- On est tous seuls… fit Mikhaïl en riant.
- Je ne vois absolument pas ce qu’il y a de drôle…
- Le chef peut plus nous engueuler, plaisanta l’homme en souriant.
- Ouais et il peut plus nous aider, ni nous guider…
- Bon allez, faut pas rester ici, on va geler sinon, restons près de l’autre et avançons dans cette forêt, on va peut-être finir par tomber sur un refuge.
La jeune femme trouva que c’était ce qu’il y avait de mieux à faire et que le reste de l’escouade finirait par les retrouver, peu importe comment… Le groupe, réduit à deux soldats , se mit à avancer vers le nord, espérant trouver un endroit où se réfugier, le vent soufflait d’avantage et la neige ne cessait de tomber en masse, les conditions ne s’arrangeaient vraiment pas. Le jour s’était déjà levé, ils n’avaient pas vu le temps passer pendant leur voyage au fond du véhicule. Ils marchèrent pendant plusieurs heures sans s’arrêter, ayant toujours en tête de trouver un refuge quelconque avant la tombée de la nuit, puis au bout d’un certain temps, ils arrivèrent près d’une route. Ils décidèrent de suivre cette route, pensant qu’elle les mènerait probablement à une zone habitée et ils eurent raison, lorsque la lune était haut dans le ciel et que la nuit avait plongé la région dans les ténèbres, ils aperçurent un amas de petits points lumineux.
- Un village, fit Mikhaïl, comblé de joie.
- Faut marcher jusque là-bas… soupira Charlène.
- Ouais, te plains pas, j’espère que le chef et Tom auront eu autant de chance que nous…
Quelques kilomètres plus loin.
Des cris résonnaient dans la pièce, un homme était allongé sur le sol, le visage en sang, face à terre, épuisé. Un homme se tenait au dessus de lui et ne cessait pas de le frapper avec une sorte de fouet, l’autre qui gisait sur le sol poussait des petits cris rauques et faibles. Deux autres hommes s’occupaient d’un autre type, ce dernier était assis sur une table et fixait la personne en face de lui d’un regard plein de mépris et de haine.
- Ecoutez, si vous ne parlez pas, ça ne vous avancera à rien, dites-nous qui vous êtes et qu’est ce que vous foutez sur le sol russe ? demanda un homme.
L’autre lui cracha au visage et baissa le regard. Il reçut un violent coup sur la tête en guise de représailles, le sang coulait le long de son cou avant de tomber sur la table. Son interrogateur donna quelques ordres en russe aux soldats qui se trouvaient dans la pièce, puis il sortirent de la salle.
- Bon il ne reste plus que moi… Je vais vous le répéter une dernière fois… Qui êtes-vous et qu’êtes-vous venus faire ici ?
A ce moment l’homme recula, quelque chose lui serrait le cou, il ouvrit la bouche tentant d’hurler, mais il n’y eut qu’un faible couinement. Il tenta de se débattre, puis finit par s’écrouler sur le sol. Son assassin lâcha sa victime et s’approcha de l’autre homme, le libérant de la chaise où il était ligoté.
Quelques minutes plus tard, la porte s’ouvrit, les deux soldats étaient de retour, ils entrèrent, puis la porte se ferma derrière eux. Ils se retournèrent et à ce moment précis, chacun reçu un formidable coup au visage. Les deux hommes s’effondrèrent sur le sol dans un bruit sourd. Les deux soldats ligotèrent leurs geôliers et les bâillonnèrent à l’aide de quelques bouts de tissus trouvés sur le sol. Ils prirent les armes sur le sol et s’approchèrent de la porte, l’un d’eux l’ouvrit lentement en pointant légèrement son arme à l’extérieur et en jetant un regard au dehors, il vit un long couloir sombre éclairé par une vieille ampoule sur le plafond. Il fit signe à son allié de le suivre, ils avancèrent prudemment dans ce long tunnel noir et étroit, collés contre le mur, avant de tomber sur une sortie. Un homme se tenait de dos devant eux, Mat s’approcha de lui, il prit une petite pierre sur le sol et fracassa le crâne du guetteur. Ce dernier s’écroula dans une mare de sang. Il regarda attentivement au dehors, ils se trouvaient en plein cœur d’une base ennemie.
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Courte suite 