PART VIII
Agent Stanislas Keynes
Station Diniz
Cible prioritaire
Agent prédateur : Mullway
En sortant de la navette, une foule de personne nous entourait mais ne nous attendait pas. La panique emplissait les rues, les secours s’affolaient pour soigner les blessés, des cellules psychologiques ont été mises en place afin de venir en aide aux plus déboussolés. Déja des agents du gouvernement veillaient au grain et débriefaient les différents représentants de la station. Mason et moi étions sur le ponton, nous nous étions arrêtés.
-Merde, Keynes, t’arrêtes pas…qu’est ce que tu fous ? Magne personne ne fait attention a nous !
-Pour l’instant, mais vu ton grade ils vont nous tomber dessus comme des mouches…
Déjà la sécurité s’approchait. Lentement mais surement, le piège se refermait sur nous. Ils allaient nous interroger un par un, découvrir que je possèdais les mêmes rigs que le flic, et s’en serait finit de ma cavale. Je me voyais déjà exécuté anonymement dans une sinistre cellule, par mon remplaçant. Ma main glissait lentement vers mon arme quand soudain un coup de feu éclata. Un homme qui sortait aussi d’une autre navette se faisait appréhender et ne se laissait pas faire.
- Laissez-moi ! Je sais ce que j’ai vu !! C’est entièrement de votre faute ! Vous ne me demanderez pas de me taire !!
Les agents de sécurité, armés, n’étaient qu’à quelques mètres, Shepard hésitait à tirer. Ils avaient détourné la tête pour assister à la scène. L’homme se débattait toujours, avec hargne et bravoure. Il tirait toujours des coups de feu, mais les agents lui tenaient les bras et l’obligeaient a tirer en l’air. Les déflagrations claquaient les tympans et ajoutaient au chaos ambiant, symbole du stress que chacun avait vécu sur Astridius.
-C’est le moment ! On se casse d’ici avant qu’ils ne reviennent vers nous !
-Non…attend ! J’y suis presque !! Je connais leurs codes de rigs !!
-Et alors ?!
-Attends juste deux secondes… !
-Mais on n’a pas deux secondes !! Regarde par toi-même ! Ils vont nous choper !! Tout sera bientôt foutu !!
Je sentais la sueur perler sur mon front tandis que discrètement je pianotais sur un hologramme miniature affiché sur mon poignet gauche. La réception était bonne sur l’aire d’atterrissage d’urgence et je parvenais non sans mal a pirater les rigs de la sécurité de la station de Diniz. Le firewall avait été mis à jour pendant mon absence et je mettais plus de temps que prévu. Le temps s’écoulait très vite et je ne m’étais même pas aperçu qu’un jeune caporal était déjà en face de moi.
-Monsieur ? Veuillez décliner votre identité s’il vous plait. Simple procédure.
-Oui je…un instant s’il vous plait…
Shepard me bouscula et engagea la conversation avec l’agent qui s’impatientait. Il me regardait bizarrement et déjà doutait du bienfondé de notre présence sur Diniz.
-Ecoutez jeune homme ! Nous avons fait un long voyage jusqu’ici, vous pouvez quand même nous laisser souffler un peu non ? Nous sommes tout de même survivants d’un cataclysme planétaire !
-Monsieur veuillez rester ou vous vous trouvez ! J’ai besoin de connaitre l’identité de l’homme qui vous accompagne. Monsieur ! Je vous ai posé une question ! Veuillez répondre à un agent fédéral !
Lentement, je finis de tapoter sur les touches de mon hologramme. Le chargement des nouveaux rigs commençait à peine. Shepard et Morgane me regardaient avec des gros yeux. Déjà, leurs agents survivants qui se tenaient derrière se préparaient à tirer sans que nos interlocuteurs ne s’en rendent compte. Je relevais la tête et regardai d’un air ahuri le jeune homme qui gardait un air des plus sérieux.
-Je…je m’appelle…
-Il est encore sous le choc, veuillez le laisser tranquille…
Le caporal sortit une matraque d’une poche de son pantalon et la porta au cou de Shepard. Les réactions de ses compagnons d’armes furent mitigées et celui-ci leva la main dans leur direction en signe de calme. Le chargement pris fin, je lis le texte affiché sur mon petit écran devant les yeux ébahi de la recrue devant moi, qui accompagnait son caporal.
-Mon nom est Henrich Krouchtchev , sergent de réserve au secteur 4 de Diniz !
