Le 28 octobre 2016 à 15:17:27 -no_more- a écrit :
Sur le papier, The Thin Red Line etait le film parfait pour moi, d'abord parce que le genre de film de guerre m'attire de plus en plus, mais ensuite parce qu'il introduit une dimension contemplative (ça tombe bien, j'adore ça quand son utilisation me semble pertinente), et enfin parce que c'est un film de Terrence Malick, et que j'avais adoré son Knight of Cups.
Et je pense que ce film confirme ce dont je me doutais déjà, à savoir que Malick est très doué quand il s'agit de filmer des scènes de guerre. La très longue (et très intense) séquence de la prise de la montagne est sans aucun doute le meilleur moment du film, car c'est celui où la caméra de Malick, virtuose, parvient à filmer avec brio toute la peur et la tension qui peuvent s'emparer des hommes face à la mort, la guerre... Oui, The Thin Red Line est très bien filmé.
Mais si le talent de Malick metteur en scène n'est plus à prouver, peut-on en dire autant de Malick scénariste ? La réponse est malheureusement non. L'introduction, qui voit Jim Caviezel s'interroger au sujet de la mort et du monde qu'il y a après sur fond d'images paradisiaques se veut philosophique, mais elle est juste lourde. Et cette lourdeur se retrouvera tout au long du film, le point d'orgue étant atteint lors de flash-back aussi poussifs que moches sur fond d'une voix-off déblatérant des vainement sur l'amour. Même un certain Nolan crierait au mauvais goût.
Parce que bon, toutes ces "interrogations" se résument à quoi finalement ? Personnellement je n'y ai vu qu'un bête fourre-tout de thématiques déjà explorées maintes et maintes fois. Alors oui c'est beau de parler de la vie ou de la mort, mais il faudrait que cela dépasse les simples banalités énoncées je-ne-sais combien de fois (vous avez dit truismes ?).
Quant aux plans contemplatifs évoqués plus haut, parlons-en justement. Certains sont sublimes, c'est indéniables. Comme je l'ai dit plus haut, Malick sait filmer la nature, c'est indéniable aussi. Mais au fond... à quoi servent-ils ces plans ? Pourquoi sont-ils là ? Ce sont les questions qui me sont le plus revenues en tête lors de mon visionnage. Le problème c'est que ces plans s'intègrent mal, quand ils ne sont pas tout simplement de trop, comme si Malick n'arrivait pas à concilier ces prises avec d'autres plus "conventionnelles" (dirons-nous), et ça c'est assez problématique.
L'interprétation ? Elle navigue entre un Jim Caviezel insupportable, un Nick Nolte pas désagréable, un Sean Penn ma foi très bon et un Adrian Brody entre deux eaux.
Pour finir un petit mot sur la musique de Zimmer, que l'on m'avait vendu comme son meilleur travail. Alors oui il y a des partitions plutôt inspirées et très efficaces lors de la scène de la montagne mais le reste vire à la bouillie larmoyante, dommage.
The Thin Red Line, ou comment un film presque impeccable sur le plan visuel est gâche par son scénario à la ramasse.
4,5/10 (je sens que je vais encore ma faire engueuler
)