Salut, on est des SS et on se baladents n'importe ous! o/
Par contre je reconnais que ça s'enchaine assez bizarrement, ya des contrastes parfois trop forts entre les climats qui cassent un peu le rythme mais globalement je trouve ça plutôt fluide
juste un truc : comment peut on être pédant, et a priori élitiste, tout en ne l'étant pas (puisque pseudo-élitiste)? Je doute que DO en ait quelque chose à foutre de son public, j'ai pas l'impression qu'on se retrouve, chez eux, dans une dynamique d'élection d'un "plaisant auditeur" par de "divins musiciens", comme ça se fait énormément en littérature et plus spécifiquement en poésie (genre Huysmans). Je distinguerai deux types de prétentions : la prétention de ceux qui n'en ont pas les moyens (les pédants qui revêtent leur œuvre au demeurant médiocre d'une portée exorbitante, checkez voir "omnivium" des allemands d'obscura, "whos next des who etc), et la prétention de ceux qui en ont les moyens, et qui effectivement ne composent que pour attirer l'admiration et/ou se mettre exagérément en valeur (genre dream theater et leur séance de toilettage canin comme "musique"). Problème : c'est être un peu déconnecté de la réalité en imaginant que tous les artistes composent pour autre chose qu'eux-mêmes : je dirais qu'il y a un troisième type de prétention, plus neutre, qui tient tout simplement à l'exigence que l'on entretient envers soi-même, d'actualiser et de mettre en forme un discours, de se soumettre à une tension qui nous amène à prendre des risques, ou tout simplement d'avancer un avis, une œuvre, une prise de position et de s'y tenir. Évidemment quand on le réalise il doit bien y avoir une part d'auto-satisfaction : la fierté d'être capable de. Ca se convertit en surplus d'ego en un quart de seconde. Mais c'est une conséquence, pas une cause.
Pour en revenir au BM orthodoxe, il s'agit grosso modo, pour les plus élaborés, de mecs qui ont relu leur patrologie, qui assument le fait que leurs racines plongent dans le sol chrétien, mais qui tentent de subvertir les principaux concepts de ce mouvement (tout ce qui a bien pu se proférer et se mêler d'hellénisme depuis paul), la plupart du temps (comme c'est le cas chez DO) en réhabilitant/vénérant la conception d'un Satan comme Colère de Dieu en temps d'anomie toute droit issue de la théosophie allemande (Böhme, puis Schelling). Ce qui leur permettent de cautionner en amont leurs fantasme d'holocaustes généralisés, de damnation éternelle, de corps pourrissants marqués par la foi et tout le tremblement. Intellectuellement parlant c'est assez pauvre (dans la mesure où on reste dans un dualisme bêbête, on continue de concevoir le corps avec une terminologie chrétienne orientée, etc), mais les sinuosités du raisonnement et le retournement qui en découle restent rigolos à suivre, le tout allié à une musique forcenée ça reste, "ma foi", convaincant. De manière pragmatique, on y croit quoi.
Je reste néanmoins convaincu que le BM est une musique viscérale, adolescente et boutonneuse, qui peut éventuellement avoir à voir avec du psychédélisme et des histoires de forêts (voire de martiens). Mais appliquer une musique aussi bébête (dans son fondement) à un quelconque raisonnement philosophique prétendant à une certaine profondeur, ça créé quand même un gros gros décalage, surtout lorsqu'il n'y a pas la moindre once de recul (comme c'est le cas dans la majorité de la scène "orthodoxe"). Après musicalement, c'est souvent au dessus du paquet. Mais j'en ai toujours eu relativement rien à carrer des paroles (sinon Ulver ne serait pas un de mes groupes préférés, haha). Sinon on vire dans les délires façon "surreal documents" du mec qui t'écrit un article pavéique cherchant à relier la pensée de Sorel à celle... d'Euronymous. Haha.
