Sublime ( adjectif, substantif ) : Qui est au plus haut degré de l'élévation, de la grandeur, de la noblesse, de la beauté.
Exemples : C'est une fille à la beauté sublime. La Ligne Rouge est un film sublime.
Vu il y a 3 ans, revu aujourd'hui. J'ai eu peur au début, je trouve que le film met du temps à démarrer. C'est surtout quand la partie guerre - et les batailles qui vont avec - commence que le film gagne en puissance, en intensité émotionnelle surtout. Quand on voit La Ligne Rouge, on ne peut pas s'étonner du choix de Terrence Malick de s'atteler à la mise en scène d'un film de guerre. Cela lui permet de décupler la portée de son discours, puisqu'il filme des hommes directement confrontés à l'horreur, à la mort, des personnages qui sont dans l'obligation de porter un jugement sur leur existence. La Ligne Rouge, malgré son sujet, a une portée incroyablement universelle. Impossible de ne pas être interpelé par une réflexion d'un soldat, impensable de rester stoïque face au bouleversement existentiel qui hante par exemple le personnage de Jim Caviezel. Le film de Malick fait partie de ces oeuvres qui nous touchent intimement, nous révélant une part de nous-mêmes. Combien de cinéastes, d'artistes, peuvent à ce point transcender la perception d'un spectateur sur sa propre vie ? Regardez La Ligne Rouge, et votre vie ne sera plus la même...
Le film est d'une beauté saisissante. Qu'y a-t-il de plus beau que des herbes flottantes ? J'ai rarement été autant subjugué au cinéma. Non seulement les plans de Malick sont d'une splendeur plastique unique, mais ils dépassent leur simple apparence pour dire quelque chose de l'état du monde. Qu'est-ce que c'est que ces herbes qui ondulent, qu'est-ce qu'elles disent de nous ? La force de Malick c'est d'inscrire son spectateur au sein d'un processus cosmique. Un des personnages parle à un moment de tous les hommes qui ne constitueraient ensemble qu'une seule âme. J'ai aussi l'impression que la nature peut faire partie de ce processus, et rarement on se sera senti aussi proche d'elle.
La mise en scène de La Ligne Rouge est absolument prodigieuse, il n'y a qu'à voir avec quelle volupté, quelle élégance, cette caméra occupe l'espace. Les travellings de Malick sont époustouflants, virtuoses, ils nous placent en plein coeur de l'action. Visuellement donc, c'est une réussite indéniable. Le reproche que je fais au film se situe au niveau des voix-off. Surtout celles qu'on entend dans une première partie. Elles sont quand même limites, peu pertinentes ( tant qu'elles ne sont pas confrontées à un environnement beaucoup plus hostile et barbare en tout cas, ça doit être la raison de leur relative faiblesse ). Au niveau des dialogues il y a des moments où le film s'écroule franchement. Mais peut-être que le génie de Malick au niveau de l'image est tel qu'il amoindrit d'autres éléments, en particulier les dialogues donc. Là je rêve d'un film entièrement muet du cinéaste, où il ne s'exprimerait qu'à travers l'image exclusivement.
Ca serait une expérience grandiose. Mais La Ligne Rouge est déjà une épopée fantastique, un moment de cinéma trop rare. Bouleversement total. Sublime donc.
5/5