Oui alors en y réfléchissant, l'erreur n'a pas forcément été de donner de l'épaisseur au personnage de Mansky, mais de trop pointer du doigt le moment où il a basculé dans la folie, qui finit par intriguer le spectateur (d'autres m'en ont fait la remarque) au point qu'on veut savoir ce qu'il a vu alors que ça n'a aucune importance dans l'histoire et que je souhaitais conserver dès le début un certain mystère autour de ça pour une meilleure portée. C'est l'art de la suggestion, mais là c'est sans doute maladroit, j'en conviens.
Mais le fait est que l'histoire de Mansky (qui finalement est ma vraie création dans cette histoire) avait le double avantage, du moins en théorie, de citer une référence d'époque (ici Lovecraft, à la fois Mansky lui-même et le village de pêche) mais aussi de renforcer une ambiance d'angoisse, de menace impalpable.
Voilà, entre les intentions et les résultats il y a un monde et là, c'est vrai que ça fait un scénar dans le scénar, censé enrichir le scénar principal mais au final ça détourne un peu trop l'attention du spectateur du discours originel.
Une autre référence dans La Peur, moins connue du public celle-ci, est le personnage de Richard, que j'ai travaillé et retravaillé pour atteindre ce résultat, qui est un hommage à Richard Burton, pas l'acteur mais l'explorateur qui a découvert les sources du Nil et qui était un sacré personnage.