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Troisième Histoire de Zombie >>>

The_Twilight
The_Twilight
Niveau 9
29 août 2005 à 18:30:29

Arrgh !! les gars c´est pas possible !! j´dois être atteint d´une maladie y a pas d´autre explication! :malade: J´ai toute la suite dans la tête, avec des idées qui débarquent chaque jour en grand nombre....mais dès que je me pause devant l´ordi, j´arrive pas à écrire !! ! :snif: monde cruel.

Mais la suite devrait arriver bientôt. Elle est écrite à 75% pour le moment. Une fois postée, 4a près, ça va défiler j´en suis convaincu ! :ok:

Enfin, plus de promesses maintenant...!! A force de n´avoir jamais été en mesure de les tenir... Chui encore pire que Chirac !! ! :fou:

P.S. merci à vous tous néanmoins !! vous êtes des :ange: !

lol

Lepseudodemoi
Lepseudodemoi
Niveau 7
29 août 2005 à 19:06:33

Ouf Twilight t´est là je croyais que t´était mort lol.
75% ça veut dire bientot j´éspère :fou:

The_Twilight
The_Twilight
Niveau 9
29 août 2005 à 22:47:27

Oui on peut dire ça !!

:content: Hohohoooo !

qeqe5
qeqe5
Niveau 6
14 septembre 2005 à 15:40:51

on l attends toujours

The_Twilight
The_Twilight
Niveau 9
15 septembre 2005 à 16:30:05

Je l´ai encore avancée aujourd´hui ! enfin...modifiée ouai plutôt...j´avais écrit un passage pis finalement je le décale... une autre diée m´es venue staprème...ouai enfin le boxon total! :oui:

Mais ça vient ! j´ai senti tout à l´heure que je touchais enfin au but !!

(j´attend pas de vous que vous me donniez une réponse maintenant! Non ! Je postais juste ce message pour vous tenir au courant que ça avance et que demain normalement, comme j´ai congé tout l´aprème, bah si je fais rien, je mets le temps nécessaire pour boucler cette suite!! )

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 17 septembre 2005 à 13:01:09

C´est vachement bien écrit! Faudrait publier ton histoire. Y´a même des sites pour sa. Continue comme ça!

kinon
kinon
Niveau 7
18 septembre 2005 à 16:55:53

ecrit la suite vite!

The_Twilight
The_Twilight
Niveau 9
19 septembre 2005 à 12:32:26

Voici enfin la suite mes amis !! et ouai...je reconnais que cela aura été long...et que le passage qui suit est particulièrement long lui aussi! ^^ mais bon, c´est le dernier morceau avant que l´histoire ne s´apprête à défiler comme des ptis pains! Alors ne boudons pas notre plaisir ! ^^

allez, bonne lecture !! :ok:

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Suite Chapitre 6 :

Centre ville de Raccoon City, Commissariat, 26 septembre 1998.

Un vent frais s’effrite silencieusement contre les hauts murs sombres de la grande bâtisse. Pas un bruit ne résonne dans l’allée entourant le commissariat, encore éclairée par les nombreux projecteurs qui y ont été installés. Les rues sont désertes, les trottoirs abandonnés, les habitations plongées dans le noir, des papillons de nuit s’agitent ci et là autour des quelques lampadaires présents sur place...En fin de compte, rien en cette nuit froide n’aurait semblé pouvoir trahir ce qui s’y tramait dans l’ombre et le silence. Chaque élément de ce décor nocturne et reposant ne nous incitait au contraire qu’à rester sur place...à s’asseoir un moment sur ce petit banc de bois, là, au coin de la haie, où s’était déjà arrêté Eric Draven lors de son inspection de la ville...y prendre place confortablement, et, sans le moindre mot, s’ouvrir quelques instants à la beauté féerique de la nuit tout en contemplant le ciel dans son immensité. Se laisser bercer calmement...s’imaginer...au loin...là-bas...vers d’autres horizons... Oui, aussi étonnant cela puisse paraître, une ambiance véritablement apaisante régnait tel un brouillard sur les alentours du commissariat de Raccoon City. Et pourtant... les apparences se révèlent bien souvent trompeuses... En effet, nous tous savons pertinemment ce qui s’apprête à survenir d’une minute à l’autre au sein de ces montagnes noires...en ce paysage lugubre et inquiétant...au plus profond de cette région isolée de tout...là, à l’embouchure de cette forêt épaisse et mystérieuse...au cœur même de cette petite ville égarée que tout le monde avait si longtemps cru sans histoire...
Mais voilà...Sur place, personne ne se doute encore de rien. Tous, bien qu’étant endormis, se sont mentalement dors et déjà propulsés au lendemain...chacun d’entre eux possède en effet sa petite vie à gérer...sa routine propre...ses occupations, ses soucis, ses projets... Pour tous, en cette douce nuit glaciale, la vie ne fait donc que continuer son cours habituel. Et pourtant...malgré les nombreuses illusions propres à l’être humain, la réalité est bel et bien qu’il n’y aura de lendemain pour personne... Mais aucun habitant n’a encore témoigné la moindre attention à ce qui est en train de se passer à l’extérieur. Là, juste derrière leurs fenêtres, précipitamment refermées à cause du froid...Personne ne les entend se déplacer...et pourtant...ils sont bien là...
A première vue, depuis notre banc de bois, nous serions tenté d’affirmer que cette soirée se déroule finalement dans le calme le plus habituel ... Mais contre toute attente, le danger rôde pourtant en ce moment même tout autour de nous...là, dans l’obscurité...où personne ne doute de son arrivée... il nous guette... La brume opaque s’est en effet maintenant déversée sur la plupart de la ville, s’infiltrant jusque dans ses moindres petites ruelles, tel une maladie qui se répandrait dans les veines d’un être humain. Mais plus qu’un simple individu, c’est une ville tout entière qui se retrouve subitement touchée en plein cœur ce soir là... Mais attention ! N’allez surtout pas croire que le malheur de Raccoon City ne survient qu’à ce stade de l’histoire ! Oh que non ! Cela fait au contraire maintenant deux mois déjà que tout a commencé...deux mois !! ...Et personne en cette ville n’aura pour autant pressenti la catastrophe arriver...

