On ne ressort pas indemne du visionnage de " American Beauty".
Rares sont ces films qui vous plongent dans une atmosphère tellement habituelle, qu´elle en devient peu à peu froide, distante, sauvage et indomptée. On découvre alors un nouveau monde sous celui que l´on croyait connaître par coeur.
Le point de départ est simple : un Américain moyen vit sa petite vie sans relief de banlieusard peinard, et pensant qu´il n´a plus rien à perdre, décide de sortir du train de vie quotidien commun et de s´affirmer et s´intégrer à sa propre façon.
Cette introduction, au début banale, voire ennuyeuse, se complique néanmoins avec l´entourage du personnage principal qui se retrouve lui aussi pris d´une soudaine envie de changer les habitudes.
Tout est ainsi critiqué, et pas grand chose n´est épargné : conformisme, adolescence, fanatisme, adultère, crise de la quarantaine...
C´est ainsi que se déroule sous nos yeux ébahis et notre cervelle, qui commence à trouver ce petit film pas si petit que ça, un véritable spectacle rationnel et logique, dont la fatalité implacable nous surprend de bout en bout.
Ce film est une révélation sur la vie de chacun et de son quotidien. On se rend compte qu´on ne vit que pour de rares objectifs qui s´avèrent être communs : l´argent et l´obtention de biens matériels aussi importants que des êtres humains.
Mais, avec du recul, pourquoi tout ça ? Satisfaire un besoin naturel ? Se rassurer et se dire qu´on vit avec un " vrai" but ?
On ne sait pas vraiment, et je pense que c´est pour cette raison que Lester Burnham a dit stop à tout ça, et qu´il a voulu se démarquer des autres en vivant l´instant présent sans se soucier des conséquences, et de se libérer du monde où un canapé ne peut même plus servir à deux ou trois ébats sexuels sous peine d´être souillé.