Vous n'êtes pas forcés de les écouter, c'est juste un "plus". ![]()
Après, elles sont plus dures à placer que celles que je mets dans mes autres fic parce que j'ai décidé de ne mettre que du FE. J'essayerai dans mettre des plus cohérente à l'avenir. ![]()
c'est du très bon, mais j'ai une reproche : je trouve black un peu plat, sans étincelle ... Il faudrait dévelloper un peu plus sa personnalité
( après, c'est surement un effet de dstle
) Ren est pas mal par contre ![]()
Chapitre 4 : Ravages.
-…Silicia. Nous y voilà enfin.
Black s’arrêta un instant pour contempler la cité de loin.
Silicia était une ville comme les autres, sa seule particularité étant d’être la vraie première agglomération à accueillir les voyageurs venant de Meridiana. Les habitants étaient plutôt nombreux, en contraste avec la ville frontalière, et la situation était souvent stable dans ses environs. Mais cette stabilité était uniquement due à la forte présence des patrouilles lumineanes sur les grands axes de la région.
Le jeune homme ne souhaitait pas rentrer dans la ville, préférant éviter un maximum d’ennuis et de mauvaises rencontres. Il détenait encore assez de ressources dans son sac pour une ou deux journées de marches, et se ravitaillerait dans le prochain village, où il trouverait certainement plus de calme.
-Nos chemins se séparent ici, Ren.
Il semblait s’être attendu à rester en sa compagnie un peu plus longtemps.
-Vous ne continuez pas jusqu’aux portes de la ville ?
-Je n’ai pas le temps de me balader.
Le garçon parut un peu dépité, mais ne protesta pas. Conscient que se serait sans doute son dernier échange avec Black, il tenta d’en savoir un peu plus.
-Pourquoi êtes vous si pressé ? Vous fuyez l’animation ?
-…Oui et non. Ces derniers temps…J’ai parcouru suffisamment de villes pour en avoir assez de croiser du monde. Et…Il y a quelque chose qui m’attends. Alors je me suis fixé de le retrouver au plus vite.
Ren afficha une mine un peu triste.
-J’espère que vous le retrouverez monsieur…
-Je le retrouverai. C’est certain. Mais toi, Ren, qu’est-ce que tu comptes faire à présent ?
Il ne paraissait pas s’en soucier.
-Je vais faire comme à Meridiana. Dans les villes où les voyageurs sont aussi nombreux, il y a toujours quelque chose à faire. Je pense que je trouverai un job quelque part, puis un autre…
Black resta muet. Le sort du gamin l’attristait un peu, mais il ne pouvait rien faire de plus. Il devait prendre congé.
-Dans ce cas, je vais te laisser. Je dois continuer vers le Sud…Bonne chance, Ren.
-…Merci. Bonne chance à vous aussi. Pour trouver ce que vous cherchez. Et…Adieu.
Sans rajouter un mot, il lui tourna le dos, et se mit en marche vers les portes de la cité. Sans doute partagé entre l’espoir et le doute. Son avenir était destiné à rester incertain.
Black attendit qu’il soit trop loin pour le rattraper, pour reprendre sa route.
-…Adieu, Ren.
La Forêt d’Erebea. L’une des plus traîtres des terres d’Eclipse. Un cercle vert autour de Felia, le village caché. Une forêt minuscule, et pourtant si labyrinthique…Les voyageurs évitaient toujours de la traverser la nuit. Alors qu’il suffisait souvent d’une après midi pour la traverser en plein jour, le soir il était impensable de la passer en quelques heures. Les dangers étaient pourtant rare, et la faune peu hostile, mais dans l’ombre, tous les sentiers semblaient se ressembler, et les feuillages des arbres gigantesques suffisaient à cacher la lune.
Et au centre de cet étrange phénomène, le village de Felia, l’un des plus paisibles qui soient. La raison était bien simple, la population ne croissait jamais, gardant le nombre d’habitants à un taux relativement bas, et peu de gens décidaient de s’installer là bas, conscients qu’ils n’auraient alors que peu de contact avec le monde extérieur, les voyages de nuits étant proscrits. Malgré tout, l’endroit restait idéal pour les voyageurs en quête de repos.
Black n’était pas gêné par la verdure. Il marchait sur le sentier inégal sans se préoccuper des alentours, persuadé d’être seul. De temps en temps, il levait la tête pour observer la position du soleil, et être certain d’avoir bien calculé son coup.
« Midi et demie. Dans une ou deux heures, je peux être arrivé. Encore cette durée, le temps de se reposer et prendre des provisions. Je pars à quatre heure, et je suis ressorti avant la tombée de la nuit…Ca peut marcher. »
Il s’était préparé en conséquence, ayant mangé depuis bien longtemps pour ne pas perdre de temps. Felia serait son dernier arrêt avant de retrouver ce pourquoi il était revenu par ici.
Deux semaines le séparaient de son adieu avec Ren.
En vérité, il avait perdu la notion des jours, mais c’était la durée approximative. Il n’en était hélas pas vraiment fier, car depuis son dernier voyage, certains villages avaient été détruits par la guerre, l’obligeant parfois à faire des détours imprévus. Ainsi, il était convaincu qu’il aurait pu faire deux fois plus vite. Mais cela n’importait plus, il touchait au but.
Alors qu’il marchait, l’esprit ailleurs, Black se prit les pieds dans une racine qui dépassait du sol.
Il tomba douloureusement, et se maudit de sa maladresse. Lorsqu’il tenta de se relever, une douleur le lança à la cheville.
« Qu’est-ce que…C’est pas vrai... »
Il fit un pas. La douleur revint.
« Je ne peux pas…M’être foulé la cheville aussi bêtement ? »
L’erreur lui parut tellement bête qu’il ne put s’empêcher de jurer. Il avait encore de la marche à faire !
Mais tandis qu’il croyait que la situation ne pouvait être pire, il perçut une voix à travers les fourrés.
-Il y a quelqu’un ?
Finalement, les choses n’étaient peut-être pas aussi terribles ?
-…Oui ! Par ici !
S’il avait pu marcher normalement, il serait allé voir de lui-même.
Peu de temps après, un homme à forte carrure apparut. Il tenait une hache de bonne taille, similaire à celle des bûcherons. Il fut un peu surpris.
-Un voyageur ? Ici ? C’est rare. Vous allez bien ? Je vous ai entendu jurer tout à l’heure.
Black se demanda s’il n’était pas encore plus rare de croiser un villageois dans une forêt pareille à l’heure du repas.
-Pas vraiment. Je me suis foulé la cheville.
-La forêt est traître. Vous avez besoin d’aide ?
Le jeune homme hésita. Il n’aimait pas la compagnie, mais il dut admettre qu’il n’avait pas le choix.
-Ce ne serait pas de refus.
L’homme n’attendit pas plus longtemps. Il le soutint de manière à pouvoir marcher à peu près normalement.
-Le village n’est pas loin. Quelqu’un pourra sans doute soigner votre cheville là-bas.
-Je ne peux pas rester longtemps.
Son sauveur sourit.
-Avec l’aide de Serah, ça guérira en un rien de temps.
Black fut soulagé. Les guérisseuses n’étaient pas très courantes, trop peu de personne parvenant à manipuler le corps humain par magie. Qu’il en trouve une dans le coin relevait du miracle.
-…Merci. Mais…n’étiez vous pas en train de faire quelque chose ?
-Je coupe du bois pour l’hiver. Mais je n’avais pas commencé, je remettrai ça à plus tard.
-Désolé du dérangement…
-Pas de problème, pas de problème. Vous pouvez m’appeler Alex.
L’autre hésita un bref instant avant de donner son nom.
-Je m’appelle Black.
La marche devint vite monotone, et le soutien d’Alex était vraiment le bienvenu. Il avait tendance à se montrer un peu curieux mais n’insistait pas lorsque Black refusait de répondre. Notamment sur le fait qu’il se balade armé.
Sa voix forte raisonnait dans la forêt vierge.
-Qu’est-ce qui vous amène par ici Black ?
-…Il me faut quelques provisions pour deux jours de marche.
-Et où vous rendez-vous comme ça ?