Comment devons–nous comprendre cela ? Et bien contentez-vous de lire attentivement ce qui suit, vous allez sans doute immédiatement saisir où je veux en venir.
Prenez pour exemple un grand navire faisant naufrage au large. Lorsque celui-ci s’enfonce dans les eaux noires et profondes de l’océan, son chavirement ne se produit jamais en une fraction de secondes, vous me l’accorderez. Survient tout d’abord le choc...parfois terrible, ce qui a pour effet que tout le monde s’en rend immédiatement compte...parfois sourd, où là, au contraire, il arrive que personne à bord ne sente sur le moment la brèche se former, laissant ainsi l’embarcation maintenir son cap comme si de rien n’était...
Certains d’entre vous auront peut être déjà compris que ce dernier point nous concerne directement. Toujours est-il que la conséquence dans les deux cas reste la même : la coque se remplit d’eau ...petit à petit...le processus peut en effet prendre plus ou moins de temps suivant la force du choc...et surtout, sans le moindre bruit...cela du moins jusqu’à ce que les rats, paniqués, remontent brusquement par dizaine à la surface du bateau pour s’enfuir... Dès cet instant, l’alerte est lancée...l’on ne peut plus l’ignorer d’avantage...Mais voilà, une fois la coque complètement noyée, il est bel et bien trop tard... Ne reste donc dès lors au navire meurtris plus qu’à s’enfoncer calmement dans les eaux troubles avec tous ses marins inconscients...
Vous devez sans doute vous demander qu’est-ce que tout cela vient faire dans cette histoire, et bien c’est tout simple. Je tenais à mettre le doigt sur le fait que pour comprendre les causes d’un naufrage, il est indéniable de revenir à l’instant où le choc est survenu...là où l’accident s’est produit...

Allez, suivez moi. Nous avons encore un peu de temps devant nous, alors profitons en pour retourner un court instant à l’origine du drame concernant cette ville qu’est Raccoon City... là où s’est produit le choc de départ qui n’a cessé, depuis, de la faire s’enfoncer...jour après jour...dans sa lente et inéluctable descente aux enfers... Oui, revenons là où tout a commencé... Ne vous en faites surtout pas, nous serons de retour bien assez vite... Je ne compte tout de même pas vous faire rater ce que vous tous, attendez depuis si longtemps ! Mais pour le moment, allons retrouver la brèche... Envolons-nous tels des oiseaux, là haut dans le ciel noir qui nous surplombe de toute son immensité. Laissons seulement ce banc un instant de côté. ...Venez... qu’il est si bon de sentir cet air frais nous caresser le visage... Cette nuit paraît si belle au premier point de vue vous ne trouvez pas ? ...Que regardez-vous ? La ville ? Elle semble si tranquille vu du ciel, non ? Allons, ne nous attardons pas... Dirigez-vous vers la forêt sombre à présent, et parcourez les nombreuses pointes des sapins touffus qui la peuplent... continuez toujours droit devant vous... ...encore quelques mètres... là ! Voilà, c’est bien ici... Alors ? Reconnaissez-vous ce cratère béant au milieu de tous ces arbres déracinés, là, juste sous vos yeux ? ...Tous ces débris d’explosion qui hante désormais ce lieu à jamais rendu à la nature... Oui...Cet endroit regorge de souvenirs, c’est le moins que l’on puisse dire...Quant on pense que c’est ici même que tout a commencé...que la brèche s’est ouverte en quelques sortes. Et pourtant...tout a continué comme si de rien n’était pour les habitants de Raccoon City. Les hommes responsables de cela se sont hâtés de faire classer l’affaire, et tout a ainsi été oublié. Conséquence...Personne n’a ressenti le choc qui, dès ce jour les a tous condamné...personne ne s’est douté de rien. Seul Jerry, depuis la fenêtre de sa cuisine avait bien remarqué qu’il se passait quelque chose...que la ville avait profondément changé depuis quelques temps... Mais voilà, au prix de l’insouciance de tous ses habitants, Raccoon City, tel un navire, n’a cessé de couler depuis ce jour maudit...et dire que c’est seulement en cette soirée-ci, soit deux mois plus tard, que la ville finit par se briser et s’apprête, d’un instant à l’autre, à emporté toute sa population dans sa chute... Il s’agit là d’une image purement inventée, je vous l’accorde ! Mais néanmoins…réfléchissez-y un temps soit peu...les relations entre Raccoon et l’exemple du bateau chavirant sont plutôt flagrantes au fond.
En effet, cette dernière, elle aussi, après le choc de l’explosion s’est vue peu à peu inondée de l’intérieur. Non pas par de l’eau, bien entendu, mais par un virus inconnu qui, après s’être échappé par accident, n’a pas perdu de temps avant de se répandre dans tous les égouts de la ville... dans toute sa coque si vous voulez... Peu de temps après, Raccoon, elle aussi, s’est vue brusquement envahie par les rats qui, affolés, sont remontés dans ses rues pour s’y laisser mourir... c’est alors seulement que la contamination est apparue au sein de la population. Et comme pour les marins et leur navire, dont la coque aurait déjà été noyée sous l’eau, pour Raccoon City et ses habitants, il est bel et bien trop tard à présent...définitivement trop tard...

