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Chapitre 5:
Les jours finirent par s´en aller, défilant les uns après les autres à une vitesse effrayante, presque vertigineuse. Seul le soleil semblait ne pas vouloir quitter sa position harcelante, au dessus de la petite ville jaune.
Jerry, qui se tenait à la fenêtre de son bureau, observait sans un mot les petites habitations aux murs lumineux qui lui faisaient face, tels des miroirs reluisants. Il avait beau garder le silence, son esprit ne cessait néanmoins de travailler, faisant redéfiler en lui les principaux évènements qui s´étaient déroulés ces derniers jours. Tout d´abord l´image de ce camion, renversé sans raison à l´entrée de la ville, puis celle de ces nouvelles victimes, toutes mortes de façon inquiètante. Il y avait aussi l´inexpliquable mauvaise humeur que Alan Grawe avait témoigné à ses hommes durand ces quelques jours, enfin Henry Lombard, mordu à la main dans des circonstances pour le moins étranges. Et finalement...ce policier retrouvé récemment assassiné...Tant d´images et de questions qui n´avaient cessé de le harceler depuis le début de la matinée.
Un petit groupe d´oiseaux passa soudainement à quelques mètres du bâtiment, criant comme si, eux aussi, souffraient de cette chaleur insoutenable. Jerry les regarda s´éloigner haut dans le ciel, pour finalement disparaître dans la lueur du soleil. Un sourire se dessina sur ses lèvres gercées.
- Partir au loin...vers l´horizon...laissant définitivement derrière soi toute cette folie et cette misère...abandonnant tous ses soucis...se laisser flotter tranquillement au milieu des nuage...pour ne finalement plus revenir...
Combien de fois Jerry avait-il tant souhaité pouvoir quitté cette ville? Partir au loin, derrière les montagnes, vers d´autres horizons...et tout oublier...pour tout recommencer...ailleurs qu´ici...
- Maria, elle-aussi avait désiré s´en aller, pensa-t-il soudainement. Moi qui n´avais jamais eu les moyens de nous offrir nos rêves, même les plus simples...
Il releva la tête tout en observant à nouveau le ciel, haut et illuminé.
- Mais ce jour-là...finit-il par penser. Je rentrais rapidement à la maison...oui je me souviens, le patron venait de m´accordé une promotion...j´étais heureux car je savais...je devinais déjà la réaction de Maria...
Jerry ferma les yeux.
- Mais ce jour-là ne s´est finalement pas passé comme je l´avais prévu...je...je me souviens encore de ces coups de feu, de ces cris d´enfants, de ces balles perdues qui sifflaient tout autour de moi...de cette panique...et...de cet homme...
Les yeux toujours fermés et le crâne brûlant, Jerry se laissa lentement glisser en avant s´en même s´en rendre compte. Mais ouvrant soudainement les yeux, il sursauta et reprit son équilibre.
- EEEHH!!! Tu vas bien???!! Cria Steve qui s´était redressé derrière lui.
- Oui, oui c´est bon, lui répondit vivement Jerry tout en s´agrippant fermement au bord de la fenêtre, tel un être à bout de force.
Il ouvrit le haut de sa chemise et adressa un sourire à son collègue.
- Toute cette chaleur...J...j´en ai attrapé un vertige...mais ça va mieux maintenant...
Steve, le teint blême, continuait de l´observer de son regard perplexe.
- Mmmh...Finit-il par marmonner tout en se rasseyant.
Sans un mot, ce dernier recoiffa ses cheveux et s´appuya de tout son long sur sa petite chaise grise. Il prit alors la parole:
- Au fait, tu ne voulais pas me parler de quelque chose? Lança finalement ce dernier.
- Oui, c’était au sujet du policier retrouvé criblé de balles il y a déjà quelques jours en arrière...mais nous y reviendrons plus tard...ce n’est pas urgent de toute façon, lui répondit Jerry tout en se retournant face au décor lumineux qui rayonnait dans son dos.
Un air de surprise s’empara soudainement de sa figure humide alors que ses yeux se posaient lentement sur un gros nuage noir apparaissant au loin derrière les monts et les forêts.
- Un nuage pareille…ça n’annonce rien de bon, marmonna-t-il entre les poils de sa moustache.
La voix de Steve s’éleva au même instant dans son dos.
- Tu as entendu les nouvelles ? lui lança ce dernier. Un véritable sale temps qu’ils ont annoncé pour les jours à venir…Tss ! comme si on avait encore besoin de ça…
- Après tous ces jours de chaleur insupportable, ce n’est pourtant pas bien étonnant, lui répondit Jerry tout en se dirigeant de manière concentrée vers son bureau, comme si chacun de ses pas lui valaient un effort considérable, tant mental que physique.
Steve, le menton appuyé sur sa main droite, continuait de l´observer.
Jerry s´assit finalement sur sa chaise dans un craquement de bois et commença à ranger les nombreux dossiers qui traînaient devant lui.
Une minute de silence s´écoula, Steve suivant de ses deux yeux les moindres gestes de son collègue.
Jerry, après avoir refermé d´un claquement un de ses tiroirs, se releva et fixa son jeune ami dont les sourcils étaient toujours froncés.
- Nous y allons? Lança-t-il en souriant.
Steve ne lui répondit pas.
- Bon...dans tous les cas, on se retrouve en bas, lui dit Jerry tout en se tournant vers la porte. Il s´apprêtait à sortir quant la voix de Steve s´éleva soudainement dans son dos.
- Encore désolé pour Maria, marmonna ce dernier d´un ton navré. Je n´ai appris qu´aujourd´hui qu´elle avait refais une attaque...
Jerry ne se retourna pas pour le regarder, mais pencha légèrement la tête contre la porte vitrée.
- De tout coeur, j´espère que tout ira bien pour elle...et sache encore...que je serais toujours là, quoiqu´il puisse arriver.
Jerry, la tête toujours penchée, le remercia d’une voix sincère. Puis, sans rajouter un mot, il ouvrit la porte et sortit de la petite pièce, baignée par la lueur du soleil.
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la suisse tout bientôt!!

( encore désolé pour l´arrêt momentanné, mais . .. voilà lol)