Quand il ressortit, l’air frais, presque froid, lui cingla le visage. Mais Richard n’avait pas de temps à perdre : il fallait déjà regagner les hauteurs.
Il ouvrit la porte et se retrouva dans le couloir de tout à l’heure, son atmosphère chaude et pesante contrastant avec la fraîcheur glaciale de dehors. Il pensa tout haut : « Bon, Enrico a dit qu’il avait continué par ce couloir pour enquêter (plutôt pour trouver une échappatoire, j’espère), je vais éviter de le gêner au possible et je vais refaire le chemin à l’envers. Comme ça je ne pense pas faire de mauvaises rencontres. »Son plan n’était pas le meilleur du monde, mais c’était le seul qu’il avait pu monter pour quitter cet Enfer. Richard enfila les deux couloirs au pas de trotte, comme pour montrer son assurance ou peut-être pour partir au quart de tour au cas où une abomination surgirait d’un angle ou brisait une vitre. Mais il n’eut rien et Richard atteignit le hall sain et sauf. Il monta le grand escalier rouge et se tint devant la porte qui menait au couloir qu’il avait déjà inspecté en compagnie de Forest. Il resta immobile quelques instants, en repensant à son équipier. « Eh merde, pourquoi il a fallu que tu meurs. Maintenant c’est moi qui vais devoir tout expliquer à Susan. »Et comme un point final, Richard frappa sur le mur.
Juste aussitôt, la porte du rez-de-chaussée ou il venait de passer il y a quelques instants s’ouvrit à la volée et Richard vit immédiatement Enrico surgir. Il fit quelques pas mais il se rendit compte que ce n’était pas Enrico : il avait vu que ce qu’il n’avait voulu voir. En fait, La chose qui se tenait devant lui n’était plus humaine depuis longtemps mais était étrangement familière. C’est au moment ou la créature poussa un grognement que tout revint en mémoire à Richard.
« Nom de Dieu, c’est encore lui. Mais je l’ai buté, je l’ai buté ! »Ces derniers mots, il les prononça presque à voix forte. Devant lui, en contrebas, se trouvait la bête humaine avec la tête cramoisie et les griffes de Freddy.
« Soit il se régénère, ce qui est chiant, soit c’en est un autre, identique au premier, et ça voudrait dire qu’ils sont crées en série et que… »Il préféra s’arrêter là : ce qu’il avait à l’esprit était beaucoup trop horrible pour sortir de sa bouche. Richard décida qu’il était plus prudent de s’enfuir. « Tu parles que je me tire, ouais. Faudrait être inconscient pour rester ici. »Il fit un pas en arrière mais le monstre repéra le mouvement et se lança à la poursuite de sa future victime, ses pieds en décomposition martelant le parquet avec un bruit de succion.
Richard ne prit même pas le temps de réfléchir : survivre, c’est tout ce qui importait. Il s’engouffra dans le couloir baigné ça et là par la lumière lunaire et courut jusqu’à la porte en question et s’enfila dans le couloir. Alors qu’il courrait, les hurlements de la créature était proches, très proches, trop proches. L’espoir revint à lui avec la vue d’une porte, et cette porte menait dans le couloir ou se trouvait la porte du grenier.
Richard claqua la porte au nez de la monstruosité et se plaqua dessus pour faire une barricade. Le monstre frappait, griffait la porte frénétiquement, espérant pouvoir atteindre celui qu’il avait désigné come son nouveau repas. Richard tenait bon, mais il ne savait pas pour combien de temps. Et plus les coups redoublaient, plus il avait l’impression que ses forces le quittaient.
Mais bizarrement, les coups cessèrent subitement, sans même décroître avant. Richard resta au moins cinq minutes à tendre l’oreille : rien, tout était calme. Il allait se risquer à jeter un coup d’œil quand il entendit les bruits de succion provoqués par les pas du monstre. Ceux-ci devenaient de moins en moins audibles, signe qu’il s’en allait.
Le policier se dit que finalement mieux valait ne plus repasser par là. De toute façon, la porte du grenier se dressait devant lui à présent, mais alors qu’il la contemplait, il sursauta. La porte était entrouverte à présent. Maintenant c’é est sur : il y avait bien quelqu’un dans cette maison qui jouait avec leurs nerfs, les épiait avec des caméras et des micros et s’amusait de les voir essayer de survivre dans cette maison. Sa première impression en arrivant devant cette maison avait été la bonne mais personne n’avait voulu le croire.
