Chapitre 49
PART X
Agent Stanislas Keynes
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REBOOTING…………………………………………………
Civil n°2809195 Stanley Krieger
Statut : Rien a signaler.
Niveau de surveillance: Vert.
Le voyage de retour fut plutôt court et la fatigue se faisait sentir. Du moins, pour ma part, car le jeune officier était encore prêt à en découdre. Je n’avais malheureusement plus son âge, et la lourdeur de mes mouvements me faisait comprendre qu’au moindre accrochage, je risquerais de m’essouffler très vite. Par chance, nous ne revenions sur Astridius que pour chercher les derniers survivants. Mon arrivée sur une planète était souvent synonyme de règlement de compte pour la SCT, mais je savais qu’ici, sauver des vies, des témoins compromettants, les gênerait au plus haut point. Tout ce qui pourrait les faire chier était bon à prendre.
Notre approche de la station était pénible, rien n’avait bougé depuis notre départ. Il ne restait plus personne en vie, sauf quelques rares cas ou telle ou telle personne était parvenu a se cacher dans un coffre fort ou je ne sais quel endroit qui finira par être on propre tombeau. Mason configura la recherche de rigs de la navette militaire de telle sorte qu’elle ne traque que ceux qui étaient en mouvement, et en groupe.
-C’est pas bon. Que des cas de décès. Quelques survivants, seuls.
-On ne peut rien pour eux s’ils ne bougent pas.
-Peut être. Ah ! Je capte quelque chose. Deux rigs se déplaçant à pieds à une mile à l’Est. Fonce !
Je tournais les commandes sur la droite, déplaçant la navette dans toute sa lourdeur. Les réacteurs peinaient à réagir comme ils le devaient, et je passais mon temps a compenser avec les palonniers. L’engin tournait lentement sur lui-même. Lorsqu’il fut dans la bonne direction, je poussai lentement les gazes et le fit avancer, passant entre les buildings encore neufs. Tout n’avait pas été détruit.
-Confirmation ! Je capte Matt et Dan mais aucune trace des autres !
-On s’en fout ! J’ai le contact radio, on les chope et on se casse de cet enfer ! C’est déjà un putain de miracle qu’on soit toujours en vie, je n’ai pas envie de crever après tout ce qui vient de se passer…
-Quoi ?
J’avais parlé tout bas pour la dernière phrase. Je n’avais pas envie de m’engueuler avec le héros de guerre à mes cotés. Je fis mine de ne pas avoir entendu.
-Putain je les vois ! Juste à coté du tas de merde en fer !
-C’est l’Ishimura, pauvre con !
« Vous avez l’air minuscule d’ici ! »
- K ? »
- Ouais, on revient de Diniz, et c’est pour vous chercher ! »
- Vous auriez pu nous attendre ! »
- Désolé, mais on a eu un petit empêchement, et on a dû quitter en hâte la station, disons qu’on a été attaqué par une créature horrible.
- Ben merde… Vous allez bien ? »
- Ouais… Attendez, vous êtes plus que deux ?! »
- Ouais… On a perdu Elsa et… John a été pris avec elle… »
- Merde, bon, on va se poser, éloignez-vous et… »
Une alarme de verrouillage s’agita. Le cockpit s’illumina en rouge et clignotait à une vitesse folle. Shepard commença à tirer sur le manche de toutes ses forces.
- On est verrouillés ! On nous a verrouillé bordel !! Met les gazes !!
-Je fais ce que je peux ! Putain mais qui peut encore tirer ici ?!!!
J’avais à peine terminé ma phrase qu’un missile tête chercheuse alla se loger dans le réacteur arrière gauche et me fit perdre tout contrôle. La navette pivota et les commandes lâchèrent. Nous arrivions à peine au spatioport, il suffisait d’atterrir. On s’était juste plantés.
Lorsque la navette percuta le sol, tout était perdu. Il y eu quelques secondes de secousses interminables ou la tôle froissée se mêlaient au béton blindé de la zone d’atterrissage. Tout ce qui pouvait nous faire redécoller partit en poussière en une milliseconde. Je n’avais pas ma ceinture, je l’avais retirée quelques secondes avant, prévoyant d’ouvrir en vitesse la porte à nos compagnons. Je fus vivement secoué, et projeté en l’air. Des débris m’ensevelirent. Tout était noir. Je ne voyais plus rien et le bruit du crash était insupportable, terrifiant. Un choc à la tête m’étourdit, j’étais à peine conscient quand les pierres qui me cachaient furent déblayées. Je voyais à peine. Il y avait deux silhouettes qui se penchaient sur moi et m’aidèrent à me relever.
-K ? K ? Tu es ok ? Qui je suis ?
-T’es l’autre fiotte d’écrivain…
-Il a l’air d’aller bien…tu peux marcher ?
-Je peux faire mieux.
Je me levais et m’approcha de Mason qui arborait encore un sourire de sauveur de l’humanité. Je ne pouvais plus me retenir. Je lui balançai mon poing à travers la figure, ce qui le fit à peine reculer d’un pas. Mon deuxième poing fut stoppé net puis tordu dans le sens inverse. Je sentais mes forces m’abandonner. Mais dans un dernier élan, lâche je l’admets, je lui assénai un coup fatal dans l’entrejambe. Mon genou s’enfonça si profond qu’il se retrouva à terre plus vite que la pesanteur ne pouvait l’admettre.
