Voilà depuis quelques semaines le nouvel album de Fantômas est dans les bacs avec une édition limitée ( en milliers d´exemplaires... ) façon calendrier avec kids-illustration bien classes.
Ce nouvel opus revient aux sources du groupe à savoir un délire instrumental étalé sur une trentaine de titres. Mike Patton épaulé par ses compatriotes Buzz Osborne ( Melvins siouplait ! ) , Dave Lombardo ( ex Slayer... quand même ) et Trevor Dunn ( Mr Bungle ) nous offre un skeud édulcoré totalement déjanté où les onomatopées, les bruits de dessins animés, les samples farfelus et autre bidouillages électroniques ponctuent ce disque mais nous laissant néanmoins sur notre faim.
Je m´explique, cet album est en rupture total avec la continuité que laissait présager " Delirium Cordia". Le groupe semblait s´assagir mais aussi aborder des songs plus abouties où l’ambiance prenait du temps à s’installer et finissait en apothéose. Ici que nenni, on pourrait presque croire que Mike Patton a pioché dans des vieux titres de " Amenaza al mundo", mis ça dans un mixeur avec un bonne dose de pop´n’gum, du Tex Avery et du bidule qui fait « bizz ». On mélange le tout et hop on a un album quasi identique au premier. Alors oui c’est toujours aussi bon, mais avec le passé d’un personnage tel que Mike Patton on était en droit de s’attendre à une nouvelle révolution. Là on a « seulement » un album très bon.
Je soulignerais également le côté assez frustrant que l’album nous file à la première écoute. Certaines chansons commencent sur les chapeaux de roues avec un riff qui claque, des sons en parfait adéquation avec la voix atypique du chanteur de Mr Bungle mais le tout balancé à 400km/h et ce en 30 secondes montre en main. On a à peine le temps de prendre le rouleau de papier toilette pour s’en servir comme micro et sauter partout le futal sur les genoux. ( j’écoutais l’album dans mes toilettes... c’est pour mieux appréhender la musique, j’ai lu ça dans Okapi…)
Dans l’ensemble cet album est une réussite avec un artwork très soigné, et une musique toujours aussi rafraîchissante. Bruitiste et furieux, nous poussant à la limite d’une crise cardiaque, un intermède vient nous soulager et permettre ainsi au titre suivant de nous achever sans le moindre état d’âme. Nous joyeux lurons s’amusent avec nos nerfs et arrivent à nous faire décrocher quelques sourires à l’écoute des 30 titres, chacun baptisés pour l’occasion de la date et du jour de ce cher mois d’avril.
8.5/10
Ma petite critique de ce disque. Je pourrais m’expliquer d’avantage quant aux prise de postions sur les aspects négatifs que certains pourraient voir comme des points positifs.