« De toute façon, quelqu’un ou pas, maintenant faut que je rentre ! »
Il ^poussa la porte et entra dans le grenier. En fait il se trouvait dans les combles du manoir, endroit poussiéreux mais étrangement bien éclairé par la Lune grâce au nombre important de fenêtres qui perçaient le toit. L’endroit servait visiblement de débarras mais il n’y avait rien de bien intéressant à récupérer, cependant Richard découvrit ce qui l’intéressait : c’était un petit échafaudage qui était accolé à un des murs et qui se trouvait sous une grande vitre ovale. Voilà le meilleur moyen de se rendre dehors. Richard escalada la construction bancale et se trouva devant la fenêtre. Mais elle était très épaisse et ne semblait pas s’ouvrir. Richard aurait bien tiré au fusil dedans mais ça ne briserait peut-être pas le verre, ça pourrait alerter les créatures et ça allait lui faire gaspiller des précieuses cartouches.
Alors qu’il cherchait un moyen de se sortir de là, un grondement le fit se retourner. Le monstre de tout à l’heure était à présent dans le grenier et se dirigeait à grandes enjambées sur Richard qui fut paralysé par la stupeur. Mais au moment ou le monstre s’approchait, un des murs vola en éclats et la créature disparut, happée par une autre créature géante, qui avait tous les traits d’un serpent, sauf qu’il mesurait 7 mètres de long.
« Oh bordel de merde, mais c’est pas vrai ! »Richard sauta directement au sol, sans même penser à la hauteur ou il était, et se rua vers la porte de sortie. Il courrait à perdre haleine, les sifflements du serpent juste derrière lui, à tel point qu’il avait l’impression que sa langue fourchue lui caressait les mollets. Puis soudain, la morsure, vive et violente comme un éclair. Puis Richard se vit le ver dans les airs, son visage se planta en face de la tête du serpent. Il s’était fait mordre sur le flanc droit. Un des crochets avait transpercé son bras et l’autre se trouvait fiché dans son ventre. Le serpent le tenait fermement entre ses mâchoires qui se resserraient comme celles d’un étau.
Richard trouva la force de poser le canon de son arme sur la peau reptilienne du serpent et tira. La décharge fit lâcher prise au reptile et il poussa un cri aigu avant de se replier dans sa cachette, un morceau de peau arraché.
Quant à Richard, il se sauva tant bien que mal du grenier et gagna le couloir précédent. Il voulait s’arrêter mais ce couloir était celui ou Forest avait été attaqué et Richard ne voulait pas rester ici. Il se rendit d’ans le corridor suivant et s’affala le long d’un mur craquelé par le temps. Il sortit un antipoison de sa poche et se fit une injection mais il était quasiment sur que la dose ne serait pas suffisante rien qu’en regardant son bras gonflé et violacé. A cause du venin, il commença à délirer et à parler tout seul à voix basse.
« Viens m’aider, viens Jill, je t’en supplie, viens à mon secours… »
Jill et lui étaient proches, autant que peuvent l’être des équipiers. Mais il y avait autre chose :Dès son premier jour ici, Richard avait eu le coup de foudre pour elle et elle l’avait bien vue mais elle préféra le laisser mariner pendant quelques temps avant de s’offrir à lui. Ils avaient vécu ensemble pendant environ 6 mois et puis du jour au lendemain c’est elle qui avait décidé de rompre. Lui n’avait jamais compris sa décision mais il avait respecté son choix et étaient repartis chacun de leur côté.Ca faisait déjà 2 mois qu’ils n’étaient plus ensembles et pourtant il était toujours amoureux d’elle. Il l’avait vue au cours de ces 2 mois se rapprocher de plus en plus de Chris, même si ce n’était que des non-dits, il se rendait bien compte qu’il se passait ou qu’il allait se passer quelque chose entre eux. Mais Richard ne leur en avait pas voulu et avait continué sa vie comme si de rien n’était.
Mais maintenant il se sentait au seuil de la Mort et seule Jill pourrait l’en délivrer, où tout du moins il se disait que puisqu’il doit mourir, il aimerait bien voir son visage une dernière fois, histoire de partir avec des bonnes pensées.
Le poison circulant rapidement dans son organisme neutralisa son système nerveux et lui fit perdre connaissance, ainsi que le fil de ses pensées.