Black s’arrêta soudain de marcher. Cependant, il garda son regard fixé droit devant lui.
Puis il répondit le plus simplement du monde :
-Chez moi.
Black était resté muet tout le reste du voyage. Il n’avait pas voulu dire ça à Ren de peur qu’il ne se montre trop curieux. Maintenant qu’il était si près du but, ça n’avait plus beaucoup d’importance.
Lorsqu’il arriva enfin aux portes du village, il put constater que l’endroit était vraiment calme et paisible. Peu de gens allaient et venaient sur la place, à l’inverse des autres villes de la région, et personne ne semblait pressé. De plus, les habitants semblaient tous se connaître, comme si une petite communauté avait décidée de vivre recluse du reste du monde.
Le plus surprenant restait l’aspect de la place en elle-même. Tout paraissait se fondre avec la forêt. De rares huttes étaient perchées dans les arbres. Certes peu nombreuses, mais suffisamment pour donner un charme unique aux lieux. L’environnement et le village ne faisait qu’un, la teinte des toits de la couleur des feuillages, les bruits d’insectes venant de partout et nulle part, le mode de vie lent et décontracté…
Alex le mena à une maison dont le rez-de-chaussée se présentait en tant que cabinet, l’étage devant servir d’habitation pour la guérisseuse.
-On dirait qu’elle est là.
Ce dernier frappa sans plus attendre.
-Serah ! J’ai un blessé avec moi !
Black trouva que le terme « blessé » était un peu excessif, mais il n’en tint pas compte. Le ton qu’employait Alex était très familier, si bien qu’il ne put s’empêcher de lui poser une question.
-Alex, est-ce votre femme ?
L’homme éclata de rire.
-Hahaha…Non, non…Ma fiancée vit hors du village. Elle compte s’installer ici lorsque nous serons mariés. Serah est juste une bonne connaissance.
La porte s’ouvrit sur ces mots. Dans l’encadrure se tenait une femme aux longs cheveux blonds, plutôt grande, et aux profonds yeux verts. La dernière remarque semblait l’avoir légèrement irritée.
-Une « bonne connaissance », hein ? Je ne calcule même plus le nombre de fois où j’ai dû m’occuper de toi parce que tu t’es blessé en forêt…Heureusement que je ne te fait plus payer, sinon tu n’aurais même plus assez pour manger aujourd’hui.
Son ton était ironique, et Alex parut plus gêné qu’autre chose.
-Je te présente un voyageur, Black. Il s’est foulé la cheville, mais il doit partir dans les heures qui viennent, alors si tu pouvais…
Serah n’écouta pas le reste. Elle se pencha vers le visage de Black, intriguée, comme s’il avait une tâche sur le visage. Il aurait déjà reculé s’il n’avait pas besoin de cette femme.
-Oh… ? Un voyageur, c’est ça ? Je dirai plutôt un guerrier. Ca se lit sur ton visage.
Black fut déconcerté. Personne ne lui avait jamais dit ça auparavant. Elle poursuivit.
-Tu viens de loin ? Pourquoi tu t’es arrêté ici ? Bah, ça ne me concerne pas, je dois juste te soigner, j’imagine ? La blessure est récente ?
-Un instant…Je ne sais pas si j’aurais de quoi payer.
Son commentaire sur Alex l’avait un peu déstabilisé. Soit il passait son temps à se blesser, soit les honoraires de la guérisseuse étaient extrêmement chers.
Mais Serah eut un petit sourire en coin, laissant voir une de ses dents légèrement plus pointue que les autres.
-Tu as de la chance. Comme tu es l’ami d’Alex, se sera gratuit pour toi. Je commence dès maintenant ?
-C’est possible ?
-Bien sûr. Reste ici deux minutes.
Et elle partit immédiatement vers une rangée d’escalier, pour revenir quelques secondes plus tard avec une énorme encyclopédie.
-La magie médicale n’est pas vraiment comparable aux autres…
Elle balaya une double page du regard avant de la fermer brusquement.
-Bien ! Ne bouge pas pendant que…
La jeune femme s’interrompit. Elle venait de se baisser pour examiner sa cheville, mais ses yeux s’étaient posés sur autre chose. Son attitude changea du tout au tout, tandis qu’elle s’éloignait de lui.
-Un…Un Spirit Holder ? Vas-t’en ! Vas-t’en d’ici ! On…On ne veut pas de soldats ici !
Alex prit soudain une face indignée à ses mots.
-Je croyais que tu étais un voyageur !
Black se maudit de ne pas avoir caché son parchemin.
-Ce n’est pas ce que vous croyez. Je ne suis pas un soldat.
Serah ne se détendit pas pour autant.
-Alors qu’est-ce que tu fais avec ça ? Et pourquoi portes-tu une épée ?!
-J’ai eu ce parchemin par mes propres moyens. Et je ne porte pas d’uniforme de soldat. Si j’en étais vraiment un, croyez-vous qu’on me laisserait vagabonder dans le coin ?
-Tu es peut-être en fuite.
-…Me croire ou pas ne dépends que de vous.
Black ne voulait pas perdre son temps, il savait pertinemment que rien ne pouvait prouver ses dires. C’était à la guérisseuse de faire un choix.
Elle se résigna finalement, même si son regard restait méfiant.
-…Je vais le faire. Mais tu ferais mieux de ranger tout ton matériel. Il n’y a personne à impressionner ici avec ton parchemin.
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Serah se pencha nouveau vers sa cheville et commença une incantation.
Alors que celles de Black était assez brutales, celles de la guérisseuse étaient beaucoup plus douces, ressemblant presque à une chanson.
-La sonate retentit dans l’esprit du vaincu…
Au son de ma lumière se réveille ton corps…
Revenez à la vie, âmes défuntes et perdues…
Jusqu’à ce que sonne encor…
Votre esprit vivifié…
Black n’aurait pas été surpris de retrouver ces vers dans un champ religieux. Il perçut une sensation de chaleur et de détente à sa cheville, comme si ses ligaments fondaient pour se reformer à nouveau.
Serah avait fermé les yeux, son encyclopédie plaquée contre sa poitrine.
Elle laissa échapper d’une voix douce :
-…C’est fini. Puisse les dieux veiller sur toi. Je dois…Je vais me reposer à présent. Fait comme bon te semble Black. Mais si tu es un soldat…je ne te le pardonnerai pas.
Et elle fit demi-tour vers sa maison, fermant délicatement la porte au nez de ses visiteurs.
Le jeune homme resta sceptique sur le prétexte de la fatigue.
-Ce sort l’a tellement épuisé… ?
Alex parut un peu moins tendu qu’il y avait quelques secondes.
-Il est vrai que les sorts de soins sont plus durs à exécuter que les autres. Mais je crois qu’elle ne voulait tout simplement pas nous voir plus longtemps.
Black n’ajouta rien.
« …Une chose est sûre, l’armée n’est vraiment pas aimée ici. Je devrais me montrer plus prudent… »
Assoiffé de sa traversée en forêt, Black jugea bon de faire un tour à la taverne avant de repartir. Il savait d’avance qu’il ne prendrait pas d’alcool, mais même en se forçant comme il l’avait fait jusqu’à présent, il ne pourrait continuer la gorge sèche.
Il poussa silencieusement les portes en bois pour pénétrer dans la taverne.
La pièce était vaste avec des tables disposées dans les quatre coins de la pièce, pourtant il n’y avait que très peu de clients, tous assis sur un tabouret, devant le bar.
Black nota que la serveuse qui semblait gérer toute l’organisation discutait avec animation avec l’un de ses clients. En s’approchant il remarqua que c’était un adolescent en apparence bien moins âgé que lui. La conversation devait porter sur les résultats de la chasse du matin.
-…Et là, tendu, j’ai inspiré un grand coup, et j’ai tout relâché ! Le lièvre n’a même pas eu le temps de réagir. Gwen dit qu’ils sont plus lents ces derniers temps, mais je pense qu’il ne veut tout simplement pas admettre que je puisse le dépasser…
La serveuse était une femme assez âgée, plus que Serah. Elle avait la peau mate et des cheveux noirs tressés. Elle nettoyait un verre en même temps que la discussion se poursuivait.
