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Vous êtes déjà trois ensemble, mais je vais te faciliter la tâche pour que vous me rajoutiez au groupe
Chapitre 28: Un problème de taille.
Je m'appuyai à la fenêtre pour essayer de réfléchir à tout ce qu'il venait de se produire. Le cadavre du nécromorph glissa du bureau et s'écrasa avec un bruit spongieux quand mon pied poussa légèrement la table. Elsa avait disparu et la salle d'où je venais était remplie de créatures qui attendaient dans l'ombre pour se jeter sur la première victime qui passerait. De plus, je n'avais aucun plan. Aucun endroit où aller, aucune personne à qui parler, aucun but. Rien. Le néant total.
A part survivre, bien sûr.
Et même là, je me retrouvais bloqué. Sachant que presque toute la population de la station était morte ou transformée en une horde ces bestioles, il ne faudrait pas grand chose pour me faire passer de vie à trépas. Mais je ne pouvais pas rester ici à rien faire et attendre que la mort passe.
Des coups de feu m'arrachèrent à mes pensées.
Je tournai la tête, m'attendant presque à voir quelqu'un arriver en courant dans le bureau, avant de me souvenir que j'avais fermé la porte. Je m'assurai que mon chargeur était plein, avant de m'engager dans le couloir. Au vu de la configuration du bâtiment depuis la fenêtre, il n'y avait qu'un simple mur entre l'extérieur et moi. Les tirs pouvaient venir de là. Peut-être.
Mais évidemment, il n'en était rien. Les hurlements aigus des nécromorphs qui m'avaient attaqués provenaient bien de la salle du magasin. J'entendis des voix derrière le panneau, mêlés aux tirs et aux grognements. Il y eut quelques coups secs contre la porte, comme si quelqu'un avait essayé de l'ouvrir, puis le cri d'un de ces monstres se rapprocha.
Brutalement, le panneau métallique s'enfonça un peu au milieu, comme si quelque chose d'assez dur l'avait heurté de plein fouet. Réfléchissant à toute vitesse, je tendis la main vers la commande d'ouverture. Peu importe leur situation, il y avait d'autre personnes derrière, et ils pourraient surement m'aider.
Je ne terminai jamais mon geste.
Un coup brutal suivit d'un grondement rauque dans mon dos m'immobilisa, main tendue vers l'interrupteur. Un frisson brutal me secoua, et je me retournai lentement, mon pistolet levé. La configuration du couloir avait nettement changée durant les dix dernières secondes. Le mur de droite s'était déformé vers l'intérieur, réduisant légèrement l'espace. Tétanisé, je vis d'autres traces de coups se former au fur et à mesure.
Puis un intense sifflement me parvint, tandis que j'assistai, immobile, à la fonte de la paroi. Des morceaux entiers du métal semblaient se ramollir et suinter le long du mur. Un poing massif élargit la minuscule brèche, envoyant des débris métalliques brûlants contre la paroi d'en face. Quelque chose éclata, aspergeant les murs d'une substance jaunâtre, et le trou s'élargit davantage, en fondant. Une gigantesque masse d'os et de muscles s'engouffra dans le trou.
« Putain, mais t'es quoi toi....? »
Le nouveau venu, portant des plaques osseuses sur quasiment tout le corps, était aussi large que le couloir et presque aussi haut, ce qui limitait grandement ses mouvements. Pour un peu, on aurait presque pu penser qu'il était coincé. L'espace d'un instant, je me crus sauvé par le peu de liberté qu'il avait. Seulement l'espace d'un instant.
Il se tordit de manière à mettre son torse en avant, et je vis une cavité s'ouvrir au milieu de sa poitrine. Il gémit doucement au fur et à mesure qu'une sorte de cosse sortait de cet étrange trou. Il prit la sphère encore dégoulinante d'un quelconque liquide interne dans l'une de ses mains et le jeta vers moi. J'eus le réflexe de me baisser pour éviter le projectile, et il siffla au-dessus de ma tête.
Je me retournai sans réellement y penser, et vis la cosse éclater sur la porte et la recouvrir d'une substance jaunâtre. L'acier commença à émettre des sifflements et à fondre doucement. En m'efforçant de ne pas penser à ce qui m'arriverait si c'était moi qui encaissait le choc, je fonçai tête baissée vers la créature. Malgré le peu d'espace, elle leva le poing pour m'aplatir.