...Enfin, vous aurez sans doute compris ce que je tenais à exprimer au travers de ce passage...Bien...assez de paroles en l’aire...je devine déjà sur vos visages ce qui vous intéresse réellement dans tout cela...alors ne nous attardons pas d’avantage en ce lieu sombre...et désormais oublié qui plus est. ...Renvolons-nous seulement pour Raccoon City...Je n’ai plus besoin de vous guider à présent je suppose ? Vous connaissez le chemin tout aussi bien que moi... ...Voici que la ville illuminée se révèle à nouveau face à nous ... Attendez ! Ne retournez pas tout de suite vous asseoir sur le petit banc de bois, au coin de la haie ...Je tiens à vous montrer encore une dernière chose. Suivez moi donc ! Ce n’est pas bien loin... Voyez-vous cette fenêtre entre ouverte, là, à l’angle de ce petit immeuble sombre ? Et bien prenez seulement la peine d’y jeter un coup d’oeil! Vous allez voir... Là...rapprochez-vous seulement encore un peu ! Voilà qui est fait. Ne bougez plus à présent. Contentez-vous simplement d’observer la silhouette qui s’y trouve.
Une jeune femme se tenait en effet dans la chambre obscure en question, à moitié recroquevillée sur son lit. Elle qui, après avoir été mordue par un rat, n’avait pas estimé nécessaire de se rendre à l’hôpital comme la plupart des autres contaminés, la voilà brusquement atteinte de spasmes incontrôlables. Sa jambe droite lui démange au point qu’elle finit par y planter violemment ses ongles, laissant ainsi s’échapper un flot de sang sur le drap blanc. De toute façon, elle ne ressent dors et déjà plus le moindre sensation. Son visage affreusement blanchâtre se penche subitement sur le côté du lit, où elle se met à vomir dans un horrible effort. Ses yeux perdent peu à peu l’éclat noir qu’ils avaient toujours possédé auparavant. Des gémissements indescriptibles s’échappent de sa bouche. Lentement, elle se laisse basculer du lit et s’étale de tout son long sur le sol humide. Prises de nouveaux spasmes, elle s’agite à plusieurs reprises sur elle-même, crachant des jets de sang à chaque coups qu’elle avait l’impression de recevoir à l’estomac. Sa main gauche, toute tremblotante, tente encore un vain mouvement en direction du pied du lit, mais rien n’y fait, ses dernières forces l’abandonnent brusquement. La bouche et les yeux grands ouverts, la jeune femme s’immobilise alors sur elle-même, un râle rauque s’évanouissant lentement au fond de sa gorge ensanglantée. C’est finit, elle est morte...
...Incroyable non ? Cette jeune femme encore pleine de vie et de projets pour ses années futur...là voilà maintenant couchée devant nous, morte...sans le moindre bruit, elle s’est éteinte en cette petite chambre sombre. Personne ne l’a entendue agoniser. Sans doute les autres locataires de l’immeuble sont-ils tous profondément endormis...ou alors eux aussi...peut être...sont en ce moment même en train de mourir comme cette pauvre femme...En effet, des malades dans l’état que cette dernière, ces bâtiments sombres en regorgent bien plus que vous n’oseriez l’imaginer. Combien de contaminés se sont en effet vus refuser l’entrée à l’hôpital pour cause de manque de place ? Sans doute un nombre incalculable...Car c’est un fait ! Beaucoup de gens n’ont pu y accéder. Mais voilà, la seule différence en fin de compte est qu’à présent, ceux-ci décèdent suite à leurs symptômes avancés, chez eux, et non à l’hôpital parmi tous les autres contaminés... au sein même de la panique totale...

Mais au fond, pourquoi vous avoir forcé à assister à cette pénible scène ? ...Tout simplement pour vous prouver que quoique l’on puisse en dire, l’infection est bel et bien partout...Oui, le commissariat lui-même étant encerclé de toute part par la menace, l’on finit par comprendre pourquoi, en cette nuit de 26 septembre 1998, la ville de Raccoon City ne passa pas la nuit...

En parlant du commissariat, arrêtons-nous y un court instant. Il peut être en effet intéressant d’observer dans quelle ambiance se tenaient les hommes de l’ordre avant que le cauchemar ne prenne place, et que tous soient tués sans avoir eut le temps de comprendre ce qui leur arrivait...
Pour le moment, en son intérieur, pas un bruit ne résonne. Les longs couloirs éclairés se sont lentement vidés, devenant ainsi aussi froids que ceux d’une prison. Un silence lourd règne dans le bâtiment tout entier. En effet, et je pense qu’il n’est pas inutile de le rappeler, ce soir là, tous les esprits sont endeuillés par le décès soudain de la femme de Jerry. Le moral de tous les policiers présent sur place s’en est soudainement retrouvé au plus bas. Trop profondément touché pour être en état de dire quoi que se soit, chacun s’est lentement retiré de son côté, le visage amer, les yeux rivés sur le sol. Maintenant dispersés dans les divers étages, tous, demeurant silencieux, se contentent d’avoir une pensée pour leur compagnon de vieille date. Confrontés au silence, tous remettent peu à peu en question leur existence, leurs buts dans la vie, leurs parcours et leurs avenirs...tout comme ils tentent de s’expliquer pourquoi un homme aussi si bon, doux et généreux que Jerry est-il être atteint par tant de malheurs. Tous tentent de se l’expliquer, mais aucune réponse quelle qu’elle soit ne leur parvient...et cela tout simplement parce qu’il n’y existe aucune raison quelconque...la vie est ainsi, et elle ne fait pas dans la justice, chacun de nous le sait assez bien... Tous ces agents de police auraient sans aucun doute préféré se tenir auprès de leur famille, auprès de ceux qu’ils aiment, si on les avait avertis de leur destinée... si on les avait prévenu à temps qu’ils allaient mourir...tout soudainement... Mais voilà, en cette douce nuit d’automne, le hasard les a finalement tous réunis ici, en ce bâtiment devenu subitement aussi glacial qu’une prison pour condamnés à mort... et cela dans un seul et même but : les faire attendre ...et leur accorder une dernière réflexion sur ce monde, un tout dernier regard sur leurs existences... avant que le destin ne les envoie tous de l’autre côté du couloir de la mort...