-Tu sais Ethan, tu ne devrais pas te relâcher pour autant. On m’a aussi dit que tu es tombé sur un nid de frelons. Peut-être que tu rattrapes Gwen, mais il évite ce genre d’incidents, lui. Et puis c’est de lui que tu tiens la maîtrise de l’arc…
-Lwei ! Tu ne pourrais pas simplement me féliciter ?
La serveuse ne lui répondit pas. Black comprit qu’elle l’avait vu entrer.
-Un voyageur ? Bienvenu en ces lieux.
Le jeune homme prit place sur un tabouret, considérant qu’il se ferait sûrement remarqué en étant le seul à table. Il commanda rapidement à boire et laissa la monnaie sur le comptoir. Lorsque la dénommée Lwei eut fini de parler avec Ethan, elle reporta son attention sur lui.
-Que faites vous dans le coin ? Il n’est pas sage de se déplacer seul, sur ces terres.
Black l’ignora. Mais elle persista.
-Si vous ne voulez pas le dire, ça doit être que vous êtes en exil. Vous fuyez la guerre ? Quelque chose comme ça ?
-…Non. Ca n’a aucun rapport.
-Tant mieux. Felia n’a jamais apprécié d’accueillir tout ce qui touche de près ou de loin a l’armée.
Elle s’arrêta dans son travail et posa ses deux coudes contre le comptoir, rêveuse.
-Hmm…Ce conflit n’a vraiment aucun sens. Et pourtant, les conflits sont plus forts que jamais à la frontière…Je n’aimerai pas me trouver là-bas.
-Pourquoi le village déteste tant l’armée ?
Il n’avait pas voulu parler, mais finalement Lwei avait éveillé sa curiosité. Elle afficha une mine grave.
-Il y a quelques années un général et ses troupes se sont arrêtés ici. Ils ont recrutés presque tous les hommes en état de se battre. Nous n’avions pas le choix. Nous savions qu’ils devraient se battre, nous savions que Luminea était en danger…Mais on ne les a jamais revus. Aucun de ces hommes n’est revenu. Pas de nouvelle, rien. Soit ils sont morts, soit on ne leur laisse aucun temps de répit. Ils ne peuvent pas avoir oublié leur village. Leur courrier a dû être intercepté. Ou plus probable, l’armée n’a pas jugé utile de nous les remettre, tout simplement parce que l’accès au village est assez complexe. Les cavaliers ne passent pas la forêt. Et la nuit, ce n’est même pas la peine d’y penser. Bien qu’avec un éclaireur, je pense que le passage puisse être possible. Mais la question n’est pas là. Nous n’avons plus aucune nouvelle de ces hommes. Pour moi, ils sont morts. Vous connaissez peut-être Serah ?
-Effectivement.
Black ne préféra pas rajouter l’incident sur le parchemin. La serveuse se remit au nettoyage.
-Son frère était de ceux-là. Il est parti quelques années plus tôt, et elle n’a plus aucune nouvelle. Depuis l’incident, Felia s’est toujours opposée aux décisions de l’armée par tous les moyens. Nous ne nous rebellons pas, mais nous refusons de les servir aussi. Serah est un cas extrême…Elle persiste à croire que son frère est vivant. Tout le monde semble d’accord avec elle, mais je sais qu’ils pensent le contraire. Enfin…Bref, j’espère que votre séjour ici reste agréable. Les voyageurs sont des évènements, ils apportent souvent des informations qui nous échappent, parce que nous restons fermés à l’extérieur.
Le jeune homme finit son verre.
-Je crains hélas de ne pouvoir apporter plus d’informations…Ces derniers temps, la guerre est stable. Et…les pokémorphs se montrent de moins en moins. Du coup, toute l’attention de Luminea est portée sur l’armée.
-Je vois…Je me demande si c’est une bonne ou une mauvaise chose.
Black se leva de son tabouret. Il ne souhaitait pas continuer de parler, maintenant que la conversation avait perdu en intérêt. Il glissa juste une dernière remarque.
-…Tant qu’il y aura des Spirits Holder dans l’armée, les pokémorphs devront se cacher. On ne peut pas lutter contre ses semblables.
Et il se dirigea vers la sortie.
L’air pur de la forêt l’assaillit à nouveau. Black s’arrêta, partagé. Il aimait cette sensation…mais elle lui rappelait certains souvenirs qu’il ne tenait pas à revivre maintenant.
« Bientôt… »
-Heeeeey ! Vous !
Le jeune homme se retourna. Il reconnaissait cette voix. L’adolescent du nom d’Ethan.
Ce dernier arriva à son niveau, un peu essoufflé.
-Pfff…Vous…
-Black.
-Qu’est-ce qu’un Spirit Holder ?
-Pourquoi veux-tu savoir ça ?
-Vous en avez parlé tout à l’heure : « Tant qu’il y aura des Spirits Holder dans l’armée… ».
Black fut assez surpris. Les Spirits Holder n’étaient pas sujets à de nombreuses discussions car leur identité était sujette à nombreux mystères. Mais la plupart des gens avaient une idée générale du sens d’être Spirits Holder. Felia devait vraiment être coupé du monde. Ou alors Ethan était juste trop jeune pour s’y intéresser.
Black réfléchît. Il ne pouvait pas donner trop de détails. Sinon, on comprendrait qu’il en était un lui-même. Et il aurait des ennuis.
-Tu es Ethan ?
-Oui.
-Tu sais qui sont les mages ?
-Evidemment. Ceux sont des hommes nés avec la magie dans leur corps.
Le jeune homme ravala une remarque. « Evidemment » était un peu présomptueux quand on révélait soit même ses lacunes dans le domaine du surnaturel.
-En terme de naissance…Tous les hommes peuvent devenir guerriers. Disons que sur cent hommes, de nos jours, quatre-vingt prennent la peine d’apprendre à se battre. L’entraînement pour pratiquer la magie est aussi compliqué. De plus, il faut disposer de ce pouvoir à la naissance. Donc sur ces mêmes cents hommes, quarante pratiquent la magie. Maintenant, il y a les Spirits Holder. Ce ne sont pas des mages. Ils disposent de la magie, mais ne peuvent pas lancer de sorts. Toutefois, il n’est pas rare que les Spirits Holder naissent mages. C’est même très fréquent. Mais l’inverse n’est pas vrai. Très peu de mages naissent Spirits Holder. Donc on peut dire que les Spirits Holder peuvent maîtriser la magie, et comme tout le monde, subir l’entraînement d’un guerrier. Mais là où la magie du Spirits Holder est particulière, c’est qu’il peut invoquer des pokémon.
-Pokémon ? Comme les pokémorphs ?
-Entre autre. Les pokémorphs sont différents. Ils se changent en pokémon. Le Spirits Holder lui, appelle les pokémon et les soumets à sa volonté. C’est un cran au dessus des mages. Et un cran au dessus des guerriers. Toujours sur cent hommes, environ sept naissent Spirits Holder. Et encore faut-il qu’ils aient l’occasion de le découvrir. Tu pourrais en être un que tu ne le saurais pas.
-Je m’en moque. La magie ne m’intéresse pas. C’est tout ?
-Je croyais que la magie ne t’intéressait pas ?
-Dans la pratique, pas dans la théorie.
Black soupira.
-Bien…Pour qu’un Spirits Holder invoque un pokémon, il faut qu’il l’appelle depuis un parchemin spécifique à chaque pokémon. Mais depuis des siècles, les seuls parchemins existant sont à la disposition des armées lumineanes et obscurantis. En somme…
Ethan termina à sa place.
-…impossible d’utiliser ses pouvoirs sans devenir soldat.
-Exactement. Quand l’armée recrute des guerriers et des mages…
-Ne parlez pas de ça…
L’avertissement de Lwei lui revint en tête. L’armée était un sujet délicat. Mais Black ne pouvait pas continuer sans en parler.
-Désolé, mais je n’ai pas le choix.
Ethan baissa les yeux. Il ne protesta pas, mais Black comprit qu’il devait avoir perdu un proche dans la guerre.