Je changeai de trajectoire au dernier moment pour m'engager dans la brèche dans le mur. Je posai la main sur le rebord pour m'aider dans mon mouvement et enjamber sans problème les débris. La douleur que je ressentis au niveau de la paume faillit malgré tout me faire déraper, et je me réceptionnai maladroitement. Je courus dans l'air frais en regardant ma main.
Elle était devenue rouge, des petites cloques avaient fait leur apparition et la peau avait disparu à certaines minuscules zones, laissant la chair à vif. En la tenant contre mon ventre, je jetai un regard en arrière. La créature s'était extirpée du couloir pour retourner à l'extérieur. En me voyant fuir, elle posa les deux poings au sol, rugit, puis s'élança. Sa course était très rapide pour une bête de cette taille.
Ma course m'amena vers le seul endroit qui était parfaitement dégagé et donc un parfait terrain de chasse pour le nécromorph. Le terrain de football. Je passai presque sans les voir les deux piliers pour me précipiter vers les petits gradins. Il y eut un choc suffisamment puissant pour légèrement faire trembler le sol, mais je ne pris pas le risque de me retourner. Quelques secondes plus tard, le poteau de plusieurs mètres en acier s'écroula et manqua de me tomber dessus.
La course de la bête faisait vibrer le terrain, mais je concentrai tous mes efforts sur la mienne. Je parvins aux gradins en quelques secondes, essoufflé. S'il le terrain disposait de véritables gradins, un peu plus loin, ceux-ci était légèrement moins résistants, et au moins, ils permettaient de se faufiler dessous. Ce que je ne me privais pas de faire.
Je me jetai presque au milieu des poutres de soutien et me retournai pour faire face à mon adversaire. Il heurta les marches de plein fouet, et plusieurs portions s'écroulèrent. Je rampai à reculons, gardant les yeux rivés sur la masse de muscles qui arrachait les barres métalliques pour me rejoindre. Je vérifiai ma ceinture, et vis qu'il me restait seulement cinq chargeurs, en plus de celui qui était déjà dans mon arme. Pour une fois, je regrettai de ne pas avoir un de ces certes encombrants, mais puissants fusils.
La créature forma une masse de ses deux poings et l'abattit avec force, manquant de m'écraser dans le même temps.
« T'abandonnes jamais toi, hein? »
Comme pour confirmer mes dires, elle plongea l'une de ses mains au milieu des poutres pour essayer de me cueillir. Finalement, venir là-dessous n'était pas forcément une bonne idée. Je rampai, dans le bon sens cette fois pour m'extirper des gradins et faire face à cette bestiole. Quitte à y passer, autant que ce soit en ayant essayé de la tuer plutôt que comme une araignée qui se planquait sous un meuble. Pas forcément plus propre par contre.
Le nécromorph brisa les décombres qui l'entravaient et fonça sur moi. Je roulai sur le côté pour esquiver la charge, mais elle battit des bras et l'un de ses poings m'envoya définitivement au sol. Je me mis sur le dos, arme levée. La bestiole se percha au-dessus de moi et leva son poing pour m'achever. En désespoir de cause, je fis la seule chose qui me parut logique.
Je vidai le chargeur de mon pistolet dans la cavité de son torse.
La bestiole hurla et manqua son coup tandis qu'elle s'affaissait. Je me relevai en toute hâte et remplaçai mon chargeur dans la foulée. C'est seulement là que je vis que son dos était dépourvu de carapace. Sans réfléchir davantage et profitant de son étourdissement provisoire, je me hissai sur ses pattes arrières pour rejoindre le dos. Elle commença à se redresser alors que je n'étais pas encore complètement en place.
Avant qu'elle ne m'éjecte, je vidai mon tout nouveau chargeur dans l'une des parties tendres, au niveau de la jointure entre l'épaule et le bras. Le membre craqua et s'écrasa au sol, en même temps que son propriétaire, qui s'était relevé en s'appuyant dessus. Je mis un autre chargeur, et entrepris cette fois-ci de tout envoyer dans la nuque de la créature. Un jet de sang alla asperger le terrain, et la tête se détacha du reste du corps.
Le nécromorph eut encore quelques spasmes, puis s'effondra définitivement.
Encore cramponné à son dos, je me laissai tomber au sol. Je roulai juste assez pour m'éloigner d'un mètre ou deux du cadavre. Puis je restai là, transpirant à grosses gouttes, haletant et recouvert de son sang.