Je suis entièrement d'accord, mais il y a peut être aussi un autre facteur qui joue et qui peut expliquer cette tendance de plus en plus "réflexive", "tortueuse" que prend cette musique : l'anti-conformisme, la subversion, le terrorisme anti-bourgeois (qu'on se garde toujours bien de définir), tout ce côté "en marge", "excentrée" d'une musique qui se revendique telle. Je veux dire, entre autres fascination morbide de gothiques pré-pubères, si on en est venu au BM et qu'on continue d'en écouter, c'est aussi, quelque part, pour entendre des types qui pensent différemment, qui tiennent un discours autre, qui refusent certaines valeurs et en acceptent d'autres, etc. Le BM est certes une musique adolescente, boutonneuse, sans aucun recul, désespérante de conformisme à plein d'égards, mais beaucoup de poètes aussi l'étaient - boutonneux, adolescent, révolutionnaires, sans aucun recul (je pense à Rimbaud). Et pourtant, eux, replacés dans le contexte de leur époque, nous les prenons aujourd'hui très au sérieux ! Dans l'absolu, et en toute intégrité intellectuelle, je ne vois aucune raison de ne pas "prendre au sérieux" ce potentiel, de le mépriser ou de s'en gausser a priori : juste le considérer tel quel.
Ce que je crois, c'est que le BM a trop tourné en rond, s'est trop complu dans des stéréotypes pseudo-subversifs, des représentations pseudo-gênantes du monde : comme si se proclamer athée par défaut, "matérialiste" au sens dévoyé du terme (n'est pas diderot qui veut), retourner des crucifixs et tout le tremblement, au final, ne participaient pas de l'air du temps ! comme s'il suffisait de brailler "fuck !" dans un micro pour gêner, comme si le refus de la réflexion, du développement, de l'approfondissement n'est pas aussi devenu un conformisme "bourgeois" ! Alors certains artistes prennent naturellement le contre-pied de cela; le concept devient à son tour une arme subversive beaucoup plus encline à diriger des compositions et à fonder des représentations du monde déviantes, beaucoup plus encline à ouvrir de nouveaux horizons où d'autres valeurs sont susceptibles de tomber, et certaines, insoupçonnées jusqu'alors, de s'ériger. Et le genre, de continuer à vivre et de se légitimer. Il arrive un moment où l'absence de pensée ne peut pas - ne peut plus - se justifier comme facteur "subversif", il arrive un moment où la "pose artiste", le "se-vouloir-artiste" ne peut plus se justifier selon certaines données pré-établies. D'où la tension actuelle au concept, bégayante et un peu surfaite, il est vrai. Mais c'est une prise de conscience du fait que l'essence de l'art n'est rien en lui-même d'"artistique", qu'il ne saurait s'ordonner à aucune "beauté" au sens d'"ornements formels superficiels vidés de tout impact" (ce que le BM tend de plus en plus à devenir). La seule chose à laquelle s'ordonne l'art, c'est à la vérité, à la "modalité de la représentation", pour parler en langage relevé.
Mais ce faisant, c'est la frontière entre musique et philosophie qui tendrait à disparaître (mais a t'elle jamais disparu, au final ?). Ça impliquerait une orientation générale plus "intellectualiste". Est-ce vraiment ce qu'on veut, quand on écoute du BM et pour continuer d'en écouter ? Tout est question de valeurs personnelles j'imagine.
Jolie
mention spéciale à la conclusion.
Juste une question, tu entends quoi par " La seule chose à laquelle s'ordonne l'art, c'est à la vérité, à la "modalité de la représentation", pour parler en langage relevé. " ![]()
Hé à propos de rien, je suis allé voir Sunn O))), il y a un moment. Oui, c'est pas exactement du Black, mais vu l'imagerie et les membres du groupe, on peut presque poster ça ici.
En concert, c'est vraiment génial voire terrifiant. Donc j'ai acheté le vinyle. Et je me suis emmerdé, bref, n'achetez pas leurs skeuds, ou soyez ailleurs.
