Autrefois, Benjamin et Raphaël se retrouvaient souvent en soirée dans les endroits chauds de Nice, ils étaient ce que l’on peut appeler des potes de cuite.
Puis brutalement, leurs études terminées, le diplôme en poche pour l’un, l’échec pour l’autre, ils s’étaient perdus de vue. La vie avait continué, chacun de son côté.
Raphaël l’appréciait en soirée mais le jalousait un peu dans la vie de tous les jours. Bel homme, intelligent, il attirait toutes les écervelées du campus de sofia antipolis, puis surtout, il était un cycliste de renom dans la région, il pratiquait ce sport tant aimé par Raphaël, alors que ce dernier n’était qu’un vulgaire remplacent dans une équipe de football aux vestiaires et au stade d’un autre temps, incapable de se maintenir dans la cinquième * locale.
C’est pour cela qu’un climat de haine s’était installé entre eux et qu’il n’avait pas non plus cherché obstinément à le recontacter à la fin de leurs années de fac.
A l’issue de ce coup de fil, il était convenu que les deux jeunes hommes se retrouvent chez Benjamin.
Raphaël quitta son petit studio, direction la promenade des anglais. Il regarda l’adresse indiquée par Ben et vit qu’elle correspondait à une splendide villa sur la côte.
Cela avait le don d’énerver Raphaël avant leur rendez-vous.
Il frappa à la porte, Benjamin vint lui ouvrir.
Sapé comme un banquier, toujours ses yeux bleus et sa tignasse à la bieber, la rage montait en Raphaël. Toutefois, il instaura la conversation :
« Alors, vieux, la femme, les gosses ?, en lui tapant sur l’épaule, tout en dissimulant un petit sourire en coin.
-Ca peut aller. Tu boiras quelque chose, Rapha ?
Un scotch s’imposait dans cette situation
-Ouais, un double scotch si tu as, oublies pas les glaçons ! »
Alors qu’il partait chercher l’alcool dans le frigidaire, Raphaël remarqua un journal L’équipe posé sur la table du salon, de manière à ce qu’on le remarque immédiatement.
En première page, la chaudière Contador. El Imbatido !, titraient t-ils.
Vla qu’ils lui attribuent le surnom de Valverde maintenant.
« Tiens Rapha !
-Arrêtes de m’appeler Rapha ! »
Alors qu’un silence de cathédrale s’instaurait, Raphaël tourna les pages jusqu’au cyclisme, et ne dissimula pas sa surprise lorsqu’il vit en bas de page, l’article suivant :
« Benjamin Lagrange, jeune néo-pro, signe chez Saur-Sojasun » !
- Cinquieme division de district