J'ai enfin vu ce film que je ne connais que de nom depuis 8 ans.
Juste avant de me lancer dans une critique, je dois confesser ici que je suis "connu" dans mon entourage pour mon désamour pour l'attitude des drogués en tous genres quant aux questions de la dépression que leur dépendance engendre et mon avis (qui n'engage que moi) sur le sujet. Mon but ne sera par ailleurs pas de générer un débat sur le sujet, je n'ai pas envie de m'étendre dessus. Aussi, devant le statut de "film culte des junkies" qu'avait ce film, vous comprendrez que j'en avais des a priori négatifs. Sauf que depuis un an, j'essaie vraiment de m'ouvrir à plein de trucs, de me cultiver, et donc, je me suis mis à l'héro... nan je déconne, j'ai voulu le regarder le plus objectivement possible. En VO intégrale, sans aucun sous-titre, en plus, ce que je fais très rarement, la plupart du temps j'ai quand même des sous-titres.
Eh bien, j'ai beaucoup aimé ce film, dont non seulement le statut culte est largement justifié, mais la performance globale des acteurs, la mise en scène de cette descente aux enfers collective m'a vraiment scotché. Jared Leto est énorme, ça fait de plus en plus de films que je vois avec lui et où il me séduit de plus en plus. Même chose pour Jennifer Connelly que j'ai découverte ici, et qui m'a du coup donné encore plus envie de voir Dark City qu'avant. Quant à la musique, je connaissais le légendaire "Lux Æterna" décliné à toutes les sauces, mais force est de constater que les multiples arrangements de ce morceau sont toujours superbement intégrés aux scènes, et le reste de l'ambiance musicale est également de haute volée.
D'un point de vue réalisation, c'est pareil, j'ai aimé la façon dont c'était structuré, c'est visuellement prenant et traumatisant parfois, le crescendo négatif de l'œuvre est vraiment parfaitement servi par des images marquantes, c'est un film tape-à-l'œil mais qui remplit ses objectifs, happant le spectateur tout comme les diverses drogues évoquées le font avec ceux qui les consomment. Au final on en ressort en se posant plein de question sur les addictions en général, qu'il s'agisse de drogues dures illégales, ou tout simplement des choses auxquelles on est sentimentalement attachés. Requiem for a Dream est en cela un véritable drame, poignant, violent, qui m'a personnellement touché, et c'est un coup de maître de la part de l'équipe d'un film dont je ne ressors pas capable de m'identifier à l'un des acteurs, alors que lorsque je suis marqué par un long métrage, c'est souvent parce que je me suis retrouvé dans certains passages, ou certaines attitudes.
Bref, peut-être que mes préjugés négatifs me l'ont fait apprécier davantage que si je n'en avais eu aucun, car j'ai du coup eu une très agréable surprise. Mais j'en retiens un excellent moment très angoissant, très "beau", que je ne peux ajouter vraiment à mes films cultes devant l'éternel parce que je ne cautionne rien ou presque des comportements qui y sont montrés, mais juste parce que l'histoire narrée a atteint son but: m'émouvoir profondément.