Le 28 juillet 2015 à 20:03:27 LeRallizeDechu a écrit :
Bah parce que ça n'a aucun but si ce n'est divertir, c'est un délire enfantin quoi. Et la mise en scène est loin d'être aussi penser que dans un film comme Inglourious Basterds par exemple.Donc c'est génialement écrit, c'est jouissif. Mais c'est profondément vain, c'est un film qui n'a rien à dire.
J'y pensais l'autre jour. Contrairement à Reservoir Dogs, on a quand même l'impression que Pulp Fiction, bah... merde, ça mène nul part quoi (au niveau narratif )
Et pourtant on s'en fout, c'est beau. Ce qu'il y a d'intéressant, c'est justement un film qui parle de sa propre esthétique et du monde auquel il fait référence/rend hommage. Robert Rodriguez est dans le même sémantique selon moi, en moins subtil et plus gras (Rodriguez quoi). L'enchainement narratif rocambolesque, aussi décousu soit-il, reflète un type qui s'en est donné à cœur joie, où tout est une excuse pour faire du rock'n'roll visuel, et au final entrainer le spectateur dans ce cercle. J'en viens à me dire que l'intrigue elle même est complètement psychédélique.
C'est exactement la sensation que j'ai en regardant Pulp Fiction, y a qques années, mon premier Tarantino.
Après le film, globalement je m'étais dis "Bon, je me suis amusé, c'est un film amusant. Mais quel est le but de la manoeuvre, l'intérêt de ce merdier?" ![]()
Mais après au final quand tu comprends le ciné de Tarantino bah tu te dis qu'on s'en fout du but, c'est du cinéma délirant tout simplement
Moi la première fois que j'ai vu Pulp Fiction je me suis dit "putain que c'était booon" et je l'ai revu le lendemain. ![]()
Même maintenant que je m'intéresse beaucoup plus au cinéma, j'aime toujours autant ce film. C'est le summum du cinéma de divertissement. La crème de la crème.
"Mais après au final quand tu comprends le ciné de Tarantino bah tu te dis qu'on s'en fout du but, c'est du cinéma délirant tout simplement"
Non pas du tout, ou alors pour toi. Parce que moi c'est l'exacte inverse.
Pulp Fiction c'est un film qui a été longtemps parmi mes films préférés, avec aussi Kill Bill, mais bon plus le temps passe moins je trouve d'intérêt dans son cinéma. Et le problème c'est que je préfère voir les films dont il s'inspire, puisque de toute façon ils sont souvent au dessus de ce qu'il fait lui même.
Le 29 juillet 2015 à 08:57:20 LeRallizeDechu a écrit :
"Mais après au final quand tu comprends le ciné de Tarantino bah tu te dis qu'on s'en fout du but, c'est du cinéma délirant tout simplement"Non pas du tout, ou alors pour toi. Parce que moi c'est l'exacte inverse.
Pulp Fiction c'est un film qui a été longtemps parmi mes films préférés, avec aussi Kill Bill, mais bon plus le temps passe moins je trouve d'intérêt dans son cinéma. Et le problème c'est que je préfère voir les films dont il s'inspire, puisque de toute façon ils sont souvent au dessus de ce qu'il fait lui même.
D'ailleurs, le soucis c'est qu'avec le hype monstre autour, les gens oublient souvent que Tarantino parle du cinéma et de ces films justement; que c'est pas une esthétique qui déboule ex nihilo.
C'est quand même sidérant, je suis sur que pas mal de gens devaient considérer La Main de Fer, The Killer, Rolling Thunder ou Django comme "de vieux trucs kitschs" avant de connaitre Tarantino.
Soudainement, tout le monde [le grand public] a été touché par la grâce divine du ciné d'exploitation, des 70's, du vintage, du grindhouse, etc.... tout le monde salive en masse sur ce "style tarantino".
