Bon, alors j'ai dit semi-déception, mais je pense que c'est une semi-déception pour le réalisateur en lui-même, puisque c'est désormais le deuxième film que je vois de lui (après Nos années sauvages). Ceci dit, j'ai encore au moins 2046, Chungking Express et Les Anges Déchus avant de laisser tomber
.
Bref, il y a des choses impossibles à renier : le film est d'une beauté époustouflante. Ralentis, raccords bruts, raffinerie, fragilité, musique délicate, silences bruyants, mélancolie ambiante. Le tout filmé dans un Hong-Kong changeant, réduit à une ruelle, un bureau, un appartement et cette fameuse chambre 2046.
Tout est luxe, calme et volupté pour citer un vieux poète. Invitation au voyage, celui de l'amour.
Les deux acteurs sont époustouflants eux aussi. Jeu de séduction, sensualité, approche timide et grisée par une certaine tristesse, toujours entre répétition et action. Le spectateur est parfois surpris (la scène où ils répètent sur le fait que le mari de Maggie Cheung la trompe), le couple est absolument irrésistible. La fin est par ailleurs superbe, même si elle s'étire un peu trop à mon goût.
Cependant, j'ai pas été totalement convaincu. De cette mélancolie, de ces regards dans le vide, il émane quelque chose de très "adolescentesque". Un côté émotionnel un peu facile, un peu cliché, l'amour à travers la souffrance ; pour quelqu'un qui prétend vouloir filmer l'amour, effectivement, c'est normal, mais ça manque un peu de génie au niveau de l'idée. Tellement, même que ça en devient par moment parodique, on est tenté de doubler les pensées des personnages pour en faire quelque chose de trivial. On est littéralement tenté de trahir ce que nous expose Wong Kar-wai. Je sais vraiment pas si c'est fat exprès, mais ceci ajouté aux temps morts du récit (et cette fin un peu bariolée avec le général De Gaulle, j'ai pas vraiment compris).
Bon, j'attendais ptêtre un peu trop de ce film il est possible, en tout cas je suis pas dégoûté pour autant, des films dont j'attends ptêtre moins que celui-ci me feront ptêtre enfin adhérer au style de monsieur Kar-wai 