Vous et moi allons maintenant, ensemble, tenter de comprendre ce qui a bien pu se passer là-bas, au-delà de ces montagnes sombres, et encore bien au-delà de toutes ces forêts s’élançant à perte de vue...là-bas, dans cette petite ville isolée du nom de Raccoon City... au terme de ces quatre jour de folie... La tache sera ardue, cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Mais il nous faut pourtant tenter de comprendre...comprendre comment nous avons pu en arriver là... quoiqu’il en coûte ! ... Car n’oubliez jamais au fond de vous-même, que tout ceci en fin de compte, aussi triste cela puisse paraître... c’est nous seuls, et personne d’autre qui en sommes les responsables...

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La suite dans un instant! :ok:

The_Twilight
The_Twilight
Niveau 9
19 septembre 2005 à 12:58:32

V´la la suite ! :ok: bonne lecture!

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Suite Chapitre 6 :

Cabane du Garde forestier – abords de la forêt de Raccoon City – 23h30 env.

- ...Tu sais ce qui me déplait le plus au fond dans cette ville ? Lança soudainement Kurt Dean au vieux garde forestier, Franck Eklert.
Ce dernier, sans dire le moindre mot, tourna machinalement la tête en direction de son ami qui, immobile, se tenait face à l’une des fenêtres de la cabane. Celle-ci étant placée en contrepente, la vue s’ouvrait directement sur Raccoon City, endormie un peu plus bas. Habillé tout de noir tel un de ces hommes d’affaire que l’on croise partout dans les grandes villes, dressé de toute sa droiture, une mallette soutenue dans la main gauche, les cheveux courts et bien coiffés...il n’y a pas à dire, l’image que Franck avait gardé de son ami d’enfance s’en était définitivement allée.
- ...Cette impression d’isolement...que l’on ne peut s’empêcher de ressentir à tout moment... reprit Kurt sur le même ton morne, tout en observant les monts brumeux qui encerclaient les environs.
Ce dernier détourna alors lentement son regard de la vitre poussiéreuse, et se mit à fixer son vieil ami qui se tenait en silence face à la cheminée, où crépitait un petit feu de bois.
- ...Il m’arrive vraiment parfois de me demander comment toi et tous ces gens parvenez à rester toute l’année dans un endroit pareil ! ajouta Kurt avec froideur.
A peine eut-il dit cela, Franck se redressa subitement sur lui-même, ce qui fit à moitié sursauter son ami resté devant la fenêtre. Le vieil homme barbu se déplaça calmement de l’autre côté de la cabane, tout en adressant au passage un sourire à Kurt qui l’observait toujours d’un air glacial.
- ...Le feu commence à manquer de bois ! Lança Franck, tout en empoignant son manteau foncé suspendu à droite de la porte.
Kurt, devenu âgés lui aussi, le fixait toujours du coin de l’œil.
- ...Enfin, je ne suis pas ici pour te faire la leçon après tout, marmonna ce dernier tout en s’avançant à son tour en direction de la cheminée.
Là, il prit lentement un petit cadre de bois qui se tenait sur le rebord du foyer crépitant. Sans un mot, il souffla vivement la poussière qui jonchait le verre de ce dernier. Une vieille photo sur laquelle figuraient les deux amis de longue date se dessina alors à nouveau au sein du cadre. Un sentiment de nostalgie sembla un instant apparaître sur le visage de Kurt, ce dernier regrettant le temps où, étant jeune, il avait encore toute la vie devant lui.
- Au faite...tu ne m’as même pas demandé pourquoi j’étais revenu à Raccoon City, lança soudainement ce dernier.
Le vieux garde forestier, qui était jusqu’alors resté immobile devant la porte en bois, son manteau en main, se retourna lentement sur lui-même.
- ...Tout homme aime à revenir un jour sur ses traces non ?. ..marmonna celui-ci en souriant.
- Non Franck... Rétorqua brusquement Kurt qui, ayant reposé la photo, se dirigeait soudainement pas à pas vers son ami. Je suis revenu parce que l’on m’a fait savoir...comment dire...que tu étais devenu un peu bizarre ces derniers temps. Et...
Kurt détourna ses yeux en direction de la fenêtre, trahissant ainsi le malaise qui le hantait de l’intérieur.
- ...Je ne te cacherai pas que certaines personnes ont même été jusqu’à m’affirmer que…tu avais un peu...tourné de l’œil récemment…
Franck adressa un regard indifférent en direction de son vieil ami.
- Je me fiche pas mal de ce que peuvent bien penser les gens ! Avoua ce dernier tout en s’apprêtant à tourner la poignée de la porte pour sortir.
- ...Ce n’est pas tout Franck ! reprit vivement Kurt d’un ton sévère, tout en plongeant calmement sa main droite dans le dos de sa veste noire. Certaines preuves pour le moins...accablantes...nous ont amené récemment...à reconnaître ta culpabilité dans les meurtres survenus en août dernier !
Le vieux garde forestier, sentant soudainement son corps se glacer des pieds à la tête, voulut rétorquer de toutes ses forces mais Kurt ramena lentement son bras droit de sa veste, une arme en main.
Franck l’observa d’un air ahuri...
- Nom de Dieu ! Ma...Mais qu’est-ce que c’est encore que ce cirque ! Vociféra ce dernier en sifflant entre ses dents serrées.
- J’ai été chargé de venir te chercher...Franck...et tu vas me suivre...de gré ou de force...
Kurt braqua son arme en avant sans la moindre hésitation.
- Dis moi au juste... ami ! grogna Franck. Aurais-je au moins l’honneur de savoir avant tout qui t’envoie jusqu’ici ?! ...Et de quel droit oses-tu, à peine revenu après tout ce temps, m’accuser d’un crime aussi lamentable et dont tu me sais parfaitement innocent!!
Kurt se contenta de lui adresser un regard froid.
- ...Après une affaire aussi sale que celle survenue dans les environs...tu imagines bien...Ils leur fallaient trouver un coupable... je suis désolé ... ne vas pas croire que je n´ai pas tenter à maintes reprises de les dissuader de leur choix...mais voilà...moi aussi je risque ma vie ! ... personne ne choisit son destin mon vieux...et après tout, je ne fais que suivre les ordres ! Allez, suis moi à présent ! lança Kurt tout en faisant un geste de son arme en direction de la porte.
Franck, un air d’incompréhension totale et de rage déformant les traits de son visage, fixa avec dégoût l’homme qu’il avait si longtemps estimé comme son meilleur ami.
- ...Mais où est donc passé celui que je considérais comme un frère ? marmonna ce dernier à voix basse. J’ai toujours su que tu commettais une erreur en quittant Raccoon ...
Kurt ne lui répondit pas, mais se contenta de braquer d’avantage son arme.
Sans ajouter le moindre mot, Franck se retourna donc calmement sur lui-même dans un mouvement forcé. A contre coeur, il posa sa main vieillissante sur la poignée froide de la porte, tentant de trouver une solution à sa situation. Mais sentant le canon de l’arme s’appuyé soudainement dans son dos, il ouvrit finalement cette dernière dans un grincement aigu. Un air particulièrement glacial pénétra alors brusquement au sein de la petite cabane, soufflant d’un trait le feu de bois qui commençait à se mourir au fond de la cheminée. Seule la lueur claire de la pleine Lune éclairait encore désormais la salle devenue subitement très sombre.
