L'énorme qualité de Trist est d'allier ambient "non mélodique" (c'est à dire le type Lustmord, Megaptera, etc, composé de nappes généralement "inharmoniques" et non mesuré) et ambient "mélodique" (marquant ainsi une influence tant de l'ambient venant du black metal que de la Berlin School). C'est superbe sur Tiefenrausch, les nappes sont ahurissantes, les sons de synthés d'un psychédélisme à faire pâlir quelques grands pontes des 70s ; ça continue sur Fort avec une prédisposition plus forte (haha) pour les nappes (outre l'étonnant final bizarrement néo-classique, le seul titre proposant de véritables sons de synthés de hauteurs définissables, voire même une mélodie embryonnaire est le superbe Licht Aus !, le plus long de l'album). J'ai l'impression qu'il a tendance à laisser tomber les synthés, ce que, dans pas mal de cas, je serais tenté d'applaudir à deux mains, là je le déplore un peu : c'était vraiment son cachet et c'est si rare d'avoir quelqu'un qui le fait si bien. Donc, un Willenskraft un peu moins surprenant, dirais-je. On remarquera tout de même que le bonhomme a su parfaitement s'adapter et propose cette écriture plus classique dans un format plus classique de morceaux de 10 min - 1/4 d'h, pas de gros morceau à la Hin, donnant ainsi un équilibre bienvenu à son oeuvre.