17/20
+ La narration
+ Un reboot couillu et plus viscéral
+ Combichrist & Noisia
- VF imposée même si celle-ci est honnête et soignée
- La trame principale est courte malgré son nombre de rebondissements
- La mode du "kit", autant pour les skins des armes c'est passable mais pour le Bloody Palace (heureusement gratuit) et l'aventure de Vergil qui aurait très bien pu se débloquer en fin de partie d'un certain mode... Dur.
Sauvagerie à l'état pur.
Que ce soit en terme de rendu visuel avec le système des limbes qui offre au joueur un monde complètement barré, aux couleurs criardes et où l'environnement se veut lui-même menaçant, en terme de gameplay qui réunit les meilleures idées de Devil May Cry 3 et 4 tout en s'émancipant de mécaniques inutiles et lourdes que ces derniers opus connaissaient tout en innovant grâce à des phases de plateformes intelligentes et bien intégrées.
La bande-son signée Noisia et Combichrist également donne dans la sauvagerie, trucider du démon sur fond agressif de dubstep, de métal industriel, d'aggrotech et de punk hardcore bien gueulard, la frénésie a de quoi être au rendez-vous. Signalons également un doublage français de qualité, comme souvent chez Capcom, avec implication réelle des comédiens et réel travail d'adaptation au niveau des dialogues (entendez par-là que les dialogues français ne sont pas la traduction brute et vilaine de la VO au mot près). On aurait quand même préféré un choix multilingue pour éviter de devoir passer sa console en anglais pour pouvoir profiter des vraies voix des acteurs de la motion-capture.
L'histoire en elle-même pose de nouvelles bases, en tant que reboot de la saga, et s'oriente davantage sur les liens entre les divers personnages, leur donnant ainsi un souffle de vie et une personnalité qui manquait cruellement à l'épisode 4 de la franchise, afin d'aboutir sur un final surprenant.
La narration quant à elle propose une scénarisation absolue de toute l'action jouée. Ninja Theory réussissent là où anciennement Capcom échouait, à savoir : Donner du sens à l'action et à la baston.
On se souvient tous que dans les DMC 1 à 4, le scénario n'était qu'un prétexte à nous faire rencontrer et combattre n'importe quand et n'importe comment des créatures, juste pour avancer. Chez Ninja Theory, on donne un sens et une scénarisation à la chose. On ne va pas défoncer une succube ni Barbas au hasard, Dante y va car il a un but précis les concernant, ce qui donne au joueur la sensation de maîtriser les évènements.
L'univers de ce DmC Devil May Cry emprunte allègrement des codes à V pour Vendetta ou Matrix ou à des grands noms de la bande-dessinée tels qu'Allan Moore et son idée originale d'Hellblazer et même dans le façonnement de Dante, personnage principal, se voulant être un digne héritier du John Constantine imaginé par Moore. Provocateur, grossièrement désinvolte avec un goût fort prononcé pour les filles, la baston et la musique punk. La gestion du monde très "Nolanienne" à mi-chemin entre Inception et Interstellar a de quoi impressionner tant les limbes sont imprévisibles, agressives et barrées.
Ce jeu remplit parfaitement son contrat : S'imposer comme un des meilleurs beat'em all de cette génération de consoles, donner une nouvelle vie à une franchise qui était vouée à mourir aux vues de l'impasse scénaristique que représentait Devil May Cry 4 et son héros Nero.
Plus réaliste dans son approche et sa narration, plus acide et percutant, ce DmC Devil May Cry dispose de tous les atouts pour plaire aussi bien aux néophytes qu'aux fans de la première heure (que je suis).