Étrangement, Kurt demeura sur le moment totalement immobile. Pas un mot ne s’échappa de sa bouche. Franck, lui aussi, se tenait cloué sur le pas de porte, les yeux grands ouverts. Tous deux, bien trop interloqués pour dire quoique ce soit, se contentaient de fixer en silence les silhouettes étranges qui erraient dans les alentours obscures de la cabane.
Kurt, son arme toujours braquée dans le dos de son ami, ne parvenait à détacher ses yeux d’un homme qui, appuyé de ses deux mains dans l’herbe, vomissait en hurlant.
- Mais.. ...mais...
Plusieurs autres silhouettes apparurent alors simultanément au bas de la colline, semblant toutes se déplacer avec une grande peine. Certaines d’entre elles, vautrées sur le sol, se traînaient de tout leur long tout en laissant s’échapper des râles rauques de leur gorge.
- Mais...qu’est-ce que...!! s’écria subitement Kurt tout en rentrant lentement à reculons dans la cabane, désormais plongée en partie dans l’obscurité. Toi ! Dis-moi ce qui se passe ici !! hurla-t-il tout en braquant avec colère son arme sur le vieux garde forestier qui, tétanisé, demeurait immobile.
Des plaintes graves se mirent soudainement à monter du bas de la colline. Le cri de Kurt les avait en effet tous alertés. Des bruissements de pas précipités dans les hautes herbes commencèrent à résonner de toute part. Kurt, complètement affolé, se précipita à nouveau aux côtés de son ami, d’où là, il constata avec effroi que les silhouettes errant dans la nuit se dirigeaient à présent toutes vers eux.
- Partons par là !! cria ce dernier tout en tirant le vieil homme de toutes ses forces vers le côté de la maison.
Mais à ce moment même, un cri torturé s’éleva brusquement droit devant lui. Une ombre incertaine ne tarda pas alors à se dégager lentement de la forêt sombre qui s’élançait juste devant eux.
- Bon Dieu !! Mais il y en a partout !!
Totalement paniqué, Kurt se retourna vivement sur lui-même, la respiration saccadée.
- Dans la cabane ! Vite !! s’écria ce dernier tout en menaçant le garde forestier de son arme noire.
Sans plus attendre, tous deux se précipitèrent donc vers l’entrée de cette dernière, les nombreux hurlements sourd des environs accompagnant leurs foulées irrégulières. Mais alors qu’ils gravissaient à toute vitesse le petit escalier de bois menant au porche de la maison, une main glacée s’agrippa brusquement à la jambe gauche du vieil homme barbu.
- Kurt !! hurla Franck tout en donnant de violents coups de pieds en arrière. Aide moi !!
Tétanisé, Kurt se contenta de l’observer, sans le moindre mot. Des silhouettes toujours plus nombreuses commençaient à apparaître de toute part au sein de la nuit.
Sans le moindre égard envers son ami, Kurt claqua finalement la porte de toutes ses forces. Cela fait, il se dirigea à toute vitesse jusqu’au fond de la cabane, plongée dans le noir, s’encoublant en chemin contre une vieille chaise qui traînait sur place. Le souffle haletant, celui-ci se redressa vivement et se lança contre le mur de bois du fond de la pièce.
- Non...c’est ...c’est impossible...je dois être en train de rêver...ça n’a pas de sens...
Immobile, Kurt tenta de calmer sa respiration. Étrangement, plus aucun bruit ne résonnait à l’extérieur de la cabane isolée. Relevant lentement son arme devant lui, ce dernier se mit à fouiller des yeux le décor sombre qui l’entourait, l’oreille dressée.
- ...Franck ? se risqua-t-il d’une petite voix.
Kurt, sursautant subitement sur lui-même, braqua violemment son pistolet en direction de la fenêtre face à laquelle il se tenait un peu plutôt. Quelque chose venait de s’y cogner...il en était sûr...
Sans un bruit, celui-ci se mit à s’avancer pas à pas dans le noir, restant le plus possible sur ses gardes.
- ...Fran...
Kurt sentit tout son corps se glacer d’un seul coup au moment où il distingua la marque ensanglantée qui luisait sur le verre de la fenêtre. Tout alla très vite. Un râle grave s’éleva brusquement derrière la porte en bois. Kurt, hurlant de toutes ses forces, vida son chargeur en une fraction de seconde, explosant les gonds de cette dernière sans même s’en rendre compte.
- haaaa…n’approchez pas !! hurla celui-ci à bout de souffle. ...Ou je vous ju...
Une fenêtre se brisa violemment dans son dos. Kurt, se retournant immédiatement sur lui-même dans un air d’effarement, cru devenir fou en voyant le corps ensanglanté d’un homme se débattre au sein de cette dernière, des briques de verre plantée dans le ventre. Horrifié, il lâcha le chargeur qu’il tentait tant bien que mal d’enfiler dans son arme. Des coups secs se mirent alors à résonner contre la porte trouée de toute part.
- Non mais c’est pas vrai !! s’exclama Kurt dans une exclamation aigue.
D’un réflexe, ce dernier se projeta en avant et empoigna la petite table qu’il avait aperçu lorsque le feu illuminait encore la petite cabane. Traînant cette dernière avec rage sur le plancher poussiéreux, il voulut la bloquer contre la porte cassée, mais un choc mou se produisit subitement dans son dos. Détournant la tête, Kurt remarqua dans la lueur de la Lune qui entrait par la fenêtre brisée, que l’homme au crâne ensanglanté s’était laissé tombé sur le sol. S’élançant dans le noir dans un élan de panique, celui-ci braqua avec dégoût son arme sur la silhouette vautrée par terre, et ouvrit le feu. La détonation résonna avec fracas contre les vieux murs de la cabane. Mais alors que Kurt croyait s’être tiré d’affaire pour un moment, la porte céda à son tour. Plusieurs silhouettes cachées par l’obscurité pénétrèrent alors brusquement la petite cabane dans un élan rauque, grognant tels des bêtes sauvages. Kurt, sentant l’adrénaline s’emparer de son corps, se mit à tirer dans tous les coins, des impacts de balles lui parvenant ci et là dans le noir. Malgré cela, les bruits de pas précipités sur le plancher, eux, continuaient bel et bien de résonner. Son chargeur à nouveau vidé, Kurt lança avec rage son arme devant lui. Reculant pas à pas, ce dernier voulut s’enfuir par la fenêtre brisée, mais au moment même où il se retournait, une silhouette de femme se jeta sur lui dans un cri aigu. Partant à la renverse, Kurt se frappa l’arrière de la tête contre le bord de la petite table qu’il avait déplacé quelques secondes plutôt. Couché de tout son long, ce dernier, laissant tomber son visage sur le côté, aperçut alors la toute dernière image de sa vie. ...Il s’agissait d’un corps...Oui...un corps vautré derrière la porte d’entrée... ...un corps sur lequel étaient accroupies plusieurs personnes... ...c’était le corps de Franck... ...et toutes ces personnes...elles....non c’est impossible... ...cela n’a pas de sens.....Non...ça...
Kurt ne pu s’empêcher un hurlement de douleur alors que la jeune femme vautrée sur lui, plantait violemment ses dents dans la chair de sa gorge.