Les mêmes qui doivent critiquer la violence gratuite du cinéma d'action qui en viennent à admirer Pulp Fiction. Pulp qui est pourtant une glorification de la violence glamourisé (sic) : c'est de la mise en abyme, Tarantino lui même ne glamourise pas la violence, il glamourise ceux qui le font. Parce qu'on aime la représentation du meurtre et du sexe et on l'assume dans son cinéma.
Bah c'est une bonne chose si ça ouvre les gens a un cinéma différent. ![]()
J'imagine que ça dépend des gens. Je me souviens de certaines personnes qui me sortaient "django c'est génial
" mais ils connaissaient pas le Corbucci. Je leurs ai cités d'autres trucs cultes des années 70 dont Tarantino s'est inspiré, soit ils s'en foutaient soit ils connaissaient pas
J'espère que c'est juste un préjugé de ma part mais y a comme une marge de gens qui s'en foutent des racines de Tarantino, et qui aiment juste les figures culturelles que ce dernier met en scène.
Perso quand j'ai vu Point Limite Zéro j'ai trouvé ça médiocre ![]()
Le 29 juillet 2015 à 11:19:30 Vomit-Crush a écrit :
J'imagine que ça dépend des gens. Je me souviens de certaines personnes qui me sortaient "django c'est génial" mais ils connaissaient pas le Corbucci. Je leurs ai cités d'autres trucs cultes des années 70 dont Tarantino s'est inspiré, soit ils s'en foutaient soit ils connaissaient pas
J'espère que c'est juste un préjugé de ma part mais y a comme une marge de gens qui s'en foutent des racines de Tarantino, et qui aiment juste les figures culturelles que ce dernier met en scène.
Je ne vois absolument pas de problème à ça personnellement. ![]()
D'ailleurs j'adore le Django de Corbucci mais j'aime encore plus celui de Tarantino (d'ailleurs l'inspiration est quand même assez éloignée). Puis dire que les films dont il s'inspire sont meilleurs...
Trop cool ce film ouais
Le 22 août 2015 à 00:34:56 Flybunnye a écrit :
Trop cool ce film ouais
OMG quelle critique complexe ![]()
Mais y a rien de mieux que la simplicité pour parler de trucs complexes ![]()
Jamais trouvé le film délirant.
Pulp Fiction apparaît dans une période où les Etats-Unis sont en pleine euphorie : la Guerre Froide est finie, la Guerre du Golfe s'est bouclée en deux temps trois mouvements, les États-Unis sont vainqueurs. Tout cela se finira avec le 11 Septembre.
Il y a donc eu une petite dizaine d'années, où les États-Unis ont pu se mettre dans leurs pantoufles, enfiler une robe de chambre et enquiller clopes et Coca-Cola, avec un 9 mm pas loin.
Là, Pulp Fiction pourrait être qualifié de film générationnel. Quentin Tarantino a absorbé des milliers de films qui lui ont fait comprendre ce que c'étaient que les États-Unis durant le siècle passé, puis il s'est situé par rapport à ce glorieux passé. Il devient alors porte-parole de toute une génération nourrie à la culture populaire, pour qui les burgers sont un sujet de conversation pertinent. Mais heureusement, Tarantino n'est pas que ça. L'artiste doit être au-dessus de la foule, et le réalisateur n'a pas vu que des films du cinéma classique. Il a vu du Leone, du Godard, du Antonioni.
« All you need for a movie is a gun and a girl ». La phénoménale énergie des films de Godard des années 60 est retransmise ici à travers le filtre états-unien : exit les cafés de boulevard, les diners les remplacent. Pas besoin d'appart parisien, les motels suffiront. Bon, maintenant, Anna Karina a le nez enfariné, mais Belmondo a toujours son flingue. Cette puissance créatrice du suisse se retrouve chez l'états-unien, qui insuffle quelque chose d'autre que de l'américain dans son film. Cependant, il manque quelque chose à Tarantino, une chose qui a formé le cinéma de Godard : la littérature.
