En fait le principal problème c'est qu'on fait souvent un amalgame entre tolérance et ouverture d'esprit, alors que ça n'a rien à voir. C'est pour ça que ça me semblait pas inutile de rappeler que la tolérance, c'est précisément l'acte de tolérer, même si ça semblait stupide à certains. Tolérer, pour moi, ça sous-entend quand même l'idée que quelque-chose nous déplait, mais qu'on prend sur soi… au nom de cette qualité qu'on lui reconnait virtuellement, potentiellement, mais qui ne nous "parle pas". Comme un metalleux totalement hermétique au rap, mais de bonne volonté, dirait "mouais, je comprends que ça puisse plaire" en se tordant le cerveau. Ça relève plus du pragmatisme social, que de quelqu'un chose qui vaudrait qu'on l'érige en valeur suprême. (vous ne trouvez pas qu'aujourd'hui se faire traiter d'intolérant est particulièrement insultant?)
Non mais je me remet à divaguer en fait, je voulais surtout envisager la question de la tolérance dans la confrontation entre un individu et la musique, sans question de société. À partir du moment où tu sais ce que tu aimes, ce qui t'enrichis, te définis si tu veux… et que tu va te confronter à quelque-chose de neuf, ça n'a plus aucune pertinence de sacrifier ta sensibilité au nom d'une certaine "qualité virtuelle", ou des canons d'un genre, ou même du bon sens. Je trouve ça plus constructif d'assumer, par exemple, que tu haïs les Pink Floyd, ou que tu ne vois aucune sensibilité dans le rap, que de te dire que, dans un autre monde, dans une autre tête que la tienne, ces choses là puissent avoir un sens, et choisir cette neutralité, cette "frilosité", finalement. Tout ça bien sûr tiré du contexte de l'interaction sociale… dans le pur cadre de la confrontation individuelle à la musique.
Je sais pas si c'est exactement ce à quoi je pensais, c'est un sentiment assez diffus en fait. 