Tout en s’étouffant lentement dans son propre sang, Kurt observa une dernière fois le paysage noir qui s’élançait infiniment au-delà de la porte entrouverte.... ...la nuit paraissait si belle... ..et pourtant.. ...tous ces cris terrifiés... ....ils ne cessaient de s’amplifier à chaque instant.. ...là... ..juste en bas... ...dans cette petite ville isolée... ...des dizaines d’hurlements.. ...déchirant le calme plat de la nuit... ...tel le sifflement d’un vent puissant... ...oui...des cris perdus au sein des montagnes... ...il devait y en avoir des centaines ce soir-là... ......voir des milliers...

La destinée de ces deux personnages inconnus s’arrêtait peut être brusquement ici... le cauchemar de Raccoon City, lui, ne faisait que commencer...

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La suite tout bientôt !! :ok:

Lepseudodemoi
Lepseudodemoi
Niveau 7
19 septembre 2005 à 13:47:05

:ouch: Ah ok je comprends pourquoi t´as mis du temps por écrire.La suite est comme d´habitude c´est a dire :ok:

qeqe5
qeqe5
Niveau 6
19 septembre 2005 à 18:22:17

oui vraiment extra

The_Twilight
The_Twilight
Niveau 9
21 septembre 2005 à 13:10:32

Merci à vous deux :ok:

z´êtes super sympa !!

The_Twilight
The_Twilight
Niveau 9
21 septembre 2005 à 13:15:54

N´hésiter surtout pas à lâcher vos commentaires chers lecteurs ou nouveaux lecteurs! :oui: Car d´une part, ça me permet de voir ce que vous pensez de ma façon d´écire, que se soit autant dans un sens positif que négatif bien sûr, vous avez la parole) et de plus, il est vrai que cela motive l´auteur à poster la suite le plus vite possible....déjà que je suis lent d´nature :honte:

lol merci et @++

la suite sûrement dans la soirée !

Pr_Arturo
Pr_Arturo
Niveau 10
23 septembre 2005 à 17:27:27

The_Twilight : Toutes demandes explication doivent ce faire sur le topic de modération et non sur celui-ci. Par conséquent tes deux messages seront supprimés.

-Dark_04- : Je n´ai pas effacé ton message donc je supprime ce message hors sujet et tu peux demander aux admis des explications, pourquoi tes messages sont supprimés.

Merci de vos compréhensions.

