Merzbow, c'est surtout une discographie monstrueuse qui ferait passer celle des Residents ou de Coil pour des trucs aussi faciles à appréhender qu'à trouver (quant à Vinterriket, enterré depuis longtemps). Et comme ces deux groupes, il y a à boire et à manger. Le bonhomme a fait énormément d'albums collaboratifs (plus que des "splits", il s'agit souvent de pièces jouées par les deux artistes en présence, et souvent en live), surtout des collaborations avec des musiciens tournant autour de la noise de par chez nous, mais au Japon il collabore assez fréquemment avec des groupes de Death Metal (je me souviens qu'il a fait un ou plusieurs live avec Defiled). C'est assez impressionnant, je pense qu'il doit connaître l'intégralité des artistes noise depuis le début du genre (entre le disque avec Genesis P-Orridge, les collaborations fréquentes avec Boris, les splits avec Nordvargr et le live avec Jazzkammer...). Il y a donc des choses très bonnes, d'autres plus anecdotiques et d'autres carrément chiantes.
Mais globalement, ça reste une esthétique du chaos et de la destruction. Sa cohérence à lui c'est de ne pas en avoir, donc le fait d'avoir un foisonnement de productions de qualité très inégale dont des trucs assez inintéressants (des trucs sortis chez Tzadik à ceux sortis sur des toutes petites boîtes japonaises avec des pochettes hideuses) fait également partie de ce "concept". Sa discographie est, à l'instar de sa musique, une masse grouillante et désagréable dans laquelle il est à peu près impossible de se repérer partout (à part peut-être si tu es un fan-boy absolu depuis la fin des '70s, et encore).