Film bien trop méconnu des frères Coen et pourtant l'une de leurs oeuvres majeures. Rien qu'écrire dessus me donne des frissons. Une reprise des codes des fameux films noirs impliquant une descente aux enfer, magnifiée par la photographie de Roger Deakins et ces dialogues puissants. Ambiance froide et inquiétante, avec quelques touches d'humour noir ici et là, The Barber peut faire penser à l'étranger de Camus au niveau des actes de son personnage principal. Car il s'agit d'un personnage perdu dans sa condition et dans son propre comportement, il essaie de se détacher de son absence autour de ses relations sociales (comme le dit d'ailleurs le titre du film). Et pour cela, il veut faire quelque chose de sa vie, et son but prend différentes formes entre la première et la deuxième partie.
C'est un film qui prend son temps. Le rythme est donc lent et prend son temps dans l'exposition de ses personnages. Mais dieu que ça sert l'efficacité finale ! Une sorte de trip hallucinatoire évoquant la vie et la mort d'un hypnotisme incroyable, comme si, après le parfait traitement de l'histoire, on allait au-delà de celle-ci pour partir dans l'étrange. Une hybridation entre le pouvoir de la parole et de l'image, ainsi peut être qualifié The Barber, mon film préféré des frères Coen avec Barton Fink.