-…Les mages et guerriers recrutés sont testés. Pour vérifier s’ils sont des Spirits Holder ou pas. C’est pourquoi quand tu vois quelqu’un avec un parchemin portant le sceau de la pokéball, tu peux être quasiment sûr que c’est un soldat. Certains Spirits Holder peuvent invoquer des créatures surpuissantes. Durant les batailles, ils sont à la tête des assauts. Et les pokémon et pokémorphs peuvent se sentir entre eux. Quand le nombre de Spirits Holder a commencé à fortement s’accroître durant les dernières décennies, ils ont commencé à se cacher. Leur traque est devenue plus facile. Luminea soupçonnent les pokémorphs de se cacher dans les endroits difficilement accessibles par les humains. L’océan pour les affiliés eau, le désert pour les affiliés feu ou sol. Mais l’armée n’a pas le temps de les chasser. Obscuranti fait tout pour repousser les frontières. Et si un jour, un des deux camps l’emporte…ce sera sûrement celui qui a le plus de Spirits Holder de son côté. Est-ce clair ?
L’adolescent parut perturbé. Black avait dérivé assez rapidement d’un sujet à l’autre. Mais de toute manière, tout était lié aux Spirits Holder. Un jour ou l’autre, se serait grâce à eux que Luminea ou Obscuranti brandirait le drapeau de la victoire. Il n’en doutait pas.
-Merci, Black. Je comprends un peu mieux. Je crois que Lwei se moquerait de moi si elle découvrait que je ne savais pas ça. Si vous voulez bien, j’aimerai que cette discussion reste entre nous.
-Elle le restera.
Au fond, ça l’arrangeait. Si Ethan se taisait, il n’y avait aucune raison qu’on le suspecte d’être Spirits Holder.
Le reste de l’après midi fut employé à acheter quelques provisions, jusqu’à quatre heures précises. A ce moment, Black partit sans laisser de trace, plus rapide que jamais.
Pour ses derniers jours de voyage, Black marchait aussi vite que possible, presque sur le point de courir par moment. Il progressait rapidement, rien n’entravant sa route, retrouvant de plus en plus de repères au fil du temps. Les routes étaient rarement désertes désormais, tandis qu’il s’éloignait des frontières, empruntant des chemins privilégiés des commerçants. Parfois, il tombait aussi sur une patrouille lumineane, mais celles-ci ne lui prêtaient aucune attention, tant et si bien que plus rien ne semblait le séparer de son but.
Et enfin, il le vit.
Black s’arrêta un instant. Il posa son sac pour prendre un peu de repos, et mit sa main en visière pour voir au loin. Il distingua un petit bosquet qui cachait ce qu’il cherchait.
« Il n’y a pas de doute…Je suis enfin de retour. »
Combien de mois avaient passés depuis qu’il était parti ? A moins qu’il ne doive compter en années ? Peut être pas. Mais peu importait.
…Combien de temps, depuis qu’il avait laissé derrière lui son village natal ? Illeria, son seul souvenir qu’il n’aurait jamais dû quitter…Combien de temps avait-il passé à se rappeler le confort là bas ? A l’abri de la guerre…A l’abri du chaos…Tellement de temps sans le voir. Ce village qui avait bercé sa vie jusque là. Il n’était pas parti depuis si longtemps et pourtant…Il crut que ça faisait une éternité. Une éternité qu’il n’avait pas vu ces routes familières…Cette faune et cette flore verdoyante à mesure que l’on s’approche…
« Mon oncle…Je suis de retour. »
Pas de parents. Un père qui ne pouvait pas le garder, une mère gravement malade…Black avait fini avec son oncle. Ce n’était pas plus mal. Il n’avait besoin de rien de plus. Et il n’avait rien de plus.
Ses pas le guidaient d’eux même. Sans s’en rendre compte, il était déjà aux abords du bosquet. Soudain sa conscience percuta un détail auquel il n’avait pas réfléchi. Plusieurs mois sans nouvelles…Qui se souvenait de lui ?
« …S’ils me croient mort ? Puis je revenir comme ça ?…Non, j’ai fait tout ça pour revenir ici. »
Pouvait-il douter à un moment pareil ? Il était temps de rompre la solitude des voyages. Tout ces jours à marcher, ce temps passé à se débrouiller seul…Chasser, s’entraîner, fuir, errer, tout cela presque sans but…
A mesure que ses pensées progressaient, il accélérait le rythme, s’enfonçait dans le bosquet, s’attendant d’une seconde à l’autre à en voir la sortie, et derrière ce dernier, les portes de son village, les petites collines qui ne laissaient voir que celles-ci, le grand chêne au bord de la route, les odeurs familières, le son de la cohue dans la place, les cris du marché, le soleil qui baignait les maisons aux toits de paille…
Il repoussa un buisson qui lui bloquait le sentier et reconnut le chemin. Black courut pour franchir la distance qui le séparait de la lumière du jour, jusqu’ici cachée par l’ombre des feuillages.
Il sortit des bosquets et aperçut de loin les collines. Le chêne. Rien ne semblait avoir changé.
Il se mit à courir. Les palissades en bois vinrent dans son champ de vision. Plus qu’une centaine de mètre.
Essoufflé, il ne les lâchait pas des yeux. Obsédés par les souvenirs, il ne faisait plus attention à la fatigue. Encore quelques dizaines de mètres…
Lorsqu’il s’arrêta brusquement.
« Quelque chose ne va pas…Pourquoi ce silence ? Où sont les cris des enfants ? Où est le bruit des artisans ?…Quelque chose ne va pas… »
Il était arrivé à l’entrée du village. Son cœur se mit à battre de plus en plus fort. Il lâcha son sac, son épée dans un fracas lorsqu’elle heurta le sol. Il n’en avait rien à faire.
« Non !…Non ! »
Les maisons rentrèrent enfin dans son champ de vision. Personne dans les rues. Aucun signe d’activité. Des habitations aux volets fermés. Fermés depuis une éternité.
Black se rua vers la place. Chaque ruelles étaient vide, un silence mortel. A force d’avancer les maisons étaient abîmées. Puis les murs détruits. Les toits dévastés.
Le cœur battant à tout rompre, le souffle saccadé, il atteignit le cœur du village.
Ses pupilles se dilatèrent.
La place était ravagée. Tout ce qu’il avait connu était détruit. Les habitations réduites en cendres. Les façades tapissées de sang.
Illeria n’était pas un village.
Juste une ville fantôme.
Pourquoi ? Comment ? Quand ?!
Black tomba à genoux. Sans dire un mot.
« Ca…Ca n’a pas de sens ! Je…Je ne suis pas parti si…si longtemps…Mon oncle ! Je dois…Je dois… »
Il se releva brusquement. Ses jambes le guidèrent d’elles même vers la maison de son enfance. Il courrait dans les rues, ses pas raisonnaient dans le silence morbide qui régnait dans le village tout entier. Il tentait de garder son calme, s’accrocher à un espoir illusoire de retrouver les personnes qu’il avait tant voulu revoir. Il ne pouvait qu’agir. Bouger. Ou il sombrerait dans le désespoir.
Il tourna à l’angle de la route qu’il connaissait si bien pour tomber face à la forge.
Un lieu d’habitude si bruyant…Le calme plat…Rien…
Pas de bruits des marteaux tapant brutalement le fer brûlant. Pas de cris appelant de l’aide à ses apprenties. Pas de villageois venus observer le travail par curiosité.
Mais Black ne pouvait pas l’accepter.
-Il…Il y a quelqu’un ?!
La question était juste stupide, il pouvait crier aussi fort qu’il voulait, il ne pourrait rien y changer.
-REPONDEZ ! …Répondez…Quelqu’un…Par pitié…
Il dut détourner son regard de la forge. La vérité évidente l’empêchait d’y poser son regard plus longtemps.
« Qu’est-ce qu’il s’est passé… ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ici ?! Tout est détruit…Pourquoi ces ravages ? »
Black reprit son calme, presque à contrecœur. Son esprit à nouveau en ordre, il sentait quelque chose…quelque chose que lui seul pouvait sentir.