-Tu vois ce qui arrive quand on essaye de jouer les héros espère de connard ?! Tu vois ce qu’il se passe ??! Tu sais combien de héros j’ai buté dans ma vie ?! Des dizaines !!
Matt la sentinelle tenta de me retenir de le donner des coups de pieds pendant qu’il était encore à terre. Je me laissai faire, je n’avais rien contre lui.
-Tu voulais les sauver ! Bien joué monsieur le héros ! Maintenant on est TOUS MORTS ! M-O-R-T-S ! MORTS tu entends !!
Je n’étais pas sur qu’il comprenait vraiment ce que je disais, je n’y étais pas allé de main morte. L’un des deux quidams qu’on était venu sauver des griffes de cette station perdue vint me tapoter à l’épaule. Je me retournai et vit un immense cutter plasma s’abattre sur le coin de mon crâne. Je reperdis connaissance. J’entendais des voix lointaines.
« Bravo. Qu’est ce qu’on va faire d’eux maintenant ? Ils sont pas foutus de s’entendre et en plus, plus aucun des deux ne peut marcher.
-…je sais pas mais je supportais plus de l’entendre gueuler, je suis à bout ».
Lorsque je revins à moi, il faisait presque nuit. J’avais été trainé jusque dans un couloir sombre, juste à coté du crash. Ils n’avaient pas eu la mauvaise idée de nous porter tous les deux. D’ailleurs, on n’avait nulle part ou aller. Quelqu’un me mettait une petit lampe torche dans les yeux pour tester la réactivité de la pupille droite.
-Il est revenu à lui ?
-On dirait ouais…K, c’est Mason. T’es avec nous ?
-…euh…
Son poing m’écrasa les côtes une dernière fois, me faisant suffoquer. Il avait tout de même retenu son coup pour ne pas me tuer. J’avais du mal à respirer et bavais par terre, le contenu de mon estomac manqua de refluer. Je me trainais un peu, puis m’adossa assis contre le mur.
-Il va falloir repartir, ils peuvent nous tomber dessus d’un moment à l’autre, on sait de quoi on parle ! C’est sympa d’être revenus mais apparemment…c’ était pas la meilleure idée…
-…sans blague ?
Mason renifler un bon coup puis cracha un mollard par-dessus la plate forme d’atterrissage. Il mit plusieurs centaines de mètres avant de toucher le sol. Après avoir regarder cette majestueuse chute, il se retourna et commença à me répéter ce qui a déjà été dit aux autres.
-La roquette est partie des immeubles sur nos arrières. Pour oser tirer sur une navette militaire attribuée qui plus est, a la SCT, il faut avoir des couilles. Ce n’est pas des militaires, ni la SCT qui a fait le coup. T’aurais pas une petite idée ?
-Je ne sais pas…ya pas que la SCT qui dispose de ce genre de matériel. Diverses organisations ont pu venir ici dans l’espoir de retenir captif des spécimens. Ou alors piller. Mais j’ai déjà transféré 95 % de l’argent de la station…
-Alors qui ça peut être ??!
-Mais on s’en balance !! Qu’est ce que ça peut foutre ?! MERDE.
Il y eu un long silence. Nous étions tous fatigués et meurtris. Daniel avait la main droite qui tremblait et était extrêmement nerveux. Quand à Matt, il n’avait pas changé d’attitude depuis que tout ceci avait commencé. Ils avaient du passer leur temps à courir. Les deux moins rapides avaient du se faire bouffer. Mais ils avaient tellement l’air sur les nerfs qu’on n’osait pas poser de questions. La perte d’Elsa était un drame, et pourtant ces deux la avaient l’air de s’en foutre. Ou alors il s’agissait de quelque chose de si terrible qu’il valait mieux ne pas en parler pour le moment. Les deux soleils étaient couchés, nous en avions pour environs quatre heures de nuit.
-On va pas tarder à pouvoir sortir. On est moins repérables dans l’obscurité non ?
Je fis « non » de la tête et était suivi oralement du capitaine de la sécurité d’Astridius. Daniel fit la moue et demanda des explications.
-On ne sait pas si ces choses sont gênées par la nuit ou au contraire y voient plus clair. En plus, c’est pas eux qui m’inquiètent le plus, mais plutôt ceux qui viennent de nous tirer dessus. On est peut être surveillés. La nuit, on est plus facilement repérables à cause des saloperies de lunettes thermiques. Ya qu’a faire un test…
Il prit une pièce de la navette qui était chauffée au rouge suite au crash. Elle n’avait cessé d’être dans les flammes. Ses gants ignifugés ne tiendraient pas longtemps. Il la porta a travers un trou dans le mur, qui donnait vers l’extérieur.
-Ya plus qu’a attendre…
-Attendre quoi ? M’étonnerai qu’on nous surveille encore après tout ce temps…
Daniel avait raison, rien ne se passait. J’avais néanmoins toujours des doutes.
-Soit ils ne sont plus la, soit ils sont moins cons qu’on ne le pense. Restons vigilants.
Il y eu un blanc. Le seul moyen de repartir consistait a traverser une zone de 100 metres a découvert pour redescendre dans la rue via un long escalier de service protégé par du béton.
-Bon ! Qui veut sortir le premier ?