Zeff
2 minutes après la déclaration de K
"J'en ai rien à foutre vieux..."
En avais-je vraiment rien à foutre de tout cet argent qui m'est passé sous le nez ??
Certes, on veillerait constamment que je ne manque de rien mais étais-je vraiment libre ??
Pourrais-je leur échapper ??
Je me laissais tomber sur ma couchette, un objet dur heurta douloureusement ma cuisse, un couteau...
Soudain je me revis dans la station, en train de noyer le fou dans de la graisse brûlante et je vis mon expression. Je vis mon regard. Je me dégoutais moi-même!
Une telle soif de sang, de puissance et de domination. Un manque total de compation. Je n'étais peut-être, en fait, qu'un super-fusil pour ceux qui m'avaient créé.
Un robot, froid, machiavélique, immortel et surtout efficace...
Mais, je sentais en moi une étincelle d'humanité...
Est-il possible que je vive normalement ?? Après tout, des lentilles modifiant la couleur des yeux existent et puis avec un peu de maîtrise...
La réponse m'apparut claire et nette. Cruelle surtout. J'avais une soif de sang instinguible. Non, impossible mais j'aime me nourrir de la vie des autres. C'est le plus doux des nectars. La plus suave ambroisie que je connaisse...
Tuer autrui est un plaisir. Se supprimer ? Serait-ce la jouissance ultime ?? Le Walhalla du Walhalla ??
Mon sang se glaça tel une douche froide intérieure. La chose qui vivant en mon être ne voulait pas que je meure. Ce parasite ne pensait qu'à lui. Il ne me donnait du pouvoir que lorsqu' "il" était en danger. C'était ça la raison de mon amnésie. De l'oubli de mes parents. Du fait que je ne voulais plus les venger!
Merde, je suis l'esclave de cette "chose", putain de merde! Je ne veux pas être l'esclave de cette chose!!!
Et je ne connais qu'un seul remède...
J'essayais moi-même de me convaincre, ça sera rapide, j'ai été façonné pour ça... et pourtant une angoisse de petit enfant me rongeait le coeur... quel sentiment étrange. Cela faisait longtemps que je ne l'avais pas ressenti. L'avais-je déja ressenti un jour ??
Non, jamais et je savais pourquoi...
Un robot qui pense, vous imaginez ??
Ma tête s'abaissa et mes yeux cherchèrent la lame que je tenais en main. Symbole de délivrance. J'avais le pouvoir de me libérer. Elle monta lentement vers mon cou, me faisant des promesses de par la façon dont elle était aiguisée.
Lorsqu'elle atteint mon coup, je pris le manche à deux mains. Rapide et précis. Mortel.
Au moment où elle allait commencer à trancher ma gorge et par là mon artère, quelque chose hurla dans ma tête et ma délivrance se transforma en malédiction et se planta dans le gras de ma cuisse.
J'ai essayé, j'ai raté et maintenant il va falloir supporter mon immortalité...
Si quelqu'un serait rentré à ce moment là, il aurait vu des larmes amères couler sur les joues d'un homme désemparé.
Elles coulaient pour la dernière fois, hélas...
Voilà, c'est fini pour mon perso, enfin pour le moment 