Une perturbation dans le flux de la magie…Ce désastre…
« …C’est…C’est un Spirits Holder qui a fait ça ! Il n’y a pas de doute…Le responsable est un Spirits Holder. Toute cette destruction ne peut venir de nulle part ailleurs…Je le sens. Mais pourquoi ? Un Spirits Holder…donc l’armée ? Luminea ? Non…Ca n’a pas de sens. Illeria est loyale à sa patrie. Obscuranti ? Le village est loin des frontières, en l’espace de quelques mois, Obscuranti n’aurait pas pu faire une percée jusqu’ici. Je le saurais…Le conflit est vers les Plateaux de l’Est depuis des mois…Alors qui ? Comment a-t-on fait disparaître la moindre trace de civilisation ici ?! Pourquoi…Et quel est l’intérêt de faire ça ?! Nous n’avons même pas de ressources dignes d’être pillées…Absolument rien…Même pas assez riche pour être attaqués…Et pas assez pour se défendre. Bon sang…Les habitants sont-ils tous partis…Ou sont-ils tous morts ? »
Il refusait de s’en convaincre. Mais que pouvait-il faire à présent ?
Son unique objectif jusqu’à présent…Etait parti en fumée. Cette hâte de rentrer, un aussi long voyage…Tout ça pour rien. Pour découvrir une ville en ruine.
Plus aucun proche.
Plus aucune maison.
Le néant.
« La guerre crée le chaos dans le cœur des Hommes, avant de le faire sur les champs de bataille. »
Arachias, ex-colonel obscuranti.
Sushi, toujours aussi bon, tu le sais bien. Tu approfondis toujours l'histoire, et la fait bien avancer. Et ce chapitre est très intéressant quand à la personnalité de Black. Je pense aussi qu'il lance véritablement l'intrigue.
Ben, comme d'hab, vivement la suite.
fuat que je lise
mais c'est long ...
![]()
J'ai eu le courage . En un smiley :
voyont voir si il va retourner sur ses pas ![]()
Le nom "Ren" vient de Shaman King, mais niveau personnalité, les deux personnages sont complétement différents, c'est juste qu'il me fallait un nom quoi. ![]()
Pour ce qui est de savoir si ce chapitre lance vraiment l'intrigue...je ne dirai rien, mais il est un peu tôt pour juger. ![]()
Moi, en tout cas, je le vois comme ça ![]()
« On dit que l’épée bat la hache, que la hache bat la lance, et que la lance bat l’épée. Je réfute toutes ces théories sur les armes : la seule chose qui importe, c’est l’imbécile qui l’a dans les mains. »
Partie 1 : Les contrées de sang : Chapitre Final.
Chapitre 5 : Résolutions.
Ylia.
Un petit village voisin d’Illeria. Faible population, faible richesses, mais très bonnes tavernes. Situé près des routes principales, il offrait aux gens de passage un accueil simple et chaleureux, si bien qu’il devint vite une étape obligatoire pour les voyageurs et les commerçants. L’ambiance des auberges et la ville sans problèmes offraient un cadre idéal pour s’arrêter une nuit ou deux, le temps de se requinquer avant de reprendre la route. Ou en termes moins subtils, boire jusqu’à en être ivre mort.
Tout poussait à faire la fête, de la chaleur des tavernes aux chansons paillardes. Néanmoins, il fallait toujours se méfier des vols fréquents la nuit tombée, et des hommes se baladant le visage voilé.
Le bâtiment était plein à craquer.
Les joues réchauffées par la chaleur des environs, Black se fraya un chemin jusqu’au barman, bousculé par certains clients un peu trop excités, et fixé par les voyageurs en bouts de table. Il trouva finalement un tabouret où s’installer.
Le jeune homme n’aimait pas prendre de table. Surtout à ce moment où il n’avait qu’une envie : être seul.
Le tavernier vint rapidement à lui.
-Ce sera ?
-…Un hydromel.
-Rien d’autre ?
-…Rien d’autre.
Black ne faisait pas attention à ce qui l’entourait. Il n’avait plus de but, aucun objectif, aucune idée de ce qu’il allait faire. Il s’était toujours dit qu’une fois de retour…La solution viendrait d’elle-même. Et voilà où il en était à présent.
De nouveau à l’état de vagabond. Il se tint la tête en réfléchissant à l’avenir.
Au moment où il put enfin faire abstraction du bruit ambiant, la cloche accrochée à l’entrée de l’auberge raisonna plusieurs fois.
Plusieurs soldats s’engagèrent difficilement à l’intérieur, compte tenu du fait que l’endroit était déjà bondé. L’un d’eux aborda le tavernier sans se préoccuper du reste de la clientèle.
-De la bière pour mes soldats ! C’est ma tournée !
Black essaya de ne pas y faire attention, mais la troupe resta un bon moment, gênant le reste des clients avec leurs attirails, et quelques rires couvrant le reste des conversations.
Heureusement, ils ne restèrent pas longtemps, mais repartirent en bonne forme.
Dès qu’ils eurent franchi la sortie, la tension ambiante parut retomber.
Le tavernier semblait plutôt gêné de leur intervention.
-Pfff…Au moins, j’aurais évité qu’il y ait une bagarre aujourd’hui.
Black hésita à entamer la conversation.
De toute façon, il n’allait pas rester sans rien faire éternellement.
-Il y a souvent des bagarres ici ?
L’homme parut soulagé de pouvoir parler de ses problèmes à quelqu’un, même un étranger.
-Les soldats, toujours les soldats. Ils s’embrouillent sans cesse avec la population. Et avec l’alcool…Mais aujourd’hui ils n’ont pas trop consommé. Enfin, c’est sans doute pareil ailleurs…
Son regard se posa sur l’épée de Black.
-…Vous m’avez l’air bien équipé voyageur.
-Uniquement en cas de légitime défense.
-Sans doute. Les routes ne sont jamais sûres. Où allez-vous ainsi ?
-…Aucune idée. Là où mes pas me porteront.
-Voilà qui n’est pas courant. Vous venez de loin ?
Le jeune homme mit un temps avant de répondre.
-…Illeria.
La face du tavernier s’assombrit.
-Je vois…
-Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
La question était tellement sérieuse que Black l’avait presque empreinte de menace.
-J’ai connu ce village. Ca n’a pas toujours été comme ça. Pourquoi n’y a-t-il plus personne ? Pourquoi tout a été détruit ? D’où vient le sang ?!
-Ce…Ce n’est pas récent…
-Pour moi si ! Qu’est-ce qu’il s’est passé ?!
-Ne vous énervez pas !
Il eut du mal à se ressaisir.
-…Je suis calme.
Son interlocuteur parut satisfait. Il baissa la voix d’un ton avant de lui répondre.
-Personne ne sait ce qu’il s’est passé. Tout est arrivé du jour au lendemain. En une seule nuit. Il n’y a que des rumeurs…
-Quelles rumeurs ?
L’homme parla encore moins fort.
-Les rumeurs…les rumeurs disent que c’est l’œuvre d’un obscuranti. En un soir, un unique homme, seul, aurait tué toute la population. Les habitants ont été massacrés jusqu’aux derniers. Sans raison. Quelques jours après, tous les cadavres ont été enterrés. Mais…il paraît que dans d’autres villages lumineans, la même chose s’est produite. Peu de fois, mais à chaque fois, c’est un vrai carnage. Ce ne sont que des rumeurs, mais des rumeurs effrayantes. Qui sait si la prochaine ville sur la liste n’est pas Ylia ?
Black se moquait du sort d’Ylia. Maintenant, il avait la certitude que son oncle était mort.
Pour le moment, une seule chose importait.
-Qui est cet homme ?
-Aucune idée. Je ne crois pas à cette histoire. Un homme seul qui rase un village ? Vous imaginez la puissance de cette personne ? C’est inhumain.
-Et l’armée ne fait rien ?
-L’armée a suffisamment d’ennuis avec la guerre. Elle n’a pas le temps de traquer les menaces invisibles.
-Par contre, elle a le temps de passer dans les bars ?
La dernière remarque était fortement ironique, et le tavernier semblait vexé. Le jeune homme comprit que s’il n’aimait pas les soldats du coin, il croyait peut-être ardemment en la victoire de Luminea.
