CHAPITRE 2
Cette nuit là, Okor fit un bien étrange rêve. Il était au centre d’une salle, sombre et humide. A en juger les parois rocheuses, il devait s’agir d’une grotte. Le sol était d’une noirceur d’encre, si bien qu’Okor eut l’impression de flotter au-dessus des ténèbres. Sur les murs, des torches se consumaient. Les flammes dessinaient des ombres sur la roche. Parfois même, Okor cru apercevoir des hommes, ou plutôt, des bêtes hideuses. Il avait peur. Il restait là, comme paralysé. Seuls le crépitement des flammes et sa respiration irrégulière perçaient ce silence de mort. Okor n’osait bouger, la gorge sèche, l’estomac noué. Puis « il » l’aperçut. « Il » était arrivé de nulle part. « Il » se dressait devant lui du haut de ses trois mètres au moins. C’était une chose, proportionnée comme un homme, mais qui ne l’était pas moins. Il était vêtu d’une armure de cuir, sur laquelle étaient gravées des insignes mystérieuses. Une épaisse capuche recouvrait sa tête, tête que l’on ne discernait d’ailleurs pas car son visage était plongé dans la pénombre. Mais ce qui rendait cet être étrange, étaient incontestablement ces tentacules. D’énormes tentacules se dressaient de part et d’autre au-dessus de sa tête. Elles étaient blanches, luisaient d’une douce lueur qui écrasait l’obscurité qui les entourait. Toutes s’agitaient lentement, telles des nuages flottant dans un ciel noirâtre. Cette chose semblait être l’incarnation même du bien et du mal à la fois. Okor voulut parler, en vain. Il était comme bloqué, incapable d’émettre l e moindre son. Soudain, une voie s’éleva. Une voie douce et grave, une voie mélodieuse et ténébreuse. « Okor. Te voila en possession des trois pierres d’âme. Trois démons y sont enfermés. Ils souhaitent par tout les moyens sortirent de leurs prison. Tu dois empêcher que cela ne se produise. Une horde de démons sanguinaires est déjà en route Okor. Ils seront là d’ici peu. Tu dois partir. Prend les pierres avec toi. Fuis Okor, prends les pierres et fuis ! » Cette dernière parole résonna dans sa tête. Les torches sur les murs se mirent à cracher des flammes. Bientôt, le feu envahit les murs. L’homme mystérieux disparu dans le brasier.
Okor se réveilla, haletant. Des gouttes de sueur coulaient le long de son visage. « Quel étrange rêve, chuchota t-il, quel étrange rêve… ».