Des drames dans le cyclisme, il y en avait déjà eu et il y en aurait encore. Les décès, cette année même, de Wouter Weylandt et de Xavier Tondo sont venues le rappeler à un public qui oublies trop souvent combien ce sport peut être dangereux.
Dans les années 70, les décès brutaux des coureurs sur la route étaient malheureusement fréquent. Une gestion de la course différente, des coureurs qui prenaient plus de risques, beaucoup de coureurs se transcendaient sur le bitûme, jusqu’à y laisser leur dernier souffle.
Quelques années après qu’un certain Simpson ait fini sa vie en agonisant sur les dernières cimes du mont chauve, une même étape venait emprunter le mythique col, sur le midi libre.
La fin de l’anglais était encore dans toutes les têtes, mais le ventoux, pour des coureurs qui rêvaient de se faire remarquer quelques mois avant le tour, était un théâtre idéal pour une grande bagarre.
Aucun de ces coureurs ne craignait la mort, ils voyaient simplement la victoire, au loin, dans le ciel du vaucluse.
Parmi les favoris, des coureurs qui faisaient partie des perles rares que le peloton de l’époque comptait. Daniel Simmons, le britannique de 20 ans, était l’un d’entre eux. Il venait de la piste, et commençait à percer sur route, aucun vrai point faible, c’était le grand champion de demain.
Face à lui, une armée de coureurs français qui faisaient partie de la génération des années 50, qui commençait à supplanter les anquetil, bobet, aimar and co.
Francis Louis était le meilleur sprinteur de sa génération, une pointe de vitesse digne d’un Pélissier où d’un Darrigade, déjà plus de 100 victoires chez les jeunes, Colber Macquard était lui le nouveau grand rouleur, le gamin de la banlieue nord, qui avait un égo démesuré, se disait capable de battre Merckx sur un effort solitaire.
Et pour finir, un certain Daniel Herrada, un azuréen de 19 ans, celui qui était, selon les médias, le coureur cycliste français le plus talentueux n’ayant jamais vu le jour, il possédait un talent sans précédent, surtout un caractère atypique, c’était un vrai gagneur, un mec charismatique comme il n’en existe que deux ou trois par décennie, il était de la même trempe que les Hinault ou Jeff Bernard qui l’accompagnaient en junior. D’après Blondin en personne, Herrada serait meilleur que Hinault à maturité, il pourrait même à son maximum, faire tomber le palmarès d’Eddy merckx, ce mec était en définitive né pour faire du vélo.
La montée du ventoux en était déjà à sa moitié, les rictus des coureurs semblaient indiquer la souffrance qu’ils ressentaient à ce moment précis, soudent simmons démarrait.
Cette image revenait dans tous les rêves de Raphaël, chaque nuit, toujours la même image, toujours ce contre qu’il voyait dans cette vidéo, ce regard aquilin, cette détermination, le rosbeaf déposé, la voix de Guy Lux, les pentes du ventoux, le paysage à perte de vue, et pour couronner le tout, la musique de requiem for a dream qui couvrait le tout, Raphaël ne passait pas une nuit sans toutes ces images dans sa tête.