A une certaine représentation du monde, à ce que nous définissons comme "vérité", "essence", etc. au fond de toute musique, il me plaît de croire qu'il y a une métaphysique, sous forme sensible. Bruckner par exemple. Mais pas le temps, faut que j'y aille
"En concert, c'est vraiment génial voire terrifiant. Donc j'ai acheté le vinyle. Et je me suis emmerdé, bref, n'achetez pas leurs skeuds, ou soyez ailleurs. "
-Lequel de disque ?
ouvre le topic
pavé
pavé
GROS pavé
why.jpg
si t pa conten yala croi en ô a goche lolol
Hein ? ![]()
enfin un post concis, percutant, à l'essentiel ![]()
Rah j'y crois pas, le mec qui fait des implying pour montrer qu'il est trop internet.
Et après plusieurs écoutes supplémentaire, je n'infirme pas ce que j'ai dit plus haut, il mérite au moins qu'on l'essaye ce petit voleur du printemps même si je comprends qu'il a pu en décevoir certains.
Ah, ce sont les pavés d'Aes qui t'effraient. C'est normal, il n'y a que lui qu'ils n'effraient pas. Et encore.
c'est une manière claire et formelle de communiquer ses sentiments, pourquoi s'en priver ?
pour parler black metal : Negative Plane.
On est assez dans le sujet "orthodox bm" avec Negative Plane, tiens.
"-Lequel de disque ?"4
Monoliths & Dimensions. Tu aimes bien ?
Bah, c'est peut-être ce qu'ils ont fait de plus varié et "accessible" (après le Altar avec Boris).
Le monolithe que nous a pondu Aes résume assez bien ma pensée (si je puis dire) concernant le BM, mais je nuancerais quand même sur le point du "arrêter de penser n'est plus subversif". Il existe encore, quoique noyée dans la masse, une scène minoritaire dispatchée qui peut continuer à jouer sur le rejet généralisé, même bébête. Ça concerne tous ces groupes qu'on pourrait qualifier de "borderline", qui nourrissent leur musique à grands coups de mysticisme approximatif (pléonasme) ou de foi conservatrice en le BM lui-même en tant qu'entité-acte. Ça reste très léger, mais il me semble qu'on retrouve dans Wrnlrd, Shining, Lucifugum ou Watain quelque chose qui est encore capable de faire peur. Ou qui devrait l'être, faute d'un soupçon de couilles en plus. Le fait que le comportement d'un Kvarforth passe très mal auprès de la majorité du public, y compris d'une frange non négligeable des prétendus beumeu eux-mêmes, est un signe.
J'entends d'ici le fracas des gros sabots de Necrosmos qui va me citer GG Allin, Boyd Rice ou Genesis P-Orridge ; en fait la comparaison n'a pas lieu d'être. L'important c'est qu'ici les mecs croient, au sens religieux d'un élan vital, en ce qu'ils font et en son caractère absolu. On rejoint cette idée d'Aes qui recherche une intention métaphysique dans toute manifestation de l'art : la question n'est pas tant que l'acte soit novateur ou réellement grave, en comparaison avec ce qui a été fait auparavant ; mais surtout qu'il est la seule issue possible pour le sujet (s'y) accomplissant.
Il manque pourtant encore un soupçon de volonté pour que ce genre de groupes atteigne son Zénith. Il faudrait qu'ils parviennent à créer cette incroyable tension qui régnait à l'époque de l'Inner Circle (repensez à ce nom et à ses significations, merde, c'est estomaquant !) De vrais marginaux qui rejettent réellement, physiquement, ce à quoi ils prétendent s'opposer. Voilà ce qui a donné naissance au mythe et ce en quoi, peut-être, il a encore un avenir.
ARRETEEEEEEEEEEEEeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeez...
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Plus de pavés, j'vous en supplie
(meme si je lis et que c'est intéréssant
)
Ça fait quand même beaucoup de questions en suspens... À supposer qu'un degrés d'implication équivalent puisse un jour être à nouveau atteint, à partir de quel genre d'actes on pourrait quantifier ça? Ça serait un but en soi qu'il faut apprécier dans son ensemble? Ou alors on peut, on a le droit (=ça fait sens) d'envisager ça comme un avénement salvateur sur le plan musical seul?
"c'est une manière claire et formelle de communiquer ses sentiments, pourquoi s'en priver ?"
Tu as de la clémence, ma réaction n'était évidemment pas hostile, mais elle était injustifiée et aurait très bien pu être appliquée à elle-même. ![]()