1787
L'Iran a beaucoup à voir avec la Perse, notamment car celle-ci ne se limite pas à l'empire achéménide, comme tu le suppose, mais bien à une multitude de dynasties, séparées entre elles notamment par les conquêtes arabes, ottomanes et mongoles.
L'évolution de la Perse, comparée aux pays avoisinants, est de même beaucoup trop particulière pour affirmer que la Perse n'existait telle qu'elle que jusqu'au IVe siècle av. JC. La civilisation perse n'est pas la civilisation achéménide, et inversement. Le fait que la Perse ait toujours été l'un des foyers les plus importants du chiisme mondial est une autre des caractéristiques de cette civilisation perse, bien distincte des civilisations arabo-musulmanes, et qui n'est pourtant pas un élément de la civilisation achéménide.
L'Iran a justement bel et bien à voir avec la Perse car ce sont ces évolutions qui on fait ce que l'Iran a été jusqu'en 1979. Le chiisme en tant que religion d'Etat a été instauré durant le temps de la Perse, par exemple.
De même, Perse est un nom qui n'a disparu qu'en 1937... date à laquelle la Perse devient Iran.
J'ai dit blocus ? Mea Culpa. J'entendais embargo.
Tes principaux arguments sont donc qu'en Occident, on tolère la critique, et qu'en Occident, l'économie régule ce qui n'est pas nécessaire.
Le premier point est vrai. L'Occident est plus ouvert à la critique, et notamment à l'auto-critique. Cela surtout pour une raison simple, qui est que l'Etat en question et son mode de fonctionnement sont déjà instaurés depuis plusieurs siècles (même si des modifications ont eu lieu) et qu'il a déjà passé de nombreuses épreuves attestant de sa capacité à résister.
La théocratie iranienne n'est pas dans le même cas, et la seule véritable épreuve qu'elle a enduré était celle de la guerre Iran-Irak... Dont l'issue n'a pas été qu'un statu quo peu valorisant... Il faut donc limiter le plus possible tout ce qui serait susceptible de menacer la légitimité de l'Etat... C'est un procédé que l'Occident aussi a mis en place. Le calendrier révolutionnaire et les évolutions de la langue française au moment de l'après Révolution sont deux éléments qui viennent s'inscrire dans ce processus de légitimation d'un régime.
En outre, Battlefield 3 n'est pas une critique envers le pouvoir iranien, mais une atteinte directe à son image en montrant ses ennemis le mettre à mal...
Le second point est à réguler. À t'entendre, on croirait que c'est parce que quelque chose ne s'adapterait pas au marché que cette chose n'existe pas. C'est limite du darwinisme appliqué avant même la naissance.
Il existe des exemples (et ils sont légions) de produits n'ayant pas fonctionné sur un quelconque marché. Tout comme des produits qui ont été censurés ou interdits (et j'insiste bien sur la nuance entre les deux. La censure s'attaque à la liberté d'expression. BF3 n'est pas le produit d'une quelconque expression ou n'est pas le vecteur d'un quelconque message, même si c'est un bien culturel) avant même leur commercialisation.
Non, on ne peut pas dire que les règles du marché soient si performantes qu'elles tuent dans l'oeuf.
Enfin, j'aimerais rappeler que je n'ai pas chercher à justifier la mesure iranienne. J'ai juste cherché à faire en sorte que tous voient le problème sous le bon angle, c'est à dire en prenant en compte le contexte iranien. Mais que les conséquences de cet acte ne soient pas celles escomptées par Téhéran, notamment en donnant plus de crédit au jeu, ou non ne m'importe peu. Je ne suis pas là pour défendre la décision en disant qu'ils ont eu raison et que ça fonctionnera. Je dis juste que c'est compréhensible et logique de la part d'un Etat dans une telle situation.