Bon, j'en profite pour répondre à Muesli
La Vo est en mandarin, précisément
Donc un des dialectes du chinois.
Autrement, bah je viens de voir ce iflm et comme DarkToonLink me l'a proposé, je remonte le topic pour y mettre ma critique. Je précise qu'il y a des spoilers de toute sorte.
Déjà, je dois dire que Ang Lee réussit un tour de force quand même. Ses précédents films n'avaient rien à voir avec les arts martiaux et là, paf, le bonhomme réalise un wuxia dans la plus pure tradition tout en s'appropriant carrément le genre et en délaissant les thématiques habituelles du genre (justement le dépassement de soi, comme quelqu'un l'a dit précédemment) et en y incorporant les siennes.
Comme l'a souligné quelqu'un d'autre dans ce topic, les scènes de combat ne sont pas le point central de l'oeuvre, au contraire, je dirais même qu'elles ne sont que le moule mais pas la matière. Le moule du film car c'est ce qui lui permet de s'ancrer dans un genre bien précis, mais la matière s'en éloigne tellement (épaisseur des personnages, sinuosité de l'intrigue) qu'il s'agit quasiment d'un film hybride.
On sent d'ailleurs qu'Ang Lee est un réalisateur qui cherche à dévoiler le conflit de la tradition (le style du wuxia, le mariage arrangé de Jen, la quête de vengeance Li Mu Bei et sa recherche de l'absolu), et celui de la modernité, qui devient presque celui de la personnalité. Le personnage de Jen est complètement sidérant. A la fois jeune fille naïve, disciple imprévisible et au potentiel démesuré, aventurière refoulée, voleuse, gamine ou modèle, elle passe à peu près par tous les rôles possibles. Alors qu'on la croyait frustrée de ne pas pouvoir vivre d'aventure, on apprend finalement en plein milieu du film, sa liaison avec Lo qui tombe comme un cheveu dans Lo (ah ah !). Ici, j'ai beaucoup apprécié la relecture du mythe d'Adam et Eve dans un contexte à la fois barbare, poétique et asiatique. L'idée du jardin perdu explique à peu près tout le personnage, ses idéaux, ses sentiments.
Bref, y a beaucoup à dire sur ce film et je dirais juste qu'un combat de sabre dans les feuillages d'une Chine brumeuse et retirée, il n'y a rien de plus beau (à part un combat sous la pluie sur un air de kôto pour mentionner le combat de Hero). Voilà, donc, pour moi ce film est d'ailleurs centré autour du personnage de Zhang Ziyi et non de Chow Yun-Fat, on est pris dans les tourments de l'adolescence d'une disciple et non dans ceux d'un épéiste qui cherche la vengeance (qui de toute manière ne lui apportera que la mort et le refus de l'absolu).