D’un certain côté, c’était difficilement reprochable. Depuis des générations, toute la population était conditionnée dans l’idée d’aider la nation par tous les moyens. C’était une des raisons pour lesquelles la guerre ne faisait pas diminuer les naissances. Un enfant était un soldat potentiel.
Le barman le mit en garde.
-Si j’étais vous voyageur, j’éviterai de répéter ce genre de choses à n’importe qui. N’oubliez pas qu’ils donnent leur vie pour leur patrie.
-Et eux, ils allaient donner leur vie pour leur patrie peut-être ?
Ce n’était pas Black qui avait parlé.
A côté de lui, une personne dont le visage était caché par une capuche venait de se joindre à la discussion.
-Ces hommes ne sont pas là pour faire une patrouille. Je les ai vus dehors. Ils sont trop nombreux pour ça. Le front est à des lieux d’ici. Alors qu’est-ce qu’ils font ici ?
La question était polie, tout en demeurant d’un sérieux extrême.
Le tavernier répondit avec plus d’animosité.
-Ils vont éradiquer les hérétiques dans votre genre. Vous devez connaître Felia ? Ce village qui passe son temps à provoquer l’armée par tous les moyens possibles. Et bien notre monarque en a assez qu’on se moque de son autorité. La dernière fois, j’ai entendu dire que les soldats ont été très mal reçus…Ce genre d’insoumission n’est pas toléré. On ne conteste pas les forces supérieures…Alors il a été donné pour ordre de raser Felia.
Black faillit s’étrangler avec son hydromel. Il reposa violemment son verre et tenta de garder son calme. L’image d’Illeria détruit retentit dans son esprit. Il crispa ses mains sur le comptoir en bois pour garder une voix posée. L’étranger le remarqua, mais le barman n’y prêta pas attention.
-Qu…Quand ?! Quand on-t-il prévu… ?
-Demain soir. Quelque chose ne va pas étranger ?
Il poussa son verre à moitié plein et se dirigea vers la sortie.
La nuit était tombée.
Le jeune homme n’avait passé que quelques heures à Felia. Seulement quelques heures et pourtant…
« La même tragédie ne se reproduire pas ! Les habitants sont-ils seulement au courant ?! Cette décision est complètement irraisonnée !…Le roi est malade ?! »
Le roi de Luminea…Un homme posé et peu bavard qui ne se présentait que rarement au public. Il restait dans les contreforts de la capitale de Luminea, dirigeant les troupes de loin, par le biais des généraux de chaque bataillon. Comment pouvait-il en être venu à une telle décision ?
http://www.youtube.com/watch?v=AUfc4Wel_Dk&feature=related
Black était résolu à faire quelque chose. Il ne pouvait pas rester là les bras croisé, tandis que Felia attendait lentement sa destruction !
« Demain soir…C’est un délai impossible, à moins qu’ils ne soient tous à cheval. Mais moi à pied, je n’y arriverai jamais dans les temps ! »
-Tu comptes les aider n’est-ce pas ?
La voix le fit tressaillir. Il se retourna brusquement. L’homme voilé de tout à l’heure.
Il sortit son épée et la brandit vers lui.
-Vous comptez m’en empêchez ?
-Non. Tu sais que tu n’atteindras pas Felia à pieds.
-Qu’est-ce que vous suggérez ?
A ce moment, l’étranger souleva sa capuche. De longs cheveux blonds sortirent à l’air libre.
Elle parla soudain d’une voix sensiblement différente, bien qu’empreinte de détermination.
-Faisons route ensemble.
-Vous êtes une femme !
-Et j’ai un cheval. Vous êtes à pied.
-Pourquoi voulez-vous aider Felia ?
-J’ai mes raisons. Comme j’imagine que vous avez les vôtres. Le village n’est pas encore au courant, la décision est récente. J’en suis certaine. Mais je suis toute aussi sûre que des renforts ne seront pas de refus. Viendrez-vous avec moi ?
Ce n’était pas une question, il savait déjà qu’il répondrait oui.
-Que pensez-vous faire de plus ?
-Felia est condamné. Mais le village n’est pas encore détruit. Je compte prévenir les habitants et leur laisser le temps de fuir. Au mieux…garder le village intact. Il faudra retenir les troupes, c’est évident. Si nous voyageons sans nous arrêter, nous y serons quelques heures avant eux.
-Saurez-vous vous battre ?
Elle sourit.
-Je vous retourne la question.
-…Il n’y a pas de temps à perdre. Partons.
La femme fit tomber sa cape pour dévoiler les vêtements légers des mages.
Elle commença à marcher en direction de l’écurie.
-Les choses sont donc réglées.
Durant la journée complète qu’ils passèrent sur à cheval, Black en apprit un peu plus sur son aide miraculeuse. Elle s’appelait Selena, et n’était pas originaire de Felia. Il n’avait pas retenté de lui demander ses motivations mais savait qu’elle parlait honnêtement. Son cheval gris, Tempête, était bien plus robuste qu’il ne l’aurait cru. Peu de ces bêtes étaient capables de soutenir deux personnes sur une si longue durée. Dans les légendes, on assimilait certaines races aux Galopa, des chevaux de feu sacrés sur lesquels voyageaient les chevaliers divins. Peu fantaisiste, Black dû toutefois admettre qu’il ressentait cette même impression.
Toutefois, il ne cessait d’être d’inquiet : il devrait sûrement tuer pour se défendre. Ses adversaires ne seraient certainement pas de simples bandits…il n’était pas question qu’il retienne ses coups. Heureusement, lorsque le jeune homme pensait à la cause pour laquelle il se battait, et l’injustice qu’il voulait arrêter…il était sûr d’avoir fait le bon choix.
Pour Illeria.
En fin d’après midi, tout deux arrivèrent aux abords d’Erebea, la forêt traitre.
A l’orée des bois, ils descendirent de Tempête. Black était soucieux. Ils ne pourraient pas passer à cheval, et la nuit, la traversée serait…
-Selena, comment comptes tu faire à présent ?
Elle ne semblait pas perturbée.
-Tempête attendra notre retour. Les chevaux sont intelligents. Celui là plus que les autres. Sinon…Je l’appellerai par le vent.
Il ne posa pas de questions sur cette dernière affirmation. Il restait un problème.
-Et pour la forêt ?
-Je connais à peu près le sentier. Suis-moi Black ! Nous ne pouvons pas perdre plus de temps !
Elle se dirigeait déjà vers la forêt.
Black dût courir pour la rattraper.
-Je sais que les lieux sont impraticables la nuit. Nous n’aurons peut-être même pas à affronter nos ennemis.
-Tu es trop naïf Black. S’ils ont un éclaireur, ils avanceront. Lentement, mais sûrement. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre du temps.
Selena avait raison. Il s’en voulut d’avoir été aussi bête, un peu gêné aussi. Mais pour le moment, il fallait se contenter de progresser.
http://www.youtube.com/watch?v=1cH2X0g1L-Q&feature=more_related
A peine sortit d’Erebea, Black reconnut le village. Il se rua vers la place, suivi de Selena.
Elle l’empêcha de continuer d’un mouvement de bras.
-Tu es déjà venu ici, j’imagine. Je m’occupe de donner l’alerte. Toi, tu dois trouver quelqu’un du nom de Serah. Elle….
-Je sais qui c’est.
-Parfait, dit lui que nous avons besoin de combattants. Nous sommes trop lourds pour que Tempête aille aussi vite que les autres chevaux. Il est donc probable que nous ayons de la compagnie dans moins d’une heure ou deux. Quand tu l’auras averti, attends-moi au début du sentier. Il faut les arrêter tant qu’ils sont sur un terrain défavorable. La forêt nous servira de couverture.
Il n’aimait pas recevoir des ordres, mais pour le moment Selena était mieux placée que lui pour parler.
La maison de Serah lui revint en mémoire. Il arriva rapidement devant le bâtiment à un étage qui lui servait de cabinet. Black ne prit pas la peine de frapper et entra directement, lorsqu’il vit que la porte n’était pas fermée.