-Dark_04-
-Dark_04-
Niveau 5
23 septembre 2005 à 17:45:56

C´est tellement plus facile d´accuser les autres de nos propres fautes :ok: Ben en tout cas ils seront mis au courant!

Pr_Arturo
Pr_Arturo
Niveau 10
23 septembre 2005 à 19:00:43

Merci pour ton aide -Dark_04-, comme ça on sera sans doute qui s´amuse au délateur.

The_Twilight
The_Twilight
Niveau 9
24 septembre 2005 à 17:34:18

V´là la suite !! :ok: Bonne lecture !
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Suite Chapitre 6 :

Sous-sol du commissariat de Raccoon City – 15 minutes plus tard...

Le silence... un couloir... une salle obscure... un endroit retiré de tout... Des montagnes noires, lugubres... une brume épaisse... un décor sombre et abandonné... une forêt mystérieuse... tout un paysage éclairé par la douce lueur de la Lune... et finalement... cette salle obscure... ce couloir... et...le silence...
Une ambiance véritablement irréelle régnait dans le sous-sol du grand Bâtiment de police. Une lueur bleutée flottait curieusement au sein de ses nombreux couloirs. Pourtant, en y regardant de plus près, avec un minimum d’attention, ce décor à l’allure étrange, où finalement tout se ressemblait, donnait plus froid dans le dos qu’autre chose. Tous ces murs de couleur grise, délavés, mornes et tristes ne faisait, malgré eux, que rappelé les locaux glauques et inquiétant d’une prison. De plus, un silence bien trop prononcé hantait ces couloirs subitement vidés de toute part...enfin...totalement vidés?...Je n’en suis pas si sûr...
Là, en effet, à l’angle de ce mur sombre, se tient une porte métallique, restée entrouverte. Sentez-vous cet air glacial qui s’en échappe ? Ainsi que toute la douleur qui semble émaner de cette petite salle retirée... et enterrée, qui plus est, sous une société tout entière... une ville qui reprend chaque matin son rythme quotidien, bercé d’une tendre indifférence... chacun s’y bouscule et se frôle en vitesse sans même s’adresser un regard... oui, chacun y va de son propre chemin, ne pensant qu’à lui, et à lui seul... voilà la société d’aujourd’hui du haut de toute sa splendeur et sa démesure... voilà pourquoi nous tous, sans même nous en douter, ne faisons que courir à notre perte... et voilà pourquoi Raccoon City, au fond, se devait de courir à sa propre perte...
Là, derrière cette porte grinçante, au sein même de ces cabinets sombres et silencieux, se tient un homme. Assis à l’écart des zones encore éclairées par la faible lueur blanchâtre des quelques néons placés ci et là, cet homme souffre horriblement... De sa main droite, posée sur le sol froid, il tient une arme chargée... Là, dans la solitude et l’ignorance de tout un monde, cet homme veut mourir...

