Chapitre 1:
C'est en enlevant mon t shirt que je les ai vues. Elles étaient au nombre de trois, me parcourant tout le buste. A vus d'œil, elles devaient mesurer à peu près cinquante centimètres chacune. Bon sang! J'essayai de rassembler mes souvenirs perdus mais rien à faire. C'était le trou noir total dans ma tête. Une voix féminine me perturba dans mes réflexions et me fit détourner du miroir:
Inconnue: "Jolies cicatrices. Tu les as eu comment?"
Une jeune femme se tenait à l'entrée de mon dortoir. Elle devait faire la même taille que moi, dans les 1mètre75, possédant un joli minois muni de yeux bleus ainsi qu'une chevelure rousse. Certaines mèches de ses cheveux mi long lui couvraient un peu les yeux. Malgré les vêtements d'homme qu'elle portait (un débardeur blanc plus gros que son gabarit et un pantalon vert foncé large), j'arrivai quand même à distinguer une poitrine harmonieusement proportionnée à son corps, sans virer dans l'excès. Sincèrement, elle était agréable à regarder. Très agréable. Je fis tellement fasciné par sa gueule d'ange que la seule phrase m'ayant venu à l'esprit était:
L'amnésique: "Je... Franchement, je n'en sais rien..."
L'inconnue: "Comment ça tu en sais rien ?! "
L'amnésique: " Je suis victime d'amnésie, je n'ai aucune réponse à ta question malheureusement"
Inconnue: "Ah je me souviens maintenant! Tu es cette espèce d'épave qu'on a retrouvé blessé sur le sol! Ça ne se voit pas mais tout le monde parle de toi ici. Involontairement, tu es devenu en quelque sorte une star malgré ton statut de légume" .
L'amnésique: "Euh, je..."
Inconnue: "Bon, ce n'est pas grave. Je vais quand même me présenter. Je m'appelle Gally. Je suis mécanicienne. En gros, mon job consiste à réparer et entretenir les navettes, les foreuses ainsi que les véhicules tout terrain."
L'amnésique: "Ah........ Euh, ok"
Gally: "............Super, j'adore nos conversations. Bon, ce n'est pas que je m'ennuie mais j'ai mon estomac qui crie famine, et c'est déjà l'heure des repas du soir. A plus!
L'amnésique: "Ouais........"
Gally: "Une dernière chose, évite de créer des problèmes avec les gens de cette colonie. Même avec la présence de quelques militaires, il n'y a aucun système judiciaire ayant cours sur cette planète. Si tu fais du tord à quelqu'un, prépare toi à le payer de ta vie... Bon, sur ce, je vais manger."
Encore désorienté par mon nouvel environnement et totalement dominé par la peur de rencontrer les autres résidents, je décidai de rester dans le dortoir. Allongé sur mon lit, je tentai à nouveau de rassembler les fragments de mon passé obscurs. Un quart d'heure plus tard, une autre personne rentra dans la pièce. Il s'agissait de mon colocataire, je fit donc contraint de faire sa connaissance. Après plusieurs minutes de discutions, un climat de confiance commença à s'installer entre nous deux. Je lui raconta ma situation actuelle et réciproquement il fit de même. Il s'appelait Bob. Bob le boulet, Bob l'abruti, Bob le sumo, Bob le gros lard, Bob le phoque, le gros Bob, tels étaient les surnoms que son entourage lui attribuait. Il fallait avouer qu'il ne possédait pas un physique de rêve avec son petit corps obèse et sa grosse barbe noire de terroriste. Et pour enfoncer le clou, son travail n'était pas très glorieux. De son ancien statut de marine, il occupait aujourd'hui le poste de concierge. Un pauvre type qui n'a pas eu de chance en somme. Il me faisait pitié..... Mais je ne valais guère mieux...
Finalement, Bob finit par me convaincre d'aller manger un morceau avec lui. C'est en arrivant à la cantine du bâtiment que les mauvaises surprises s'enchainèrent. A commencer par la nourriture douteuse qu'on nous servait. Un plateau repas contenant un petit pain, une bouteille d'eau, 2 pommes, et en guise de plat principal, une sorte de purée de pomme de terre marron claire avec des petits carrés visqueux rouges au centre de l'assiette. Après avoir choisi une table, Bob commença à manger comme un porc cette drôle de mixture tandis que je me contentais de renifler mon assiette.
L'amnésique: "Bob, c'est quoi cette merde? Ça sent le pourri en plus, comment peux tu manger ce truc immonde?"
Bob: "On ne choisit pas ce qu'on bouffe ici. Tu t'y habitueras..."
L'amnésique: "M'y habituer? Ha non je ne crois pas...."
Bob: "Tu n'as pas le choix... C'est ça ou crever de faim..."
L'amnésique: "Au fait, tu es au courant pour cette histoire d'épidémie?"
Bien sur qu'il savait des choses, des détails croustillants d'ailleurs... D'après lui, ça s'est déclenché après avoir déterrer cet artefact en forme de gros caillou. Peu après, des ouvriers et des scientifiques ont vu leurs santé mentales se dégradée sévèrement. Certain d'entre eux se mutila le visage et s'arracha leur chair avec leurs dents, d'autre se mit à tuer leur proche sans aucune raison, sans parler de ceux qui mangea leur excrément. Il était même question de mutation génétique...Je ne voulus pas le contre dire, mais je n'en crus pas un seul mot.
J'aperçus Gally au loin. Ça aurait été un plaisir de l'inviter si seulement on nous avait laisser tranquille... Deux hommes s'arrêtèrent à notre table, nous fixant droit dans les yeux. Leur carrure était comparable à celle d'un gorille sans parler de leur tronche aussi vilaine que menaçante. Et sans prononcer un mot, l'un deux m'envoya un violent crochet à la mâchoire.