Le hall était joliment décoré mais il n’avait pas le temps de faire attention au mobilier.
-Serah !
Il entendit des pas descendre des escaliers.
-Qu’est-ce que…Black ?! Encore une histoire de cheville ?
-Felia est en danger. Dans moins d’une heure, des soldats vont venir raser le village.
-Hein ? Je…Je ne comprends pas…des soldats… ?!
-Fais-moi confiance. On m’a dit que tu connais la plupart des gens ici. Rassemble ceux qui peuvent se battre et postez-vous sur le sentier Sud. Ils devraient arriver par là.
-Mais…Oui. Je m’en occupe.
-Dans ce cas…
Elle lui prit le bras au moment où il allait partir.
-Juste une chose. Pourquoi es-tu revenu ?
-On vous attaque parce que vous ne voulez plus vous soumettre à l’armée. Ce simple fait…est une raison suffisante pour moi.
Il lui tourna le dos et se mit en direction de la forêt.
« S’ils ont prévus d’attaquer par surprise, nos ennemis ne devraient pas être très nombreux…Je devrais pouvoir gérer les premiers. »
Il faisait complètement nuit lorsque Black rejoignit le point de rencontre. Personne n’était encore prêt. Mais il ne pouvait rester inactif. Il ferma les yeux et tenta de ressentir la présence des soldats.
« …Ils sont plus rapides que je ne l’aurais cru ! Le bataillon s’est déjà engagé dans les bois ! Mais…Certains se sont perdus. Ces idiots ne savent pas que les lieux sont dangereux. Je devrais pouvoir m’occuper des isolés ! »
Au bout d’une dizaine de minute, la présence devint plus forte, Black savait qu’il y avait un soldat tout proche. Il sortit du sentier et se plaqua contre un arbre plus en hauteur. Un homme en armure blanche entra dans son champ de vision, armé d’une lance. Considérant qu’il s’était caché assez longtemps, Black bondit hors de sa cachette.
( http://www.youtube.com/watch?v=rW4YDW2I0Jo&feature=related en boucle)
-Les profondeurs de la terre s’ouvrent sous les pieds du guerrier ! La chaleur abyssale du monde déchu rejoint le brasier des âmes disparues ! Feux de l’Enfer, réagissez à mon appel ! Solidifiez vos pouvoirs ancestraux ! Reforgez ma lame de votre souffle embrasé ! Epée du démon ! Daemon Spatha !
Sa paume brilla et une force sombre partit de sa main vers la lame de son épée bâtarde maintenant empreinte d’une aura noire comme la nuit.
« Je ne peux plus reculer. J’ai choisi mon camp ! »
Le soldat était encore sous la surprise. Black ne perdit pas une seconde et transperça sa côte de maille comme du beurre, de la pointe de son épée affutée. Son adversaire vacilla en se tenant la hanche.
-Espèce de…
Il tenta de riposter avec sa lance, mais sa blessure rendit le coup très brouillon. Black l’esquiva sans mal et l’assomma avec le manche de son épée.
Il soupira.
Sans sa capacité à ressentir les autres, il était bien capable de se perdre à son tour. Il s’apprêter à revenir en arrière quand le bruit d’armes à proximité attira son attention.
« Merde ! Il y en a d’autre ! »
Il jeta un regard au corps du soldat qu’il n’avait pas eu le courage de tuer, avant de se mettre à nouveau en garde.
Deux épéistes arrivèrent, leur regard allant vite de leur camarade au responsable de sa défaite.
-Les rebelles vont mourir !
-Dans ce cas je n’aurais plus à me sentir coupable.
Black fonça vers le premier, conscient qu’en deux contre un, prendre l’initiative serait peut-être sa seule chance. Le soldat para le coup et contre attaqua. Black dû ramener son épée vers lui pour l’arrêter et vit le second venir vers lui. Il se prépara à reculer quand une flèche se planta dans l’épaule de son agresseur.
Le jeune homme n’en attendit pas plus pour lui asséner un coup d’estoc.
« Il aurait fait pareil à ma place. »
Le soldat du début voulut venger son camarade, mais une seconde flèche vint se loger dans son torse. Black le descendit à son tour.
Alors il regarda dans la direction des traits.
-Mais…
De là où il se tenait tout à l’heure, se trouvait à présent Ethan, le garçon qu’il avait rencontré quelques jours plus tôt.
-Ethan !
-Besoin d’un peu d’aide ?
-C’est dangereux, tu ne peux pas…
-Vous vous battez pour nous. Laissez-moi vous rejoindre. Je n’aurais pas la sensation de savoir manier un arc pour rien.
A son regard, il ne faisait aucun doute qu’il était déterminé.
La sensation de deux autres soldats en approche le fit réagir.
« J’en tue un et tout les autres rappliquent ! »
-Ethan, mets toi à l’écart !
Black savait qu’il ne pourrait peut-être pas tous les abattre. Et pourtant…il n’invoquerait Noctali qu’en dernière nécessité. Il ne pouvait pas le faire devant son compagnon.
Il courut vers ses adversaires avant de comprendre son erreur.
Un mage était parmi eux.
Les deux autres de simples épéistes casqués. L’un d’eux engagea le combat avec Black pendant que le mage commençait des incantations. Etrangement, le dernier ne bougea pas.
Le soldat tenta de le transpercer d’un coup d’estoc. Le jeune homme esquiva d’un cheveu, mais c’était trop tard, le magicien lança son sort.
A sa grande surprise, rien ne se passa.
-Black, bouge !
A la voix de Selena, il s’exécuta immédiatement. Un éclair frappa à l’endroit exact où il s’était tenu quelques secondes plus tôt. La jeune femme le rejoignit alors.
-Tu n’étais pas au point de rendez-vous !
-Ils sont arrivés plus tôt que tu ne le croyais.
-Hmm…Je me charge de tes ennemis. Prend le soldat en retrait.
Elle commença un sort. Black ne fit pas attention à la suite, concentré sur son nouvel adversaire. Ce dernier se mit sur la défensive.
Le mouvement rappela au jeune homme d’étranges souvenirs.
( http://www.youtube.com/watch?v=zWbM4LcNmjc&feature=related en boucle aussi)
-Un instant, tu…
Le soldat tenta maladroitement de le frapper. Black para sans difficulté et lui arracha son casque.
-J’en étais sûr !
-Monsieur…
-Ren ! Que fais-tu ici ?!
Il n’arrivait pas à en croire ses yeux.
-J’ai eut des problèmes depuis nos adieux à Silicia…
Du coin de l’œil le jeune homme vit Ethan bander son arc. Il lui fit un signe de la main.
-Ne tire pas ! …Ren, comptes-tu vraiment te battre contre moi ?
-Je…Je ne veux pas…Mais le général a dit…Je ne sais pas quoi faire !
Black le secoua.
-Ren ! Pourquoi as-tu dû aller à Silicia en premier lieu ?! Souviens-toi !
La lueur dans ses yeux parut changée.
-M…Black. Vous avez raison. Je…Accepterez-vous que je me batte à vos côtés ?
-…Ne te blesse pas.
-…Oui !
Selena en avait fini avec son adversaire. Elle rappela Black à la réalité.
-On a un problème ! Nous sommes débordés de l’autre côté de la forêt ! Alex et Serah…Ils s’en sont chargés, mais c’est trop pour deux personnes. Et Serah ne sait pas très bien manier une épée. Il faut revenir dans Felia !
-Je vais y aller. Restes-ici avec Ren et Ethan, occupes-toi des autres soldats dans la zone.
-Tu ne suffiras pas à…
Il la coupa, il n’avait plus le temps.
-Je vaux largement plus que trois guerriers. Crois-moi.
Black fonçait aussi vite que possible à travers les feuillages, sont esprit focalisé vers le village. Sous le ciel étoilé, les bruits des insectes l’entouraient de toute part. Essoufflé de courir sans cesse, ses membres lui faisaient mal, mais il faisait tout pour ignorer la douleur. D’un autre côté, c’était une chance incroyable qu’il n’ait pas encore été blessé. Les renforts arrivaient toujours au bon moment. Mais que ferait-il lorsque cette chance s’arrêterait ?