Méfiants, le caporal relâcha l’officier d’Astridius et vint vérifier mes dires. Il porta plusieurs fois ses yeux sur mon hologramme ainsi que sur les siens qui lui confirmèrent l’absence de falsification. Le subterfuge marchait de justesse.
-Vous êtes de la maison, pourquoi ne pas l’avoir dis plus tôt sergent ? Que faisiez-vous sur Astridius ?
-Mes occupations personnelles ne vous regardent pas caporal. Maintenant laissez nous passer.
Shepard lui montra un sourire vengeur et tendit la main vers Morgane en guise d’invitation à descendre enfin sur le ponton. Celle-ci la lui prit et nous pûmes assister à une scène digne du 18e siècle entre un gentleman et une demoiselle qui posait en même temps le pied sur la « terre ferme ». Je me heurtais alors à une masse. Un homme imposant avait rejoint les deux troufions.
-Pas si vite. Je veux connaitre l’identité de vos amis.
Je tournai la tête vers Shepard qui ne savait quoi dire. Mon index glissa vers mon hologramme en guise d’indice. Mais Mason essayait toujours d’articuler et rien ne sortait de sa bouche. Sa main commençait à soulever sa lourde arme en bandoulière. Morgane lui souleva rapidement la main gauche.
-Chérie voyons ! Répond au lieutenant ! Nous sommes tous les deux monsieur et madame Kennedy et nous étions en permission sur Astridius pendant la catastrophe.
L’hologramme sur le poignet gauche de shepard confirmait bien les dires de Morgane qui adorait jouer les espionnes. Les yeux fixes, je regardais ce lieutenant qui visiblement aimait jouer les fouilles merde. Ses petites lunettes de gratte papier montraient un personnage pointilleux. S’il cherchait plus loin, il allait découvrir rapidement la supercherie. Il commençait déjà à vérifier les identités données dans le registre de la station Diniz. Mon rythme cardiaque s’accélérait et un bip sonore retentit. Le caporal me regarda, amusé.
-Une monté de stress, « sergent » ?
Je ne répondis pas, je savais déjà comment le tuer. Je préparais mon arme, attendant la réaction du lieutenant lorsqu’il découvrira que nous sommes en fait de la vermine prête à tout pour sauvegarder sa vie misérable, comme détruire tout un bâtiment de la SCT, par exemple. D’autres coups de feu retentirent au loin. Décidément, les survivants d’Astridius étaient tous armés et se méfiaient de tout le monde. Le lieutenant reçu alors un appel radio et d’un geste de la main, ordonna aux soldats de partir.
-Ca ira. Veuillez vous rendre aux tentes rouges pour un examen médical obligatoire. Simple routine.
Notre groupe se regarda, n’y croyant pas. Nous avançâmes toutefois rapidement vers la sortie. Des gens étaient trainés de force en dehors des tentes rouges et jetés directement dans des camions datant d’un autre âge. Les infectés. Dieu ait leur âme, si tant est qu’il existe encore. Morgane se mit à ma hauteur.
-Je suppose que ce genre de spectacle ne t’étonne plus ?
-C’est pour ce gouvernement que tu travailles, je te signale. Moi, je travaillais pour une entreprise qui guérie chaque année plus de cinq cent millions de vies humaines. Il faut apprendre à voir les choses d’un point de vu extérieur.
-Tu as toujours réponse à tout, K. Mais ça ne mène nulle part. A part…
Mason remarqua que nous étions déjà arrivés devant le bâtiment. Il se fondait dans le paysage mais était toutefois immense. Je me retournai, impassible, tandis que tous les agents avaient mit leur casque intégrale. Il était 9 heure du matin ce jour la. Quel jour ? Nous n’en savions plus rien. Plus rien n’avait d’importance à part ce qu’i allait se passer.
-Je vous l’avais dis que le bâtiment n’était pas loin.
Un homme en sortit, cigarette à la bouche, briquet dans la main droite. Il l’alluma et inspira la fumée. Il relava la tête et son regard se porta tout de suite sur ma personne. Il m’avait reconnu, et c’était réciproque. Sa cigarette tomba au sol et il recula lentement, remontant les marches du bâtiment. Je n’avais pas comprit au début, mais c’est quelques secondes plus tard que je me rendis compte de la scène qu’il venait de voir. L’agent le plus recherché et l’un des plus dangereux de la compagnie était la, entouré d’une escorte redoutable et armée jusqu’aux dents. Il rerentra dans le bâtiment, je ne pu l’en empêcher.
-Bonjour, agent Mullway.