Chapitre 46: Lacérations
Je fus jeté dans ma cellule, le ventre et la gorge en feu. J'étais allongé sur le sol, ne pouvant plus bouger, vidé de mon énergie. Soudain, une vague de froid se propagea dans tout mon corps avant de cibler ce qu'ils avaient perturbé avec leurs liquide vomitif. Je me sentis aussitôt frais et revigoré. Quelque chose m'avait aidé, une fois de plus. Je me traînais jusqu'à mon lit où je m'endormis presque aussitôt.
Je fus brutalement réveillé par une des deux brutes qui m'avait lancé un seau d'eau glaciale au visage. Il me fit rudement sortir de mon lit et ils me trainèrent dans une pièce au plafond plutôt bas. Elle était carrelée comme les autres. Ca devait être plus facile à nettoyer, je suppose. Deux anneaux pendant à une chaîne, elle-même fixée au plafond. L'un des molosses m'attacha les poignets aux anneaux et me mit le dos à nu.
Puis, il ne se passa plus rien. Ils devaient être parti, me laissant à moitié nu et grelottant dans cette pièce. J'entendis des pas dans mon dos. Ils s'arrêtent, ils recommencent. Le silence plana de nouveau. Un mouvement dans l'air et une affreuse morsure dans le dos. Allaient-"ils" me fouetter jusqu'à ce que je renonce ?? C'est qu'il ne me connaissait pas. Une deuxième fois, la lanière me caressa le dos, laissant une traînée de feu. Cela recommença. Après vingts autres passages, ma chaire était à vif, je sentais le sang couler le long de mon dos et produire une flaque écarlate sur le sol. Étrangement, je commençais à ne plus ressentir la douleur, la peau de mon dos avait du perdre les récepteurs de douleurs.
Un seau d'eau salé jeté dessus me prouva le contraire et mon dos brûla de plus belle. Encore une cinquantaine de coups avant le seau suivant. Soudain un déclic se fit dans ma tête et je fus aussitôt dans un état d'euphorie intense. Je ne ressentait plus la douleur, j'étais dans le coton. La voix qui me harcelait tout le temps pour que je renonce me paraissait mélodieuse, une vraie comptine: "Veux-tu renoncer, veux-tu renoncer..."
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L'homme vit sur son écran un sourire apparaître sur le sujet n°5 et en conçu un grand bonheur. "Ca" avançait et lui ferait comprendre. Il fallait maintenant passer à l'étape 4 pour voir jusqu'où "ça" irait...
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Je sentis vaguement que l'on me détachait et que l'on me traînait puis on me posa sur une table. Nageant dans le brouillard, je sentis que l'on appliquait des méditikits sur mon dos, de manière à le régénérer. Si ça leur faisait plaisir....
Je fus placé dans ma cellule où m'attendait un repas et un livre. Je m'asseillais calmement et commençai à manger par petites bouchées. Mon regard s'arrêta sur le titre du livre: "Du muscle!" Je finis de manger et me plongeais dans la lecture de livre qui proposait pleins d'exercice pour se muscler tout en gardant beaucoup de souplesses. Je m'y attelais aussitôt et sans m'arrêter car la sensation d'euphorie s'était estompée mais pas complètement. Mon corps au lieu de brûler, chauffait agréablement. Finalement, je m'arrêtai et me couchai dans mon lit. Heureux.
Je me réveillai et voyant mon déjeuner posé sur la table, je m'en servis allègrement. J'étais frais et réposé, prêt à l'exercice ou à leur torture. Je parcourus le bouquin et tombai sur des exercices avancés. J'étais en train d'en exécuter un lorsque la porte s'ouvrit et qu'un seul des deux molosses entra. Cette fois-ci, j'étais prêt. Je le laissais approcher avant de lui lancer mon pied à la figure. Il esquiva en se baissant et tenta en même temps de me faucher les jambes. Je bondis en arrière et fis un rétablissement par roulade. L'homme s'approcha doucement puis me fonça brutalement dessus. Sans pouvoir réagir, je fus rudement plaqué au sol. Il se releva vite et me fis une double clé aux bras. J'avais encore raté. Il me fit relever et me poussa sans ménagement dans des couloirs jusque dans une pièce où trônait un lourd fauteil de métal avec des sangles un peu partout. Deux autres brutes s'avancèrent et me dés-habillèrent. Je fus attaché au siège et ils partirent. La voix retentit:
-Alors, n°5 es-tu d'accord de renoncer à la vengeance de tes parents ??
Etrangement, je me fichais éperdument de mes parents, je n'avais plus envie de me battre pour des gens dont je ne me rappelais plus.
-Oui, je suis prêt à renoncer à la vengeance de ces "gens".
-Es-tu prêt à nous rejoindre ??
-Qu'est-ce que j'y gagne ??
-Nous développerons tes capacités, tu deviendras puissant.
Soudain, un éclair me traversa la tête. Matt, Daniel et les autres survivants de la station, je ne pouvais pas les laisser mourir.
-Mais la station, les nécromorphes ??
-Nous allons nous en charger ou plutôt disons que TU vas t'en charger! Alors, nous rejoins tu ??
J'étais face à un choix facile...
Oui.
*
L'homme souria de nouveau, il se soumettait de plein gré mais étrangement l'homme fut déçu. Il n'avait tenu que juste qu'au stade 3 mais il fallait tester encore quelque chose... Il se pencha vers un interphone:
-Allez-y...
-Quoi ?? Mais il est d'accord!
-J'ai dit allez-y!
-Chef, oui chef!
*
Un homme avec un malette entra dans la pièce, sortit un scalpel et attendit devant moi. Un bruit de pistons se fit entendre et un casque decendit doucement vers mon crâne. Je ne ressentais plus l'euphorie, j'étais de nouveau vulnérable à la douleur, mon dos me faisait souffrir. L'homme me sourit et s'avança vers moi, scalpel à la main. Il n'allait pas faire ça ! Non ils ne pouvaient pas me faire ça, je venais de les rejoindres ! Muet, je ne pouvais que voir l'homme s'approcher de plus en plus près....