Lorsqu’il arriva aux portes du village, il comprit que la situation était critique. Sa conscience de mage lui indiquait que les soldats étaient déjà au cœur du village.
« Je ne laisserai pas ça arriver ! »
Black atteignit la grande place.
A cet endroit se tenait dos à dos, Alex avec une hache, et un archer dont il ignorait l’identité, contre trois adversaires. Derrière eux, Serah était acculée contre un mur, tenant comme elle pouvait face à un soldat qui prenait un malin plaisir à faire durer le combat.
« Je ne pourrai pas tout gérer seul… »
Il était temps de profiter de son don exceptionnel.
Black déplia son parchemin, un doigt entaillé.
-Nuits des crimes oubliés ! Soirs du ciel assassin ! Que les ténèbres submergent la bataille ! Que la lueur s’éteigne dans le cœur de mes ennemis ! Montre tes crocs, brandit tes griffes ! Félin de la Lune, Noctali ! Felis Luna, Noctali !
Le chat bondit hors de sa « cage », comme il en avait l’habitude.
-…Aide ces deux là.
Le félin cligna lentement des yeux signe qu’il avait compris sa tâche. Black reporta son attention sur Serah.
-Lâchez-moi ! C’est ça l’armée lumineane ? Un tas de soldats dégoûtants ?!
Elle faisait tout ce qu’elle pouvait mais son adversaire ne faisait que ricaner.
-Tu n’es pas très douée ma jolie ! Si tu continues à te défendre aussi mal, je pourrai bien te blesser !
Sur ces mots, il leva bien haut son épée…et Black lui agrippa le bras.
-Rassures toi, ça n’arrivera pas.
Son ennemi lui donna un coup de coude dans le ventre. Le jeune homme recula, le souffle coupé. L’autre contre attaqua immédiatement, empêchant son adversaire de réagir comme il l’aurait voulu.
Black reçut une entaille à la hanche.
Il poussa un juron et repoussa l’épée du soldat avec rage. Ce dernier prit au dépourvu laissa sa garde grande ouverte.
Le garçon lui transperça le corps.
-…Pourquoi ne pouvez-vous agir sans dignité ?
Il s’effondra au sol. Black réalisa soudain la douleur de sa blessure. Il vacilla, mais Serah le soutint par réflexe.
-Je vais arranger ça !
Elle ferma ses yeux pour se concentrer, et murmura quelques vers à voix basse. La plaie du jeune homme se referma d’elle-même.
-C’est très superficiel, mais ça devrait aller pour le moment. Black…Merci d’être venu. Je suis désolé de ne pouvoir t’être plus utile.
-Tu fais de ton mieux. Les villageois sont partis ?
-Ils traversent la forêt de l’autre côté. La plupart vont se réfugier chez leurs proches pour un temps. Maintenant il ne reste qu’à protéger le…
Elle s’interrompit.
-Black !
Serah lui désigna un homme en manteau rouge. Ce dernier semblait se concentrer, devant les huttes en hauteur.
« Qu’est-ce qu’il fait ?! »
Il ne prit pas la peine de rengainer son épée et courut vers le mage. Alors qu’il était presque sur lui, les maisons faîtes avec les matériaux de la forêt commencèrent à prendre feu.
Horrifié, Black marmonna un chapelet d’insulte avant de se jeter sur lui. Le magicien ne l’avait pas vu arriver. Il fut abattu de sang froid.
Et cette fois, le jeune homme n’éprouvait pas de remords.
« On ne pourra pas arrêter l’incendie… ! Felia…Felia est tombée. »
Le bruit des combats le ramena à la réalité.
Il remarqua que Noctali était revenu à ses côtés, assez mal en point.
Alex et l’inconnu semblait toujours se battre…contre un dernier soldat armé d’une lance gigantesque. Il portait une armure lourde rendant les flèches presque inefficaces. Et hélas, ça ne le ralentissait pas suffisamment pour encaisser les assauts de l’autre guerrier.
http://www.youtube.com/watch?v=Z0v-SM3ddgI&feature=related
-Ecartez vous, vous deux !
Black s’immisça au milieu de leur combat. L’homme en armure recula de quelques pas. Le Spirits Holder pointa son doigt vers lui.
-Vous ! Vos forces ont été repoussées dans leurs totalités. Le village est en flamme, mais les villageois se sont échappés. Votre mission est un échec. Je vous laisse encore une chance : battez en retraite.
-Un Spirit Holder qui n’appartient pas à l’armée ? Intéressant…Je suis le général Hawthorne. Battre en retraite après un échec est indigne d’un soldat. C’est un duel que tu veux ? Je me battrai jusqu’à la mort !
-Je ne peux pas perdre. Je me bats pour la cause que je pense être juste. Vous vous battez parce que se sont vos ordres !
Black se mit en garde. Le général fit deux pas en arrière avant de projeter sa lance vers lui. Le jeune garçon bondit en arrière. Il profita de l’ouverture.
-Noctali, Feinte !
Le chat était passé derrière son adversaire. Il se jeta sur lui dans un rugissement féroce, toutes griffes dehors. Ce n’était pas assez pour entamer l’armure, mais ça suffirait à le déstabiliser.
Black plongea son épée vers le buste de son adversaire. Elle failli traverser la solide défense de l’ennemi, mais ce dernier eut le temps de se rétracter, ne provoquant qu’une minuscule éraflure. Un adversaire normal aurait été blessé. Le garçon paniqua en voyant la lance revenir. Heureusement, Noctali réagît à temps et lui mordit le bras. Cette fois, Black ne laisserait pas passer l’occasion.
-Ondes ascendantes, flux descendants, entrechoquez vos désirs inversés ! Que le mélange des ténèbres emmêlées, rassemble ses forces dans ma poigne de fer ! Spirale Infernale ! Spira Infernalis !
L’épée dans la main gauche, l’énergie noire dans la main gauche, il fonça au contact. Arrivé au point de pouvoir toucher son adversaire, Black posa sa main sur l’armure du guerrier. Sa barrière vola en éclat au point d’impact, laissant la poitrine sans défense. De son autre main, il envoya sa lame le transpercer de part en part.
Le général tomba à genoux.
-Roi Lehantos…J’ai failli…
Black resta immobile un moment. Cet homme n’était pas forcément mauvais. Il suivait les ordres. Avoir était contraint de le tuer le répugna.
Il sentit quelqu’un le secouer.
-Black, le village est en flamme ! Il faut partir !
La voix de Selena lui parut lointaine. Il lui fallait quelques minutes pour revenir la réalité.
En retrait, Serah était en train d’aider Alex et son ami, blessés. Ethan et Ren étant en bonne santé. Mais le crépitement des flammes…L’incendie…Il n’avait pas pu empêcher ça…
Il sentit quelqu’un qui lui prenait le bras. En semi-léthargie, il quittait le village avec ses derniers habitants. Ils atteignirent la forêt, mais la lueur du feu était encore visible. Black marchait l’esprit ailleurs.
A nouveau en train de fuir.
Toujours en train de fuir.
« …Je suis impuissant. »
Fin de la partie 1 – Les contrées de sang.
flemme de lire
... tout à l'heure ![]()
Si tu pouvais éviter de mettre ça à chaque fois que je poste la suite...^^'
Ah ... pardon
.
Mais je viens de lire Kanto's Stories ... ^^
Non, c'est pas grave, je veux juste dire que tu n'es pas obligé de le préciser. ![]()
Tout lu. Bon, j'ai bien aimé l'allusion à Fire Emblem dans la première phrase avant le chapitre. Et le chapitre en lui même est des plus intéressant. J'ai été surprise que la fille s'appelle Sélénia, je m'attendais à ce qu'elle s'appelle White. Quand est-ce qu'elle va enfin apparaitre ? J'aime bien le caractère de Sélénia. Et j'aime bien Black.
Continue ![]()
C'est toujours manifique, le combat est superbement décris et les musiques collent si bien
Quand on fini de lire le passage, elles s'arrètent, comme pas enchantement
Après, c'est très éloigné de pokémon, et il faut aimer le style
Pour ma part, je en suis pas fan, mais je trouve ça "bon" ![]()