Autant vous prévenir tout de suite, Windtalkers est LE film que j´attendais depuis deux ans avec une impatience imprégnée à la fois de confiance et de fébrilité, guettant la moindre news le concernant et me délectant des différentes bandes-annonces, et au final, eh bien je n´ai pas été déçu, bien au contraire ! Je me méfiais pourtant énormément de cette superprod´ holywoodienne qui, si elle avait beau être signée John Woo, n´en demeurait pas moins une grosse machine programmée pour cartonner au box-office. D´ailleurs de ce côté là il faut dire que c´est plutôt raté, mais on ne peut pas avoir le beurre et l´argent du beurre : )
Mais au final, et malgré toutes les foutaises qu´ont pu débité toutes les critiques, Windtalkers est bel et bien la perle attendue comme le messie par tous les fans du cinéaste hong kongais, dont je fais évidemment partie ! Difficile de vous décrire les émotions que m´ont procurées ce film, il faut dire que John Woo embarque le spectateur dans un tourbillon de scènes d´action toutes plus mythiques les unes que les autres !
Le début est un peu longuet et convenu, comme dans tout film de guerre, mais le cas de conscience dans lequel sont plongés nos deux héros, Nicolas Cage et Adam Beach, prend très vite tournure. L´histoire met en scène un marine solitaire et écoeuré par la guerre, incarné par Cage, qui est chargé de protéger un "code talker", joué par Adam Beach (dont la ressemblance frappante avec Chow Yun Fat n´est pas pour me déplaire ^_^), et de l´abattre au cas où la situation deviendrait critique. Le semblant d´amitié qui apparaît entre les deux protagonistes peut alors voler en éclat à chaque instant, d´où une tension dramatique absolument prodigieuse et allant crescendo jusqu´à la fin, tragique évidemment.
Du côté de la réalisation, la nouvelle oeuvre de John Woo n´est pas en reste, bien au contraire ! John Woo enchaîne avec brio travellings et ralentis, choisissant à merveille ses différents angles de vue, saisissant avec une frénésie jubilatoire et communicative les nombreux meurtres qui ponctuent l´aventure. Les scènes de combat sont donc monumentales, et le but de John Woo, à savoir de propulser le spectateur sur la champ de bataille pour mieux lui montrer l´horreur de la guerre, est totalement atteint, d´où une sensation insoutenable et insidieuse qui s´empare du spectateur, presque écoeuré. On est même pris à la gorge tant les fusillades sont intenses !
Mais outre ces scènes très intenses qui prennent le spectateur par les tripes, le film contient également des passages plus psychologiques durant lesquels N.Cage médite sur l´atrocité de la guerre ou reçoit des lettres d´une infirmière avec qui il est devenu très intime. Bref Windtalkers repose sur ce contraste qui fait tout le charme des films de John Woo, à savoir un mélange de violence jubilatoire mais jamais gratuite, et de reflexions psychologiques sur les rapports humains.
En ce qui concerne les acteurs, un constat s´impose, Nicolas Cage confirme son statut d´acteur fétiche de John Woo en livrant une prestation tout simplement ébouriffante ! On ne peut pas dire autant d´Adam Beach qui, pour ajouter du piment à son jeu très convenu, en rajoute parfois trop, au point de rendre parfois son personnage un peu ridicule, voire caricatural.
La bande-son peut également prêter à quelques critiques, on aurait en effet aimé qu´elle soit aussi inspirée que la mise en scène, mais quand on a John Woo derrière la caméra, il est très difficile de l´égaler sur le plan du son !
Enfin tout ceci n´est qu´une goutte d´eau dans un océan de bonheur, Windtalkers se révèle être au final une excellente surprise, un film haletant jusqu´au dernier instant, plus profond que Volte Face, et peut-être même plus soigné sur la forme, bref c´est du John Woo comme on en avait plus vu depuis 10 ans !