la couleur et les éclairages, les scênes d´aviations grisantes, la bande-son, l´interpretation de Di Cap qui me fera pas passer pour un con quand je le comparerais à nouveau à Brando, des seconds rôles savoureux ( j´ai redécouvert Alec Baldwin ! ) et quelques séquences de genie. En tête de celles-ci le crash ( qui là pour le coup fesait vraiment scorsesien ! ) qui m´a foutu une poussée d´adrenaline, la joute oratoire au Conseil contre le sénateur, la scêne de repas délirante chez les Hepburn ou les scênes à huis clos où Hugues est seul contre sa folie, dans les chiottes ou dans sa salle de projection ( le plan sur les bouteilles de lait, mémorable nan ? ?)...
Martin Scorsese ne pouvait pas non plus rendre plus bel hommage à son métier, la 1ere partie sur Hell´s Angel´s est vraiment formidable. Et quelle maitrise putain de merde, le film ressemble à son personage ; tout est centré sur Hugues et c´est l´univers qui semble tourner autour, comme lorsque qu´il est en avion...
Même quand il fait une commande c´est du lourd, chez MS.
et puis la Chapelle Sixtine aussi, c´était une commande...