La violence est totalement gratuite. C'est la force du film : sa gratuité. Comme de la junk-food ou comme des récits pulps, on ne se prend pas la tête : pour quelque dollars, on a quelque chose de simple, décomplexé, divertissant. Moi j'me dis, d'accord, pas de problème. Les sujets abordés ne sont pas sérieux, c'est juste un film sympa qui donne un nouveau souffle au cinéma de divertissement nord-américain. Mais non, car ce film est « écrit et réalisé par Quentin Tarantino » (et quand on sait ce que Tarantino a fait pour avoir la mention, tu flaires le désir d'adolescent admiratif d'être un auteur), il a été présenté à Cannes, il en a eu la récompense suprême. Le niveau de prétention, de faire « un certain cinéma » monte d'un cran.
Le film tente la dialectique, l'opposition de points de vues. C'est extrêmement casse gueule, car c'est sur ce genre d'intention qu'on voit la différence entre le sage et celui qui croit l'être. Le miracle, le coup de la mallette, le Pardon et la charité, ça n'a rien à faire là. On nageait en plein nihilisme, en hédonisme incitant à la consommation sans réfléchir, sans calcul de plaisir. Juste, aller boire un Coca bien frais dans un diner, et se balader dans Los Angeles en tenue d'été un matin bien frais en discutant de choses futiles. Ezechiel 25:17 allègrement massacré par Samuel L.Jackson, c'est pas grave, car c'est dans la dynamique du film.
La remise en question tentée est alors vaine, ridicule, tout ce qu'on veut. On ne ressort pas du film en se sentant grandi, assagi. Cette métaphysique de comptoir que nous inflige Samuel L.Jackson (le bougre, il nous a rien demandé, c'est la faute de Tarantino ça) détruit tout ce qu'a construit le film sans reconstruire ensuite, pour former une belle œuvre, qui aurait affirmé, remis en question, puis reconstruit pour conclure sur la vision du réalisateur. Ou alors il aurait pu simplement affirmer. Ç’aurait été un bon, un beau film, porte-parole d'une vision du monde et d'une génération.
Tarantino était sans le savoir un auteur autonome et solide utilisant ses influences avec intelligence, puis il s'est vautré en voulant trop imiter ses aînés. Le mieux est l'ennemi du bien.
Le 28 juillet 2015 à 20:03:27 LeRallizeDechu a écrit :
Bah parce que ça n'a aucun but si ce n'est divertir, c'est un délire enfantin quoi. Et la mise en scène est loin d'être aussi penser que dans un film comme Inglourious Basterds par exemple.Donc c'est génialement écrit, c'est jouissif. Mais c'est profondément vain, c'est un film qui n'a rien à dire.
Ben si, ça un but. ![]()
Cela permet d'en savoir plus sur les personnages. Ce sont tous de petit malfrats donc logique que des fois ça vole pas haut.
ROYAL WITH CHEESE !!!
Pulp Fiction c'est surcoté, je l'ai regardé seulement parce que un mec qui l'a regarder 20 fois m'en à parler.
En réalité c'est pas ouf, je comprends pas trop la hype dessus ![]()
La même que toi VDD, je l'ai trouvé assez chelou comme film ! Je m'attendais pas à ça.
J'comprend pas les gens qui le regarde des dizaines et des dizaines de fois.
Le 15 décembre 2016 à 12:19:55 LIDL_WAYNE a écrit :
Pulp Fiction c'est surcoté, je l'ai regardé seulement parce que un mec qui l'a regarder 20 fois m'en à parler.
En réalité c'est pas ouf, je comprends pas trop la hype dessus
Bah le soucis, c'est le public, qui va te foutre tarantino sur un piédestal en cristal. Au fond, c'est pas si exceptionnel ni révolutionnaire.
Ce serait bien de trouver un article qui explique un peu ce qui fait chez Tarantino qu'il a percé à long terme avec ses films. Parce que jouissif, pur divertissement, blabla inutile et tout ça, ce sont des arguments pas mal rouillés..
Je crois pas qu'on ait besoin de parlementer en long et en large, il condense assez habilement des tropes plus ou moins colorés qui font rapidement leur chemin dans la pop culture et donnent cette impression de "claque" que chacun se prend au visionnage.