D’un geste vif, Jerry s’aspergea le visage de l’eau fraîche qui s’était accumulée dans le creux de ses mains jointes. Instinctivement, ce dernier referma le petit robinet rouillé sans même lever les yeux. Cela fait, il demeura un instant totalement immobile, la tête penchée en dessus du lavabo, observant de son regard sombre les gouttelettes qui glissaient silencieusement le long de ses cheveux trempés. Sans le moindre mot, le vieux policier fixait ces dernières dans leurs courtes chutes, avant qu’elles ne se frappent violemment contre les parois grisâtres, car mal entretenues, du lavabo. En fin de compte, la vie, c’était pareil... A chacun des chocs sourds que produisaient successivement les petites gouttes en tombant, s’éteignait une âme quelque part dans le monde. En effet, sur cette planète qu’est la nôtre, des gens meurent à tout moment... et cela sans arrêt... Il nous arrive bien souvent de commettre l’injure de l’oublier... d’oublier que nous-mêmes, au fond, sommes aussi condamnés à y passer...et non seulement ceux dont on apprend la mort jours après jours...
Serrant d’avantage l’arme froide qu’il maintenant toujours dans le creux de sa main droite, Jerry releva lentement ses yeux noircis sur le miroir sale, car, à nouveau, mal entretenu.
...Un homme las... qui a vu disparaître tout ce qu’il avait appris à aimer... Voilà ce que le reflet qu’il fixait sans bouger lui renvoyait. Un homme devenu trop vieux... inutile... et définitivement dépassé par les évènements. ...Une épave... rien de plus...
Sans un bruit, Jerry se retourna calmement sur lui-même, tournant ainsi le dos à la dure réalité qu’était la sienne désormais. Esseulé, ce dernier se déplaça en traînant les pieds jusqu’au mur sombre qui se tenait au fond de la salle obscure. Passant à travers l’étrange lueur bleutée qui se dégageait de l’entrouverture de la porte, Jerry se baissa en avant, et, silencieusement, s’appuya à nouveau contre la paroi froide, laissant peu à peu sa tête se rabattre entre ses jambes moites. Sans le moindre mot, il demeura ainsi quelques secondes. Les yeux fermés, le vieux policier s’efforçait malgré lui de ne penser à rien... de créer un vide total au sein de son esprit durement touché... mais le silence lourd qui régnait tout autour de lui le forçait contre sa volonté à devoir faire face au mille et une questions qui ne cessaient d’hanter ses pensées...
- Que vais-je bien pouvoir faire à présent ? ...Y a-t-il seulement quelque chose qui m’attende encore, quelque part en ce monde ? ...Ou dois-je me contenter de continuer de vivre comme avant...comme s’il ne s’était rien passé... ?
Serrant les dents, tant sa douleur intérieur était aigue, Jerry ramena lentement sa main droite, soutenant l’arme, contre ses genoux.
...Non...je n’ai plus le moindre avenir maintenant...plus rien... tout est fini... fini...
Resté ici, seul face aux périodes sombres de sa vie, c’est tout ce qu’il consentait faire pour le moment....être seul... Et pourtant... une étrange sensation s’était emparée de lui dès l’instant où il s’était détourné du miroir salis... dès l’instant où il avait replongé sa tête entre ses genoux... Là... devant lui... il avait l’étrange sentiment que son reflet continuait de l’observer de l’intérieur du cadre... C’était donc inéluctable...
Se redressant lentement sur lui-même, les paupières toujours closes, Jerry plaqua sans un bruit l’arrière de son crâne contre les catelles glaciales du mur. Sans un mot, ce dernier leva alors son arme d’un geste décidé, puis, silencieusement, amena le canon froid de celle-ci contre sa tempe, où il sentit soudainement vibrer les battements de son cœur. Serrant les dents, les paupières crispées, Jerry se mit à appuyer peu à peu sur la gâchette. Jamais un mouvement du doigt de la main ne lui avait parut si ardu à faire. Sa sensation d’être observé devenant de plus en plus prononcée, le vieux policier rouvrit calmement les yeux. Tout son corps se glaça subitement alors qu’il apercevait une silhouette qui le fixait, immobile, à la droite du petit miroir. Le regard béat, presque terrorisé, Jerry, dont aucun son ne parvenait à s’échapper de sa gorge, remarqua alors qu’il s’agissait d’une femme... oui... une femme habillée d’une robe blanche, dont le visage ne lui était pas inconnu… Debout devant le mur qui faisait face au vieil agent, cette dernière ne cessait de le fixer, sans un mot... Jerry, son arme toujours plaquée contre sa tempe, sentit alors les larmes envahir brusquement ses yeux rougis.
- ...M...Marie... ? murmura ce dernier incrédule, tout en se baissant légèrement en avant, vérifiant que ce qu’il voyait était bien réel.
La silhouette de sa femme, toujours immobile derrière le faisceau bleuté qui se dégageait de la porte de la salle, se contenta de lui sourire. Jerry, dont la bouche ne cessait de remuer comme s’il cherchait ses paroles, observait cette dernière sans faire le moindre geste.
- ...Est-ce un rêve... ? balbutia-t-il finalement.
Sa femme lui sourit à nouveau. En réalité, il s’agissait d’un sourire ampli de tristesse. Détachant peu à peu le canon de l’arme de sa tempe, Jerry se redressa calmement en avant, toujours aussi incrédule de ce qui se déroulait devant lui.
- ..Vas-tu rester avec moi ? reprit ce dernier sur le même ton. ...Tu....tu es partie si précipitamment... ...reste encore un peu... ...je t’en supplie...
La silhouette de sa femme tourna alors la tête calmement la tête en direction de la porte métallique. Jerry, ne parvenant à faire le moindre mouvement, se contentait de la regarder, sans comprendre. Marie, ramenant son visage triste en direction de son mari, fixa à nouveau ce dernier, mais d’un regard différent cette fois-ci. Bien plus que de la tristesse, ses yeux dégageaient soudainement une sorte d’anxiété que Jerry ne parvint à saisir sur le moment. Sans le moindre bruit, la silhouette de sa femme baissa alors calmement la tête vers le sol. Le vieux policier, jusqu’alors totalement immobile contre le paroi froide, voulut se redresser quant un choc puissant, se produisant sans doute à l’extérieur, vint résonner contre les murs de la petite salle jusqu’alors si silencieuse. Cloué dans on élan, Jerry leva lentement un regard troublé sur le plafond sombre qui s’étendait en dessus de lui. Sans dire le moindre mot, il ne tarda pas à ramener ses yeux sur le mur qui se trouvait en face de lui.
...La silhouette de sa femme n’y était plus...
Ne sachant plus où il en était, Jerry se releva sans plus attendre et se précipita jusqu’au petit lavabo usé.
- ...C’est impossible... se plaignit ce dernier de façon quasi indistincte, tout en tournoyant sur lui-même, fouillant la salle de son regard égaré.
Mais des bruits de pas précipités ne tardèrent pas à le sortir de sa démence. Quelqu’un se rapprochait en courant... Déposant lentement ses yeux sur la porte entrouverte d’où lui parvenait l’étrange lueur, Jerry écouta sans un bruit les pas qui ne cessaient de résonner quelque part dans le sous-sol.
- Jerry !! cria soudainement une voix.
Une nouvelle secousse, par contre nettement moins forte cette fois-ci, s’éleva néanmoins au même instant en dessus de la tête du vieux policier béat, faisant glisser un jet de poussière du plafond. Les pas précipités, passant à ce moment même devant la porte entrouverte, s’arrêtèrent brusquement sur eux-mêmes. La porte s’ouvrit alors à la volée, allant claquer violemment contre le mur, ce qui fit sursauté Jerry jusqu’alors immobile. Marvin Branagh, le souffle coupé, parut soulagé lorsqu’il reconnu le vieil agent, debout devant les lavabos.
- ...Ah merci tu es là!! s’écria Marvin, la respiration haletante.
Jerry sentit son corps se glacer brusquement lorsqu’il distingua la terreur qui se lisait sur les traits tirés du visage paniqué de ce dernier.
- ...Dépêche toi de monter !! ...lui lança Marvin tout en cherchant son souffle. Il...il se passe quelque chose en haut !

...

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La suite tout bientôt !! :oui:

merci :ok:

Lepseudodemoi
Lepseudodemoi
Niveau 7
24 septembre 2005 à 18:03:08

Ah ouais :) Elle est bien :ok: Comme d´hab.

qeqe5
qeqe5
Niveau 6
24 septembre 2005 à 19:56:03

oui,elle est extra

The_Twilight
The_Twilight
Niveau 9
25 septembre 2005 à 00:09:11

:ok: Merci bien les gars !

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